CARNINE LEFRANCQ
LE jour DE L’AN
« Un tas de pauvres qui donnent a un tas de men-
_ diants » Telle est encore la meilleure definition des
arennes. Mais comment nous soustraire ^ “^ronVTrer-
morialqui nous cause des depeii.tc cxafce.Lcs, I n > "t perspective?
cevons que nous avons une annee de plus... ou une aiinee
Sans compter que cc jour nefaste est le plus
soiivent accompagne de gel, de neige, de pluie ou
vent. Les statistiques maeorologiques rappellcnt que
le jour de I’an le plus froid du siecle passe hit le
I'-''janvier 1833.
Un dessin de Victor Adam, public a cette date thins
leC/itirmari, nous montre les Parisieiis devant le thcr-
inometredel’ingenieur Chevalier, qui, comme arennes
anxParisiens, indiquait seize degres au-dessous de zero.
La chalcur des souhaits combat, il est vrai, les^
rigneiirs de la tempaatnre. Comment se souaiaiie
a mi usage qui remonte aux premiers temps de Home,
alors que le roi sabin Tatius, au dire des chioni
ques, recevait, le premier jour de 1 annee, la vci veine
du Bois Sacre de la Basse Strenice; epoque ou, des
la plus haute antiquite, on echangcait des cadeaux,
des Dieux de bois ou d’argent, gateaux de miel,
pieces de monnaie ou fetiches, aecompagnes des plus
tendres souhaits. II est a noter qu’a Rome, c etait les
petites gens qui offraient aux grands, et siirtout a
i’Empereur, ties etreiines qui aaient ohligatoiies.
Le premier jour de I’aii ii’a pas toujours
le Icr janvier.
Q.2. ,,, J, ,1 ,,, I,,,,f J, J,,,, I,,, J, J,,,, I,,,
CHANTECLAIR
Romulus avail fait commeucer I’aunec, ii
Rome, le 1“'' mars; Cesar reprit, apres
Xuma, la date du 1“’' janvier. Charlemagne
fixait le premier jour de I’an au I'a’ mars.
Le Christianisme essaya de proscrire les
ctreunes, souvenir d’uii culte ahominable.
L’anatheme et I’excommuiiicatiou etaient
pronouces contre ceux cpii celehraient en¬
core les calendes de janvier par des danses,
des mascarades et des cadeaux. Aux fetes
paj'ennes, on substitua des reunions, a
I’epoque dePaques; c’etait, en elfet, Paques
qui, jusqu’au milieu du .xvi'- siecle,. mar-
quait le premier jour de I’annee.
Charles IX re'stitua au pi’ janvier I’hon-
ueur d’ouvrir le cycle des 363 jours.
Et depuis, grands et petits
out toujours offert les etreuues
consacrees; sous Louis XIV,
les maitresses et les favo¬
rites en recevaieut^ de
pour les gens de cour
line facon de plaire au
cadeaux pour M'>‘r de
Montespan! On don-
uait aux laquais, aux
suisses, aux servi-
« Le comte de Gram-
mont, dit Tallemant
des Rcaux, n’est pas
autremcnt liberal ;
gucnilrd!uit.''”s>s
vingt-quatre violous alle-
rent une fois lui donner
ses etrennes. Apres qu’ils
eurent bieu joue, il mit la tete a la feuetre :
« Combien etes-vous, messieurs ? — Nous
« sommes viugt, monsieur. — Je vous
(I remercie tons viugt « bien humblement. »
Et il referma la feuetre. »
Le cardinal Dubois, qui etait d’une ladre-
ric legcudairc, cut, sous la Regencc, un mot
aussi fameux. A uu maitre d’hotel qui recla-
mait ses etrennes, il repondit :
— « Maraud, je te doune tout cc que tu
ni’as vole pendant I’annee. »
Les avares out toujours etc soupconnes
de cboisir pour mourir la dernicre semaine
de decembre; on connaTt Tepitapbe :
mort la veille de I’an,
La Revolution, qui guillotina pas mal
de monde, essaya de couper le cou au jour
de I’an. Elle n y parvint pas ; trop de
gens etaient interesses a recevoir des
etrennes.
Le Gouvernement republicain de 1792
decreta que I’annee commenccrait le jour
ou le soleil franchit le point equinoxial d’au-
tomne, et ce jour qui se trouvait etre le
22 septembre 1792, fut appele « l<a- Vende-
miairc de I’an I de la Republique. »
Les Encj'clopedies nous disent que I’usage
des etrennes cst repandu en tons pays, meme
^ ’ ' ' « la veille du jour de I’an,
la mere fait cadeau a son fils d’u
fille, grasse de preference, et qu’il n’epouse
que jusqu’au lendemaiu seule-
ment. Au matin, on apprete la
mariee en civet, en daube
ou a la broebe; puis on
la serf, entouree de persil
ou de cresson, a son
epoux, dans uu diner
de gala, ou sont invi¬
tes les parents et
amis. Ccla s'appelle
diner avec « les
[ fa-
LE BAISER DU JOUR DE L'AN
Le jour de I’an,
c’est I’epoque des sou-
baits et des visiles,
dcs lettrcs et des
compliments. C’est
le petit garcon qui
dans la chambre pater-
uclle, en chemise, recite :
IS demandent les miennes...
C’est I’eternelle banalite dcs lettres, tou¬
jours les memes. Deja, Madame de Sevigue
se plaignait de leur ]}latitude. « Desesperee
de ees lettres de bonne anuec, ecrit-clle, il
me prend envie de souhaitcr tonte sorte de
guignon a ceux a qni j’ecris, pour varicr un
peu la phrase... »
A Paris, le jour de Fan, ce sont les ba-
raques sur les boulevards, coutumc nee en
1789, supprimee par la Revolution, reprise
plus tard; joie des cnfants et sujet de me-
contentement pour les commercants qui
craignent une concurrence pourtant peu
redoutable; ce sont Ics magasins, oil se
Ces quatre petits v(
Ces quatre petits vi
Ces quatre petits vi
Ces quatre petits vi
Lc Doctcur Aristide VALASSOPOULO, d’Alexandrie
CHANTECLAIR
presse la foule, rues encombrees, cochers
tledaigneux, cohue uu peu partout, sauf
pourtant dans les theatres : les recettes
haisseiit dans les salles de spectacle d’une
facon reguliere pendant la premiere semaine
de I’annee; apres avoir dehourse pour les
etrennes, les Parisiens n’ont momeutane-
raent plus le sou pour leurs plaisirs!
Les visites officielles se repetent, avec
line invariable monotonie, jadis aux Tuile-
ries, aujourd’hui a I’Elysee. Autrefois, c’etait
les aubades de tambours dans la cour du
postales. A-t-on souvent anuonce la mort
de la carte de visite! Elle naquit un jour
ou un visiteur delicat, ehoque de ue trouver
que registres crasseux et plumes^ cpoiutees
son nom sur un carre de papier, qu’il don-
Puis les artistes creerent de jolies cartes,
ornementees, charmautes, au xvm'= sieele,
avec une profusion de guirlandes, de colom-
bes, de sujets mytbologiques et de petits
amours percant des ccEurs. Ne nous mo-
LES CARTES DE VISITE SOUS LOUIS-PHILIPPE
Carrousel, ou I’Empereur passait une revue.
Mais que ce soit Louis XVIII, Charles X,
Louis-Philippe, Napoleon III, M. Thiers ou
M. Fallieres, que la reception se passe au
Louvre ou a I’Elysee, ce sont les memes
sourires, les memes voeux, les memes decla¬
rations de devouement inalterable des fone-
tionnaires, qu’il s’agisse de la famille royale,
de la famille imperiale ou de la prosiierite
de la Republique.
... Void les facteurs ecrases sous le poids
des cartes de visite, sans compter les cartes
quons pas : nous usons souvent de cartes
postales moins spirituelles.
En 1835, la mode etait aux cartes de
visite a encadremcnts de deutelles! Aujour¬
d’hui, le simple « bristol )) est en usage ct
a son utilite.
Les cartes de visite, en Chine, sont pro-
portionnees a I’importance du personnage a
qui on les adresse. C’est ainsi qu’un ambas-
sadeur anglais recut un jour du vice-roi du
Petcbili uue carte de visite en papier rouge
de telle longueur qu’elle eut suffi a entourer
du baut eu has la colonne Veudome.
CHANTECLAIR
Auiourcl’hul, le facteur offre ties calen-
driers, dores pour les patrons, modestes
nour ies culsiiiieres. Autrefois, le jour de
fan voyait eclore les (( Almanaehs predisant
,, le beau temps, la pluie, la gelee, les tem-
« petes, les meteores et les recommanda-
<( tions pour eouper les cheveux, les ongles
« et prendre medecine ou se faire saigner
(( en tel ou tel temps ! »
« Tous ces jolis Almanaehs, ecrivait
Mercier, passent de
main en main, puis
meurent des le mois
de fevrier : on ne
concolt pas ce que
devient cette espece
de marchandise qui
separpille dans les
innombrables p o -
ches des grisettes;
car toute fille a un
Almanacb ehantant
qu’elle recoit au jour
de fan, )>
seul, helas, differe
des autres et est
La nuit du 31 de-
cembre 1870 au
1““' janvier 1871 fut
sinistre a Paris. Le
canon grondait aux
remparts ; le general Trochu presidait
au Louvre un conseil de guerre on « 1 on
« decidait qu’avant de poser les armes,
« on executerait une nonvelle et derniere
« operation offensive )).
« — Pauvre annee ! ecrivait Francis
Magnard, tu commences bien tristement, et
les voix joyeuses qui accueillent la bonne
annee n’auront pour toi ni souhaits, ni sou-
rires. Longtemps, longtemps, les enfants se
rappelleront I’annee sans etrennes, I’annee
ou leur pere attendait aux avant-postes,
sous une brise glacee, le danger et la mort,
ou la mere etait assise pres de la cheminee
sans bois, sans avoir pu acheter pour les
petits les friandises de Pan nouveau...
Et pourtant, par
1 froid de dix degres
(les gazettes nous le disent), la foule en-
combrait les boulevards, ou appai-aissaient
comme de coutume, eclairees par de me-
chants quinquets, les boutiques du !<!■• Jan¬
vier. Les papas, en
costumes de gardes
nationaux, acbe-
taient pour les en¬
fants des sabres et
des trompettes d’un
sou! Les dames se
faisaient des visites,
ecbangeaient des
souhaits pour « des
temps meilleurs »
et dans les restau¬
rants on soupait avec
des rats en salmis
et des rosbifs d'ele-
phant du Jardin des
Plantes.
Tout cela est loin.
La generation qui
n’a pas vu la guerre
ne peut se douter
de tant de choses
lugubres.
Aujourd’hui, Paris
est illumine.
Jamais, dit-ou, on
et jamais
ete plus pauvi
depense autant d’argent. C est loigie
accoutumee de fleurs et de jouets de cho-
colats et de marrons glares, de cadeaux et
de voeux « toujours sinceres ».
Chanteclair ne peut se derolier a 1 an¬
tique usage et, selon
la formule, j’adn *
/r
teurs ses souhaits les ■
plus chaleureux.
j=0:
PREFEREE AUX SIMILAIRES
Ayant prescrii la Gamine Lefrancq depuis son apparition, je smstres
satisfait de cet excellent produit et ne manque pas de le prescrire e pre
rence a tous les similaires. Docteur Camille Tournier, Paris.
CHANTECLAIR
SANS SIMILAIRE D’ACTION.
Je recommande la CARMINE LEFRANCQ, comme une preparation de choix,
sans similaire d’action, voire meme de bon marche ; et je le fais avec Une absolue
confiance depuis que, vous en ayant demande 10 flacons pour un malade, j’ai constate
que deux avaient suffi pour obtenir la suppression de sueurs profuses, I’abaissement
de la temperature et une prompte convalescence. De plus, ce qui n'est pas a dedai-
gner, ce jus de viande est d’un gout agreable, mele a la boisson.
Docteur Gabarret, Captieux, (Gironde).
CHANTECLAIR
Le Docteur Aristide VALASSOPOULO
d’Alexandrie
‘ De retour a Alexandrie, il est nomme medecin r
chef d’line ambulance an corn s de I’epidcmie de cholera
(Ic 1883. Deux aunees plus tard, il devient medecin
ordinaire de I'Hopital grec d’Alexandne et arrive en
1900 au poste de medecin-chef de cet etablissement.
En meme temps que clinicien, le Docteur Valas-
sopoulo est un epidemiologiste distingue; et ses
fonctions en un centre ou se rencontrent les ma¬
ladies pestilentielles qui nienaeent 1 Europe out hxe
particiilierement son attention sur 1 etude de la
neste, du cholera et du typhus.
L’Hopital gree d’Alexandrie repond d ailleurs,
par son installation, a ces preoccupations d’hygiene
internationale ; il est cn effet pourvu d un labora-
toire bacteriologique, d’une salle de radioscopie, d u.
pavilion d’isolement pour les maladies contagieuses,
d'une buandei-ie mecanique, etc. , „ • i-
En 1900, I’Academie de Medecine de Pans ilecerna
an Docteur Valassopoulo le prix Alvarenga pour une etude
snr la peste d’Alexandrie de 1899; au Coiigres >"‘=dica du^^^
Caire i presenta un rapport fort interessant snr le typhus h.lieux ou icteic intccticux
* iLs 1. r:,; r.,v; rt ,i„.. .u^
MU I’opothciap.e hepal.qnc. su. la pathogeme de la pneumonie pcsteuse, sui les icsultats
""SSs^S"r’irGi.ee au Conseil OU^ntenaire de reg^.^cDteim ^ D
Ligue egyptienne contre la tuberculose, le Docteur Valassopoulo etait, en 1907,
correspondant de la Societe medicale des Hopitaux de Pans.
PORTRAIT-CHARGE. Anne
seringues pour la serotherapie, lancetl
tiomblon, le docteur Valassopoulo ccarl
Au fond, Esculape et Hippocrate si
;nal de la prophylaxie des maladies
de I'Europe les epidemies asiatiques qv
.•ent leur fils d’un regard bienveillaiit.
LA MEILLEURE DES SIMILAIRES.
NE SE REJVIPLACE PAS.
Je liens 4 vous adresser mes eloges pour
votre excellente Carnine Lefrancq que je com¬
mence seulement 4 connattre et i prescrire. C’est,
a mon avis, la meilleure des preparations simi-
laires, si tant est qu’il en existe de similaires.
Elle a surtout cet avantage de pouvoir etre
employee a tous les ages et dans toutes les
affections dependant d’un affaiblissement de
I’organisme.
Docteur Lacambre, Nantes.
La Carnine Lefrancq est un medicament mer-
eilleux qui ne saurait etre remplace par aucun
utre. C’est sur mol que j’en ai fait I’expdrience, c est
■ous dire si je suis edifie sur sa valeur et les
ucces qu’on peut en attendre.
La Carnine seule suffit pour relever les etats
leurastheniques et, en un mot, tons ceux prove-
lant de la consomption. Depuis cette constata-
:ion, je la prescris couramment h mes clients.
Docteur P. Thomas, Hyferes (Var).
CARNINE LEFRANCQ
est exclusivement preparcc avec du sue rausculaire
de B(EUF CONCENTRE dans le Vide et a Froid,
par un precede depose a rAcadcniie dc Medecine. uN hectare
USINE MODELE
a ROMAINVILLE (Seine)
FKAN 9 AIS
ESPAGNOL
ANGLAIS
ITALIEN
RUSSE
Nous donnons
ci-contre une
reproduction pho-
tographique de la
premiere page de
I’editionespagnole
^ ^ *
CARNINE :
LEFRANCO
LE MONDE ENTiER.
Elle est particu-
REPUBLIOUE
ARGENTINE,
LA PLATA,
LE MEXIOUE, eic.
ANOREXIE = TUBERCULOSE
ANEMIE — CHLOROSE ^ DEBILITE
NEURASTHENIE ~ CONVALESCENCES
MALADIES DE L’ESTOMAC ET DE
LTNTESTIN --- ALIMENTATION LIQUIDS
De I a 5 auillerees a bouehe par jour,
a n'lmporte quel momeni, PURE ou
addiiionnee d'un liquide quelaonque.
eau minerale ou nalurelle, the, kit, ete.
(pas de bouillon)
FROID ou TIEDE
Depot General : Etablissements Fumouze, 78, Faubourg Saint-Denis, Paris
r
LES DEUX AUBERGES
Alphonse DAUDET
C’etait en revenant cle NTmes, une apres-
inidi de jiiillet. II faisait une chaleur acea-
blante. A perte de vue, la i-oute blanche,
— efnbrasee, poudroyait entre les jardins d oli-
viers et de petits chenes, sous un grand
solcil d’argent mat ([ui remplissait tout le
ciel. Pas une tache d’ombre, pas nn souffle
de vent. Rien que la vibration de Pair chaud
ct le cri strident des cigales, musique folle,
assourdissante, a temps presses, qui semble
la sonorite meme de cette immense vibra¬
tion luinineusc... Je marchais en plein
desert depuis deux beures, quand tout a
roup, devant moi, un groupe de maisons
blanches se degagea de la poussiere de la
route. C’etait ce qu’on appelle le relais de
Saint-Vincent : einqou six mas, de longues
granges a toiture rouge, un abreuvoir sans
eau dans un bouquet de flguiers maigres, et
tout au bout du pays deux graudes auberges
qui se regardent face a face de chaque cote
du chemin.
btitiment ucuf, plein de vie, d’animation,
toutes les portes ouvertes, la diligence
arretee devant, les chevaux fumant qu on
detelait, les voyageurs descendus buvant a
la hate sur la route dans I’ombre courte des
murs ; la cour encombree de mulets, de
charettes; des rouliers couches sous les
hangars en attendant la fraichc. A I’inte-
rieur, des cris, des jurons, des coups dc
poing sur les tables, le choc des verres, Ic
fracas des billards, les bouchons de limo-
nade qui sautaient, et, dominant tout cc
tumulte, une voix joyeuse, eclatantc, qui
chantait a faire trembler les vitres :
La belle Margoton
A pris son broc d’argcnt,
L’aubcrge d’en face, au contraire, etait
silencleuse et comme abandonnec. De I’herbe
sous le portail, des volets casses, sur la
porte un rameau de petit houx tout rouille
qui pendait comme un vieux panache, les
marches du seuil calees avec des pierres dc
Le voisinage de ces auberges avait quelque
:hose de saisissant. D’uu cote, un grand
' I CARWNE LEFRANCO - prepare dans
——
CHANTECLAIR
la route... Tout cela si pauvrc, si pitoyablc,
c[ue c’etait uue charite vraiment tie s’arreter
la pour boire un coup.
Ell entrant, je trouvai une longue salle
deserte ct morne que le jour eblouissant tie
trois grandes fenetres sans rideaux faisait
plus morne et plus deserte encore. Quel-
ques tables boiteuses on tralnaient des
verres ternis par la poussiere, un billard
creve qui tendait ses quatre blouses comme
des sebiles, un divan jaune, un vieuxcomp-
toir, dormaient la dans une cbaleur mal-
saine et lourde. Et des moucbes! des mou-
cbes ! jamais je n’en avais taut vu : sur le
plafond, collees aux vitres, dans les verres,
par grappes... Quand j’ouvris la porte,
ce fut r.n bourdonnement, un fremis-
semcnt d'ailes comme si.j’entrais dans une
ruche.
Au fond de la salle, dans I’embrasure
d’une croisee, il y avait une femme debout
contre la vitre, tres occupee a regarder
dehors. Je I’appelai deux fois : <( Eh !
riiotesse ! )) Elle se retourna lentcment, et
me laissa voir une pauvre figure de paysanne,
ridee, crevassee, couleur de terre, encadree
dans de longues barbes de dentelle rousse
comme en porteut les vieilles de chcz nous.
Pourtant ce n’etait pas une vieille femme;
mais les larmes I’avaient toute fanee.
« Qu’est-ce que vous voulez ? me deman-
da-t-elle en essuyant ses yeux.
— M’asseoir un moment et boire quelque
Elle me regarda tres etonnee, sans bou-
ger de place, comme si elle ne comprenait
« Ce n’est done pas une auberge ici ? ))
La femme soupira : <( Si... e’est une au-
auberge, si vous voulez... Mais pourquoi
n’allez-vous pas en face comme les autres ?
e’est bien plus gai...
— C’est tropgai pour moi... J’alme mieux
restei chez vous. )> Et, sans attendre sa
repense, je m’installai devant une table.
Quand elle fut bien sure que je parlais
serieusement, I’liotesse se mit a aller et
venir d’un air tres affaire, ouvrant des
tiroirs, remuaut des bouteilles, essuyant
les verres, defangeant les moucbes... On
sentait que ce voyageur a servir etait tout
un evencment. Par moment la malheureuse
s’arretait et se prenait la tete, comme si
elle desesperait d’en venir ii bout.
Puis elle passait dans la piece du fond;
je I’entendais remuer de grosses cles, tour-
menter des serrures, fouiller dans la huche
au pain, soufflcr, epousseter, laver des as-
siettes. De temps en temps un gros soupir,
un sanglot mal etouffe.
Apres un quart d’beure de ce manege,
j’eus devant moi une assiettee de passerilles
(raisins secs), un vieux pain de Bcaucaire
aussi dur que du gres, et une bouteille de
piquette. « Vous etes servi )), dit I’etrange
creature, et elle retourna bien vite prendre
sa place devant la fenetre.
’'Pout en buvant, j’essayai de la faire cau¬
ser : « II ne vous vient pas souvent du
monde, u’est-ce pas, ma pauvre femme ?
Ob ! non. Monsieur, jamais personne...
Quand nous etions seuls dans le pays,
c’etait different, nous avions le relais, des
repas de chasse pendant le temps des ma-
depuis que les voisins sont venus s’etablir,
nous avons tout perdu... Le monde aime
mieux aller en face. Chez nous, on trouve
que e’est trop triste... Le fait est que la
maison n’est pas bien agreable. Je ne suis
pas belle, j’ai les fievres, mes deux petites
sont mortes... La-bas, au contraire, on rit
tout le temps. C’est une Arlesienne qui
tient I’auberge, une belle femme avec des
dentelles et trois tours de chaine d’or au
cou. Le conducteur, qui est son amant, lui
amene la diligence. Avec ca un tas d’enjo-
leuses pour chambrieres... Aussi, il lui en
vient de la pratique. Elle a toute la jeu-
nessc de Bezouces, de Redessan, de Jon-
quieres. Les rouliers font un detour pour
passer par cbez elle... Moi je reste ici tout
lejour, sans personne, a me consumer. ))
Elle disait cela d’une voix distraite,
indifferente, le front toujours appuye
contre la vitre. Il y avait evidemraent dans
T’auberge d’en face quelque chose qui la
preoccupait.
Tout a coup, de I’autre cote de la route,
il se fit un grand mouvement. La diligence
s’ebranlait dans la poussiere. On entendit
des coups de fouet, les fanfares du postilion,
les lilies accourucs sur la porte qui criaient:
« Adiousias !... adiousias ! )) ct par la-dessns
la formidable voix de tantot, reprenant de
plus belle :
A pris son broc d’argeiit,
A I'eau s-cn est allee ;
A cette voix, I’botessc Irissoima de tout
tendez-vous ? me dit-elle tout has, c est nion
mari... N’est-ce pa,s qu’il chantc bien? » ^
Je la regardai, stupefait : « Comment.
.Jl Ahoj'U.^
Lc Profcsscur PIERRE-MARIE
CHANTECLAIR
votre mari ?... II va done la-bas, lui aussi ? »
Alors elle, d’un air navre, raais avec une
grande douceur : « Qu’est-ce que yous
voulez, monsieur? Les homines sont comme
ca, ils n’aiment pas voir pleurer; et moi je
pleui-e toujoursdepuis la mort des petites...
Puis e’est si triste cette grande haraque ou
il n’y a jamais personne!... Alors, quand il
s’ennuie trop, mon pauvre Jose va boire en
face, et comme il a une belle voix, I’Arle-
sienne le fait chanter. Chut! le voila qui
recommence. »
Et, tremblante, les mains en avant, avec
de grosses larmes qui la faisaient encore
plus laide, elle etait la comme en e.xtase
devant la fenetre, a ecouter son Jose chanter
pour rArlesienne :
Le premier lui a dit :
tionjour, belle mignonne.
Alphonse Daudet.
Quelles que soient
les considerations
qui vous amenent a
prescrire une mar¬
que similaire vous
reviendrez
CARNINE LEFRANCQ
parce que vous ne
consentirez pas a
sacrifier I’interet de
VOS malades.
OPINION DE NAPOLEON pr
« Je desapprouve qu’on donne La Fon¬
taine aux enfants, qni ne peuvent I’entendre.
Il y a beaucoup trop d’ironie dans la fable
du Loup et de I’Agnean, pour etre a la
portee des enfants.
(( Elle peclie d’ailleurs, a mon avis, dans
son principe et sa morale. Il est faux que
la raison du plus fort soit la meilleure, et si
cela arrive, en effet, e’est la le mal. Tabus
qu’il s’agit de condamner.
(( Le loup eut done du s’etrangler en
croquant Tagneau )).
Sur Jean.Jacques Rousseau.
« C’est pourtant Rousseau qui a ete la
cause de la Revolution.
(( Quel art, quelle force de raisonnement,
quel charme de style et d’expressions dans
la Nouvelle Helo'ise! Mais Jean-Jacques a
trop charge son sujet. Il a peint la frenesie.
L’araour doit etre un plaisir, et non pas un
tourment. Get ouvrage a du feu, il remue,
il inquiete. L’amour parfait est iddal; les
deux amants du livre sont aussi aeriens
Tun que Tautre, aussi fugitifs, aussi mys-
y terieux, aussi inexplicables )).
CHANTECLAIR
Le Professeur PIERRK-M.ARIE
Pierre-Marie est ne a Paris le 9 septembre ^1853.
en 1878, puis docteur en mededne, medecin des Hopitaux et agrege, 1
en 1908 la chaire d’Anatomie pathologique a la Faculte
de mededne de Paris. II est actuelleiiient medecin
a Bicetre.
Eleve de Bouchard et de Charcot, dont il
fut le chef de clinique a la Salpdride, le doc¬
teur Pierre-Marie demontra la frequence de
I’origine infectieuse de nonibre de maladies
de la moelle epinide, et notamment de ^ la
scldose en plaques. On lui doit la connais-
sance d’une nouvelle maladie, I’acromegalie,
affection qui deforme le squelette et pro-
voque le gigantisme, et qu’on attribue a une
altdation de I’hypophyse. C’est dans la Noii-
velle Iconographie de la Salpetriere, de 1888
a 1891, que M. Marie publia ses etudes sur cette
curieuse maladie.
On lui doit aussi d’intdessantes observations s
le thorax en bateau des syringomyeliques, la taille de _
guepe de I’atrophie musculaire progressive, I’ankylose des articulations scapulo-
humerales, etc. j
Be professeur Pierre-Marie a reuni ses nombreuses conferences del Hospice
de Bicetre et de la Faculte dans deux importants ouvrages ; Lecons sur les maladies
de la moelle (1892) et Lecons de clinique medicale (1896).
II est membre de la Societe deBiologie et Chevalier dela Eegion d Honneur.
PORTRAIT-CHARGE. — Le docteur Pierre-Marie
relations qui unissent le gigantisme et I’acrom^galie.
Le voici pr&isdment en train de mesurer les extr^mitfe d’v
acrom^gale.
est I’auteur de la d^couverte des
in gdant qui est manifestement un
11
BOV’HfePATIC
Chaque cuilleree a bouche dc
principes solubles de 50 gr.
PREPARE DAliS LE VIDE ET A FROID AVEC LES Chaque globule renferme 0 ^
FOIES DES BttUFS DE LA CARNINE LEFRANCQ. ext rait epa
INDICATIONS. — T(
et toutes celles qui
Manifestations muitiples et
bfete, Goutte, Dyspepsias in
Le Flaeon de 13 euill
sent compiiqu^es
qui sont le r4sultat de I’insuffisance hdpatique
de cette insuffisance et aggravdes par elle :
ritisme, Nephrites, Artferiosclerose, Cirrhoses, Dia-
eschroniques, Constipation, Urticaire, Dermatoses.
he ou eelui de BO Olobules : 6 francs
echantillon sar demande.
CHANTECLAIR
VIERGE CONSOLATRICE
(Mater afflictorum)
Reproduction par la .photographie des couleurs du tableau de Bououereau, au Musee du Luxembourg, a Paris,
CHANtECLAIR
n pleut doucement sur la viUe.
(Arthur Rimbaud).
II pleure clans mon ccEur
Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cctte langueur
Qui penetre mon cceur ?
0 bruit doux cle la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s ennuie
0 le chant de la pluie !
II pleure
■ qui s’ecoeure.
Quoi! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.
C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine.
Paul Ve
NE PRESCRIVEZ PAS LA VIANDE CRUE
A VOS MALADES :
elle surcharge I'estomac, menace I'mtestin
en pure perte, puisque toute la partie solide
de la viande est sans aucune valeur ;
i TSTiitritive, ni Tlierapeutique
JEUNE BARBARINE.
J’ai .eu I’occasion de prescrire
la Carnine Lefrancq et le plai-
sir de constater les bons resultats
obtenus; c’est le remede par
excellence de tous les debilites
qui, des les premiers jours de
traitement, ressentent une im¬
pression de bien, etre qu’ils
n’esperaient plus.
Docteur Chiron du Brossay,
Bauge (Maine-et-Loire).
N’ESPEREZ PAS que vos malades prepareront
conveuablement du sue musculaire. '
Ordonne* la CARNINE LEFRANCQ
qui est bien superieure et moms chere.
Deux cortege
L’un est
Une fem
les deux corteges
i se sont rencontres a I eglise.
orne : il conduit le cercueil d’l
le suit, presque folic, etouffant
Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.
L’autre, c’est un bapteme : an bras qui le defend
Un nourrisson gazonille une note indeeise,
Sa mere, lui tendant le doux sein qu il epuise,
L’embrasse tout entier d’un regard triomphant.
On baptise, on absout, et le temple se vide
Les deux femmes, alors, se creisant sous 1 absidc
Echangent un coup d’oeil aussitot detourne,
p't merveilleux retour qu’inspire la priere.
La’ icune mere pleure en regardant la biere.
La 'femme qui pleurait sourit au nouveau-ne !
JosEPHiN Soulary
effet de NUIT
D
La nuit. La pluie. Un ciel blafard qui dechiquette
De fleebes et de tours a jour la silhouette
me ville gothique eteinte au lointain gns.
1 a plaine. Un gibet plein de pendus rabougris,
Secoues par le bee avide des comedies,
Et dansant dans fair noir des g.gues non paieillcs,
Tandis que leurs pieds sont la pature des
Ouelques buissons d’epines epars, et quelques houx
DmsLiit I’horreur de leur feiiillage a droite, a gauche,
Sur le fiiligineux fouillis d’un fond d ebauche.
Ft nuis autour de trois livides prisonniers
Sni vont pieds nus, deux cent vingt-cinq pertuisaniers
En marche, et leurs fers droits, comme des fers deheise,
Luisent a c’ontre-sens des lances de I’averse.
Paul Verlaine.
CHANTECLAIR
CARNINE LEFRANCQ: FOnte di vita
CHANTECLAIR
tire en 5 langues :
FRAN9AIS, ESPAGNOL,
ANGLAIS, ITALIEN ET
RUSSE,-
Nous donnons ci-contre line
reproduction photographiqiie
de la premiere page de I'edi-
tion italienne.
La CARNINE
LEFRANCQ
se vend dans
LE MONDE ENTIER.
Elle est particulierement en
honneur dans les principaux
centres d’elevage del'Amerique;
REPUBLIQUE ARGENTINE,
LA PLATA, LE MEXIQUE, etc.
f
La CARNINE LEFRANCQ
est exclusivement preparee avec du sue musculaire de
BCEUF CONCENTRE dans le Vide et a Froid,
par tin precede depose a I’Academie de Medecinc.
ANOREXIE
ANEMIE - - CHLOROSE
NEURASTHENIE
DEBILITE — FAIBLESSE
De 1 a 5 cuillerees a bouche par jour.
CONVALESCENCE
MALADIES -
a n’importe quel moment, PURE ou
DE L’ESTOMAC
additionnee d’un liquide quelconque,
eau minerale ou naturelle, the, lait, etc.
-- ET DE L'lNTESTlN -
FROID ou TIEDE
ALIMENTATION LIQUIDE
DEPOT GENERAL :
TUBERCULOSE
ETABLI88EMENT8 FUMOUZE, 78, Faulourg 8aiiit-Denis, PARI8
direction
CARNINE LEFRANCQ
I ROMAINVILLE (Seine)
Telephone 420-78
I
CINQUIEME ANNEE
No 54
FEVRIER 1910 { 1 )
UNE r£p£TIT10N AU THEATRE
MADAME DE POMPADOUR
La noble petite troupe du theatre des
appartements etait, ce jour-la, dans unt
agitation extreme : tout le monde allait.
causait, eourait, revenait ; depuis Madai"'
de Pompadour, I’exquise directri
jusqu’au pauvre abbe de La Garde,
secretaire-souffleur, qui montait
et redescendait, sans ccsse appele
de tons cotes par les illustres
comediens.
Et c’aait dans les coulisses
un remue-menage etourdissant :
des babilleuses sortaient precipi-
tammcnt d’une loge pour entrer
dans une autre, de joyeuses tetes,
a moitie maquillees, apparaissaient
parfois dans le guichet d’une porte,
des rires etincelaient, des appcls joyeux se
croisaient : « Monsieur de Nivernais, venez
me poser ma mouche!)) — « Suis-je bien
ainsi, marquise? » — « La Garde, mon
petit La Garde, venez vite, je crois avoir
oublie ma tirade! )) Enfin, de temps on
temps, le due de la Valliere criait gaicraent
dans le couloir : « Ne vous pressez pas!...
; n’est point _ encore le moment!))
Quelle etait done la cause de cette
agitation inaceoutumee ?
vellc, flattcuse, mais extreme-
ment troublante : Sa Majeste
i Lm
s XV a
le des
pi'e.mieres repetitionsen costume
du « Mediant », la piece de Gres-
_ , set, que Eon montait pour la re-
■-presentation du 13 janvier 1748.
POMPADOUR g,a,,
a Madame du Hausset, femme de cham-
bre de la favorite, avait obtenu de jouer,
quelques jours auparavant, le I'ole de
I’Exempt, dans TmtnfK et s’etait taille un
eherchez pas un Produit superieur ou egal a
CARNINE LEPRANCQ
' VOUS NE LE TROUVEREZ NULLE PART"
CHANTECLAIR
se tenait sur le theatre et guettait par I’oeil
du rideau I’arrivee de I’illustre spectateur.
Tout a coup I’abbe de La Garde penetra,
alTole, chcz Madame de Pompadour. Celle-
ci, placee devant sa table-psyche, termiiiait
sou maquillage; elle le vit dans la glace et,
abbc, lui dit-elle, vous semblez bouleverse ? »
— « Ah ! il y a hieu de cjuoi, Madame ;
— (( Que nous arrive-t-il done, La Garde?
le roi ne viendrait-il pas ? »
— « Non, non, Sa Majeste n’a point
renonce a sou projet ; e’est une chose
bien plusepouvantable qui i
— « Quoi done ? Dites v
— « Eh hien !... Mon¬
sieur de Maillebois n’est pas
— « Que me racontez-
vous la ? Maillebois est en
retard ? Oh ! par exemple,
e’est un peu fort; qu’allons-
nous devenir? Impossible
de repeter sans notre Ariste!))
— « II ne va pas tarder,
sans doute, Madame; il au
rait prevenu dans le cas cor
ti-aire; mais Sa Majeste sc
la dans un instant et coi
la faire attendre ? »
— « Je ne sais pas trop,
allons y songer. Pourle moment, courez
me chercher les dames de la troupe, afin
que nous fixions I’amende de ce retaida-
L’abbe de La Gai'de disparut et levint,
une minute apres, introduisaiit dans la loge
Mesdames de Brancas, de Livry et de Pons.
Au meme instant, M. de Maillebois arriva,
suaut et soufflant.
« Trop tard, mon ami, lui dit le due de
Chartres qu’il croisait, le (iomite delibeie.
Allez vite vous habiller ! »
Cependant, le cas de I’acteur fut rapide-
ment traite dans la loge de la marquise et
le gracieux aeropage, vu I’article 9 du regle-
meut, ainsi concu : « Chaque acteur sera
tenu de se trouver a I’heui'e ties precise,
designee pour la repetition, sous peine d’une
amende que les actrices fixeront entre elles »
et, vu aussi rimportance de la repetition
actuelle, condamna Monsieur de Maillebois
a 20 louis d’amende.
« C'est cher ! )) dit une voix joyeuse,
cependant que la porte s’ouvrait domiaiit
passage a uu nouvel arrivant.
C’etait le Roi que, dans I’affolement gene¬
ral, personne ne guettait plus et qui, sans
se faire annoncer, etait monte directement
« Ne vous derangez pas, Mesdames, dit-
il aimablement, continuez vos deliberations.
je V
n pne
(( Nous avons fini, Sire, et s’il jrlait a
Votre Majeste, la repetition pourra com-
mencer. »
(( Mais notre pauvre Maillebois
pas pret. »
« 11 joue le role d’Ariste qui
eparait pas au debut. »
— « Allons done puisqu’ileiT
Sur un signe de la mar¬
quise, I’abbe de La Garde
se precipita dans le cou¬
loir etjeta sur un ton aigu
ces mots ; « Tout le monde
en scene pour la repeti¬
tion », ce qui fit sourire
Sa Majeste.
On descendit et Louis XY
s’etant assis sans facon sur
me chaise de la scene, I’abhe
'etant glisse dans le trou du
souffleur, apres avoir enleve
sa calotte, eomme le Roi le lui
avait ordonne jadis, en signe de
■spect pour I’Eglise, la piece com-
menca sans autre incident.
La marquise etait tout a fait delicieuse
dans le role de Lisette; lorsqu’elle entrait
en scene agitant d’un coquet mouvement
de handle sa jupe courte de soubrette, on
croyait voir la deesse de ce temps spirituel,
malicieux, poudre, debauche avec elegance,
oil la distinction de la noblesse, alliee a
I’allure deliiree des lilies du peuple, avait
produit cette indefinissable ambiance de
gaiete qui nous captive encore a travers les
siecles.
Aussi, avec quelle anie le marquis de
Gontaut lancait-il le premier vers de la
Le due de Duras, dans le role de Cleon,
le due de Chartres dans celui de Geronte,
le marquis de Maillebois dans celui d'Ariste
etaient des acteurs consciencieux; Monsieur
de Clermont d’Amboise lui-meme sut se
Lc Profcsscur PERSILLIER-LACHAPELLE, dc Montreal
CHANTECLAIR
montrer suffisant dans le personnage du
laquais et, apres un long travail, sans doute,
prononcer avec ame I’unique phrase de son
role :
« Monsieur, ce sont vos lettres ! ))
Mais le plus grand artiste etait Monsieur
le due de Nivernais, ee fin lettre, ce poete
ddicat, qui, chose rare a cette epoque et
dans ce milieu, venait d’ecrire pour sa
femme qu’il adorait un volume de poesies
passionnees.
II avait admirablement compris le carac-
tere de Valere et interpreta ce role avec une
adresse, une distinction qui arracherent les
applaudissements enthousiastes du Roi :
« Je veux, s’ecria Sa Majeste, que Ton fasse
venir a la representation ce f'aquin de
Roselly qui tient le role a la Comedie-
Francaise et n’en a pas su rendre la nai¬
vete comme le due de Nivernais ! »
La repetition se deroulait allegrement et
deja Ton commencait le troisieme acte,
lorsque tout a coup la petite Madame de
Pons, qui tenait lerole de Chloe, commenca
de halbutier ; alors ses joues se couvrirent
d’une rongeur subite qui, percant sous le
maquillage, la rendit semblable a une
peche au soleil; un tremblement nerveux
agita son menton; elle repetait desespere-
ment le dernier vers :
Ah ! tu saurais trop bien qu’on
Que lien iie lui ressenible...
[meprenclre.
esperant trouver la suite dans sa memoire ;
mais sa memoire troublee lui faisait a cet
instant I’impression d’un grand precipice
noir sans fond.
Et que ce sout des traits !
soufflait I’abbe.
repetait sur un ton plaintif la pauvre
actrice; enfin, ne pouvant plus resister a
I'emotion, elle se mit a sangloter.
(( Voyons, ma cherie, ne vous troublez
pas ; reprenez », lui dit Madame de Pom¬
padour, avec douceur.
— (( Non, non, gemit-elle, je ne sais plus,
je suis trop troublee ! »
Alors Louis XV se leva et, s’approchant
de la noble actrice : « Excusez, Madame,
lui dit-il, ma curiosite de voir repetcr cette
illustre troupe, curiosite que je me I'epro-
cherai longtemps puisqu’clle a fait pleurer
de si jobs yeux ! » Puis, se tournant vers la
marquise : « Je me retire ; mais, avant,
dites-moi s’il me sera permis d’accorder
une grace dans cet empire qui est votre ! »
— « Oh ! Sire, ne plaisantez pas une
pauvre petite souveraine, qui n’a qu’un
seul desir : celui de vous plaire 1 »
« Vous etes la plus charmante femme
qu’il y ait en France ! Je signe done la
grace de Maillebois ! ))
Et le Roi, apres avoir salue I’assemblee,
se retira. On voulut alors reprendre la repe¬
tition ; mais acteurs aussi bien qu’actriees,
tout le monde etait nerveux et agite ; on
decida done a I’unanimite de remettre la
seance au lendemain.
Jean-Jose Frappa.
-O O-O O-
-O-— O-
Toutes les reactions de I’organisme centre les offenses
venues de I’exterieur sont exaltees par la
CARNINE LEFKANCQ
On peut concevoir le role de la CARNINE LEFRANCQ de la fa90n suivante :
Tout d’abord Torganisme s’enriebit en graisses phosphorees. Sous I’influence de ce
« tonique specifique », qu’invoquait le Docteur Hericourt, sans pouvoir toutefois
le preciser, les centres nerveux, dont le fonctionnement exige une forte propor¬
tion de phosphore se trouvent places dans des conditions les plus favorables ; et,
comme ce sont precisement ces centres qui detiennent sous leur dependance
tout le systeme organique, il resulte de ce chef un redoublement d'activite des
fonctions primordiales. Les elements senescents sont remplaces par de plus jeunes
qui se multiplient activement, Tappetit augmente, la nutrition s’accelere, la
phagocytose et la macrophagie sont activees, le sang s’enrichit en hematies et en
hemoglobine ; en un mot, toutes les reactions de Torganisme centre les offenses
venues de Texterieur sont exaltees.
- O-
oo
CHANTECLAIR
Le Professeur PKRSILLIKR-LACHAPELLE
de Montreal
Emmanuel Persillier-Lachapelle est ne a Montre'al (Canada), le 21 decembre 1845. Ses
anc'etres venus an Canada vers la fin du xviic siecle, etaient originaires du Pe'ngord.
11 a fait toutes ses etndes a Montreal et est docteur en me'decine de I’Umversite de Laval.
II est professeur d’Hygiene a la Faculte de Medecine de
Universite, dont il est, en outre, actuellement, le doyen.
Le docteur Persillier-Lachapelle est im hygieniste;
mais il n’est pas un hygieniste theoricien; il est un
veritable militant de cette science, qu’il vent imposer
an gouvernement et aux moeurs de son pays. C’est
ainsi qu’en 1886 il parvint a obtenir la premiere
loi d’hygiene de la province de Quebec et qu’en 1887
il fondait le Conseil d’Hygiene de la meme province,
Conseil dont il est encore president. De 1878 a 1889,
il ne cessait de lutter pour la reforme de la legisla¬
ture concernant la profession medicale, pour le
perfectionnement de I’enseignement medical et pour
I’organisation de I’hygiene publique par la creation
de lois sanitaires.
En 1880, il fondait a Montreal I’HopitalNotre-Dame.
Le professeur Persillier-Lachapelle, an cours de sa
carriere si active, a ecrit de nombreux memolres sur
I’hygiene et les interets professionnels. En 1872, il fondait,
avec quelques confreres, une revue medicale intitulee : L’{7;iion
medicale da Canada, dont il fut le proprietaire et le redacteur en chef de 1876 a 1881.
Nomme president de VAmerican Public Health Association en 1894, le docteur Persillier-
Lachapelle etait delegue par le gouvernement canadien aux Congres internatlonaux de
medecine et d’hygiene a Paris, en 1900; an Congres medical panamericain a Mexico, en 1896,
et an Congres international de la tuberculose a Washington, en 1908.
Chef reconnu du parti progressiste parmi les medecins canadiens-francais, le professeur
Persillier-Lachapelle est chevalier de la Legion d’HonneuretofficIer de I’lnstruction publique.
PORTEAIT-CHARGE. — Le Professeur Persillier-Lachapelle apparait a ses concitoyens comnie
I’ange gardien de la sante, pourvu des deux instruments essentiels de I'hygiene ; la friction et I’eau pure.
SIROP
GLOBULES
BOV’HfiPATIC
Chaque cuilleree a bouchc de sirop renfermc les
PREPARE DANS LE VIDE ET A FRDID AVEC LES
FOIES DES BCUFS DE LA CARMINE LEFRANCQ.
Chaque globule
renferme 0 gr, 25
d’extrait hepatique soluble.
INDICATIONS. — Toutes les maladies qui sont le rdsultat de I’insuffisance hdpatique
et toutes celles qui sont compliquees de cette insuffisance et aggravdes par elle :
Manifestations multiples et variees de I’Arthritisme, Nephrites, Artdrioscldrose, Cirrhoses, Dia-
bfete, Goutte, Dyspepsias intestlnales, Entiriteschroniques, Constipation, Urticaire, Dermatoses.
Le Flaeon de IS euillerees a bouehe ou celui de SO Globules : 6 francs
CHANTECLAIR
en leur prescrivant
prodiiit quelconque
alors que
CERTITUDE ABSOLUE
d’obtenir pleine satisfaction avec la
CARNINE LEFRANCQ
NE VOUS EXPOSEZ PAS
AUX DECEPTIONS
AUX
RECRIMINATIONS
de VOS malades
L'afflige qu’on Vient Voir se fait plus gai, le
Visiteur se fait plus triste ; chacun d'euic franchit
par condescendance la moitie de la distance qui
les separait tout a I’heure.
On surfait les amities d’enfance ; toute affec-
hasards ne sont pas necessairement les meilleurs;
le hasard quia rapproche deuicenfantsneVautpas
la svmpathie qui a uni deux hommes ; la commu-
nautedes souvenirs ne Vaut pas cede des sentiments.
Ce qui rend la pensee de la mort si effroVable,
c’est d’etre seul pour affronter I’inconnu; si on
pouVait aller a la mort aVec ceux qu’on aime, la
mort aurait I’attrait du Vertige et semblerait eter-
La modestie est une concession polie faite par
le merite a I’inferiorite.
Quand on aime, on a moins d’esprit; quand on
se sent aime, on en a daVantage.
COMTESS?; DIANE.
Ce 11 est pas la realisation d’un grand
bonheur ardemment desire qui cause la
joie la plus ViVe, c’est la certitude qu’un
malheur ViVement redoute est ecarte de
charite que de I’intention a Taction.
Ea plupart des hommes gagnent a £tre
un peu connus et perdent a etre absolument
penetres.
L’adVersit^ est le cr
le retient les gran
5 des affections ;
coeurs et laisse
COMTESSE DIANE.
CARNINE LEFRANCQ
: est exclusivement preparee avec du sue muscujaire
de BCEUF CONCENTRE dans le Vide et a Froid,
i par liniptoCede: ciepose a I’Academie: de Medecinei
: USlHEiMODECE
: a ROMAINVILLE (Seine)
UN HECTARE
FRAN9AIS
ESPAGNOL;
ANGLAIS
ITALI;EN :
KUSSE:
Nous donnons
cUcontre une
reproduction phor
tographique de la
premiere page de
I’edition russe. ;
^ ^ ^
» » » ^ »
KAPHHH’b J1E<PPAHKT> : Hcmo<iHiiK% mu3HU
CARNINE
I LEFRANCQ
SUPERIEURE
MOINS CHERE;
VIANDE CRUE
Sue --
MUSCULAIRE
■iiiiii
* * * * *
ANOREXIE = TUBERCULOSE
ANEMIE — CHLOROSE — DEBILITE
NEURASTHENIE - CONVALESCENCES
MALADIES DE L’ESTOMAC ET DE
L’INTESTIN —ALIMENTATION LIQUIDE
be l'p\5\ ouitierees a : bbuche par !our\
a n'imporli igpel- mamerit, PUPE on
additioknee: dun! tiquide] guelaonqtm
eau mimrak aq naivfelk, the, M, etd.
(pas de bouillon)
FROID ou TIEDE
i Depot I Seiieral ; Etablissements Fumouze, 78, Faubourg : SaihLDenis, Paris
MADAME LAFARGE
L’affaire Steinheil a passionne, on pent
le dire sans exageration, le monde entii-r.
he jury de la Seine a declare I’accusee non S
coupable, aux applaudissements des uns, 8
mais sans convaincre les aiitres. Conibien g
de causes celebres du meme genre deineii-
rent dans I’obscurite, et an snjet desquelles g
diseutent encore anjourd’hui les chroni- g
queurs ? Depuis I’affaire du courrier de U
Lyon, jusqu’a celle de Lafarge, dont 8
on a evoque le souvenir a propos de I’affaire Ig
Steinbeil ? jBi
Avec quelle emotion la France se parta- g
gea, lors du proces de 1840, entre « lafar- 8
gistes » et « antilafargistes », tout comnie m
nous avoirs eu les « steinheilistes )) et les S
« antisteinbeilistes » ! Comme M"'“ Steinheil, g
M'nc Lafarge etait jolie, seduisante, et, en g
resume, il n’y cut jamais contre elle de Ig
preuves convaincantes, absolues. 8
Mmu Lafarge a ete jugee trop tot ; en 1909, ig
elle eut surement ete acquittee. Resumons K
rapidement cette cause memorable. Ig
P. Rouret
En 1839, arrivait ii Paris un M. Lafarge,
s’annoncant maltre de forges dans la Cor-
reze, proprietaire d’un chateau magnifique,
a la tete d’une industrie metallurgique qui
lui rapportait 80.000 francs par an. II
s’adressa a I’agence matrimoniale de M. de
Foy, et fut presente comme gentilhomme
campagnard, constituant un magnifique
parti, ii une jeune fille d’exccllente famille,
distinguee, spiritilelle, romanesque, et ayant
une dot de 100.000 francs, Ml'c Marie Capelle.
L’union fut conclue rapidement, car cinq
jours ajjres la presentation, M. Lafarge
faisait publier les bans. Le soir du manage,
les epoux partent en chaise de poste pour
le Glandier, le chateau de M. Lafarge, dans
la Correze.
Les details du proces revelerent un pre¬
mier incident, de nature assez delicate. Au
relais d’Oideans, M"": Lafarge prit un bain,
et M. Lafarge se mit en violente colere,
ayant vainement essaye de franchir la porte
de la salle. Lafarge pretendit avoir ete
--i
En prescrivant la CARNINE LEFRANCQ vous avez la certitude
defaire ingerer a. vos malades du SUC MUSCULAIRE PUR, CONCENTRE,
provenant de viande de BCEUF fraiche, presque VIVANTE.
CHANTECLAIR
surprise tie la brutalite de son mari, d’lin
mari qui ne le fiit, dit-on, pendant quelque
temps du moins, que de nom.
Arrivee au Glandier, Lafarge voit
ses desillusions augmenter. En realite, la
grande Industrie de M. Lafarge consiste en
une petite forge, mal achalandee. M. Lafarge
vient de faire souscrire 30.000 francs de
billets de complaisance pour eviter la faillite
imminente; il y a des dettes criardes; le
chateau n’est qu’une habitation sinistre;
les cliambres sont froides, mal meublees,
inhabitables, sauf pour les rats. Ceux-ci
pullulent,et comme
le premier soin de
M""' Lafarge est d’a-
cheter de la mort-
aux-rats, ee poison
sera plus tard une
des bases de I’ac- •
cusation, bien que
I’analyse de cette
d’arsenie !
Mn‘« Lafarge et
M. Lafarge ont d’a-
bord des scenes vio-
lentes; puislecalme
semble se faire ct
I’accusation repro-
chera de ce fait a
Lafarge la «plus
grande dissimula¬
tion ». Si elle avait
continue les que-
relles, on en cut
conclu qu’elle avait
une haine capal)le
de la conduire au
crime. Toujours est-
il que les lettres que Mine Lafarge
ecrit a ses amies sont douces, resi-
gnees. « Son mari, sous sa rudesse un peu
« grossiere, et malgre ses ongles en deuil,
« est un coeur bon et aflfectueux : ce qui
« est fait ne se pent defaire. ))
Elle accepte cette vie de province, quelle
qu’en soit la tristesse.
M. Lafarge a des embarras d’argent,
M'"'^ Lafarge repond pour lui, sur sa dot,
vis-a-vis de ses creaneiers; elle agira de
meme apres la mort de son mari. Enfin,
un jour, sur I’initiative de M. Lafarge, les
epoux font des testaments reciproques, se
leguant mutuellement leurs biens. Notez
qu’a ce moment M'>"= Lafarge a sa dot
de 100.000 francs presque intacte et que
M. Lafarge ne possede que des proprietes
plus qu’hypothequees.
En novembre 1839, M. Lafarge part pour
Paris, ou il va prendre un brevet d’inven-
tion et surtout chercher a emprunter de
I’argent. Il n’est pas bien portant; son
absence se prolonge. Sa mere, que Mme La¬
farge a trouvee au Glandier et qui s’est
montree toujours belle-mere hargneuse et
aigrie, ecrit a M. Lafarge qu’on lui envoie
des gateaux (( qu’il devra manger en sou¬
venir des botes du Glandier ».
M. Lafarge recoit, en effet, une caisse
clous », dira I’accu-
sation, alors qu’elle
est partie du Glan¬
dier fermee avec des
crochets. Done on
I’a ouverte, done on
a substitue aux ga-
dcs gateaux empoi-
fait cette substitu¬
tion ? Sa femme,
M"'“ Lafarge. En
tout cas, M. I>afarge
rccut la caisse, man-
gea les gateaux,tom-
ba maladc (nous
avons dit qu’il I'e-
tait deja), revint
mourant au Glan¬
dier, ou il expira
dans d’atroccs souf-
frances, le 14 jan-
vier 1840. Le me-
decin habituel attri-
bua la mort a des
« coliques nerveu-
LAFARGE ses auxquclles son client ftait sujet
depuis longtemps ». On ne prononcait
pas, en 1840, le mot « appendicite i>, mais
les phenomcnes relates dansle premier rap¬
port medical semblent bien s’y rapporter.
Cependant, la mere de M. Lafarge et
quelques gens de service, tons fort suspects,
pretendent que la mort n’est pas naturelle,
que M'l'e Lafarge a empoisonne son mari et
qu’on I’a vue manipuler de la « poudre
blanche )), de I’arsenic.
On prouve tpie Mn'c Lafarge a chei’clie ^
se procurer de grosses quantites d’arsenic
ehez divers pharmaciens : elle affirme tou¬
jours que e’etait pour detruire les rats.
M™e Lafarge mere demande qu’on fassc
I’autopsie. Elle a lieu a Tulle et fut fort
Lc Profcsscur Fernandes CHACON, dc Madrid
CHANTECLAIR
mal faite, ainsi que le proinc
Orfila. Les medecins de Tulle ai
a line (( masse considerable d’l
les intestins », et pour en ai
s’etaient contentes de
■river la,'’ih
bouillir les
t le tube digestif, et
extrait un precipite jaune, floconneux, so¬
luble dans I’ammoniaque, qu’ils avaient
considere comrae de nature arseuicale ».
C’est apres ce premier rapport, que
M'"r Lafarge, accusee d’empoisonne-
ment, comparut le 2 septembre 1840
devant la Cour d’Assises de Tulle.
Mais line deuxieme expertise avait
ete confife a Orfila.
Orfila etait un savant bors
ligne, un orateur accompli, un
bom me du monde remarqua-
ble et un cbanteui- « di primo
cartello ». Le pieces de Ma¬
dame Lafarge fut un triomphe
pour Orfila, bien que son roll
puisse etre quelque peu critique.
« Dans ce drame effraj’ant, a dit
un temoin Moquent, cette grave figure
ap2)arait comine I’image de la fatalite scien-
tifique, qui denoue I’acfion, secouant son
flambeau dans les tenebres du crime, faisant
parler la mort exhumee du tombeau... »
Les journaux du temps montrent « Orfila
« mettant le cadavre dans line chaudiere et
« le faisant passer ensuite a travers ties
« alambics (!) pour decouvrir la trace, le
« vestige, la parcelle d’arsenic qui, pour-
« suivie avec un art irresistible, viendra
« eelater enfin sur I’email d une soucoupe
« de porcelaine en prenant la forme d’un
Oil bien on nous represente « ce savant
« melomane dans son laboratoire entre ses
« fourneaux et son piano, examinant d’un
« leil I’appareil qui est sur le feu, et de
« I’autre la musique qui est an pupitre du
« piano! »
Orfila eut done a verifier I’expertise ties
medecins de Tulle : il declare qu’il eut fallu
reduire en arsenic maalliquc le precipite
obtenu qui pouvait n’etre qu’une matiere
animalc tres commune dans la bile : quant
a I’arseuic meme, il n’en trouvait pas tie
trace.
L accusation ne I’entendait pas aiiisi...
Le rapport d’Orfila detruisait son systeme.
Le Proeureur general poursuit la condamna-
tion avec un acliarnement inoui. Il evoque
des amourettes tie jeunesse, une histoire de
diamauts disparus a laquelle M»"! Lafarge
est etrangere, et obtient enfin une troisieiue
expertise. Mais de nouveau, Orfila convient
que I’appareil de Marsh ne donne aucune
qI trace d’arsenic. Le Parquet demande line
t|uatricme expertise conflee a Dupuytrcii
le 9 septembre. Dupuytren declare
que pas plus qu’Orfila, il ne trouve
I’arsenic.
Enfin, revirement inoui, sur¬
prise extraordinaire, a une
cinquieme e.xpertise, Orfila,
se contredisant lui-mcme,
« line trace d’arsenic mctal-
lique d’ailleurs impondera-
' ble.» Ccla sr.fiit a raccusation.
f'in vain M""! Lafarge, aidee par
LA ses conseils, MaitrePaillct et un jeuiie
secretaire, qui devait etre le eelebre
avocat Laebaud, appelle ii son secours
Raspail.
Quand Raspail arrive a Tulle, la contlam-
nation aux travaux forces est prononcee.
Raspail proteste contre I’arret ainsi rendu;
il se fait fort de trouver de rarsenic « meme
dans le bois du fauteuil du president ». II
demande a contriiler les rcactifs qu’Orfila
avait apportes de Paris. On le lui refusa.
M"ir Lafarge subit sa peine dans la prison
tie Montpellier, avec une dignite, une dou¬
ceur qui ne se dementirent jamais, protes-
tant toujours de son innocence, ecrivant un
livre : Henres de prison, cnipreint d’une
noble resignation. Graciee an bout de tloiize
ans, elle se rendit aux eaux d’Amelie-lcs-
Rains, anemitJe, ties malatle. Des que sa
presence y fut connue, une foule de paysans
s’assemblerent devant I’hotel, burlant ’r
« A mort! A mort, i’empoisonneuse! »
Et succombant a I’emotion, M'"'' Lafarge
mourut la, aux eris de ccs gens qui I’accii-
saient encore et toujours. Dernier supidiee,
epouvantable, si, comme Tout affirme taut
d’eloqucnts defenseurs, la malhcureuse
femme etait reellement innocentc!
0 0 NOUS GAR.ANTISSONS de la fafon la plus absolue
que la CARNINE LEFRANCQ ne contient que du Sue Miisculaire de Bceuf
concentre dans le VIDE et a FROID ET PAS AUTRE CHOSE.
CHANTECLAIR
ebeiheb
MEDECINE
PRfiVENTIVE
«, II y a dans le jus de viande certaines
« substances qui viennent se fixer sur les
« cellules nerveuses. Une fois que ces
cellules nerveuses se trouvent im-
^< pregnees par ces substances, elles ne
« peuvent plus absorber le poison des
« microbes et alors celui-ci circule dans
•:< I’organisme sans pouvoir offenser les
« ceUules nerveuses, parce que ces cellules,
saturees par d’autres substances, sont
refractaires a I’impregnation, a I’imbi-
s< bition par le poison des microbes.
« C'est a peu pres ce qui se passe
« avec un echeveau de soie qui, une fois
ss colorte, ne peut plus fixer une nouvelle
matiere colorante. Si, au contraire, cet
« echeveau etait blanc, il prendrait toute
< la matiere colorante du bain oit on
I’aurait plonge ; mais une fois qu’il est
s. teint, il a fixe une couleur et n’en prend
« plus d’autre. De meme, les cellules ner-
veuses, une fois qu’elles se sont imbibees
« des substances contenues dans le sue
« musculaire ne peuvent plus s’imbiber
& du poison des microbes.
- <!, Alors, peu a peu I’organisme
1 Vi se debarrasse de ces poisons par
V, les emonctoires naturels. '>
Professeur Charles RICHET,
Membre de I’Acaddmie de Medecine.
D’un coup (I’eventail tut tele;
Le coup (lut eifleurcr ii peine.
Aucun bruit ne I’a revele.
En a fait lentement le tonr.
Son can iVaiche a fui goutte a goutte,
Le sue des tleurs s’est epuise;
Personne encore ne s’en doutc.
N’y toucliez pas, il est brise.
nn qu oi
Souvent ausi
Eftleurant h
Puis le cieur
La lleur de
Toujours intaet auxyeu.x du nionde,
11 sent croTtre et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde.
Il est brise, n’y tonchez pas.
Sui.I.Y •PllCUHOMME.
1 ~
CHANTECLAII
Le Professeur Fernandez CHACON, de Madrid
.e a Grenade le 16 decembre 1848. Recu inter
n 1870 le Lazaret de Grenade et etait recu
Fernandez Chacor
en 1866, 11 dirigeait e
doeteur en 1874. .
Nomme professeur de Cllniciue en 1881, d devenait,
en 1883, titulaire de la Chaire d’obstetnque et de
gyn&ologie de I’Unlversite de Santiago de Composte a;
11 occupait ensuite la meme Chaire a lUniveisie e
Valladolid, puis a I’Universite de Madrid, ou nous le
trouvons depuis 1888.
Le professeur Fernandez Cbacon est un gynecolo-
giste ties rechercbe, aussi bien pour les maladies de
matrlce cpie pour les accoucbements. Sp&ialise dans
ces matieres depuis treiite-ciiiq ans, il a eu 1 occasion
de pratiquer d’innoinbrables fois toutes les opera¬
tions de la cbirurgie moderne les concernant.
Parmi ses publications, nous relevons une niono-
graphie sur les moyens de discerner la mort reelle cle
la mort apparente, un travail sur les hemorragies de
raccoiichement et une traduction Unnotee ^du Imite
d’accouchcment de Ribemont-Uessaignes (18J7).
Le professeur Fernandez Cbacon presida la Section dobs-
,1.„. |.lu.i.ur, Co,.grt. el <ia«8«'! ■>" S""''"-””""' '
i-tiL ...y.,. de ,-deci,.e dep.ds 1» e. e.....d.»e d. lOrf,,
Coiigre
civil d’Alphonse XII.
PORTRAIT-CHARGE. — Le
—O o O-
EN DESESPOIR DE CAUSE.
Jesuisheureu. de vous taicUer du BOV
une malade atteinte d’obstruction neoplasxque des ^
maniere remarquable, permettant aux alimen s e re a Leitiaire, Chantilly (Oise).
CHANTECLAIR
CARNINE LEFRANCQ
Sue de Viande de BCEUF CRUE
Pur et CONCENTRE dans le Vide et a Froid
LE PLUS ^NERGIQUE
RECONSTITUANT
dont dispose la Medecine
actuelle
n6cessite I’abatage
22 BCEUFS
PAR JOUR
USINE MODELE
ROMAINVILLE (Seine)
lement pour la CflRNINE.
n
1 /
TOjBEECOL@SE^
« e « 1
ANOEEXIE
SE§
De I a 5 cuiller&s & boitche par jour 4 n’importe quel moment,
Pure ou additioniife d’uii liquide quelconque, eau minerale ou
naturelle, the, lait, etc., FROID ou TIEDE.
O^pot G^n^ral : ETABLISSEMENTS FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, PARIS
regime ALIMENTAIRE DE napoleon le>- A SAINTE-HELENE
I
Un heureux bibliophile a decouvert, cbez
iin antiqiiaire, a Paris, le livre de comptes,
tenu au iour le jour, des depenses faites
par Napoleon a Sainte-Helene.
Ce rcgistre a ete tenu a jour par I’officier
de bouche Pierron, qui 1 a commence en
janvier 1818; le dernier feuillet porte une
date qui a son eloquence; 5 mai 1821. II
comprend 43 pages.
La comptabilite est des plus simples; elle
est exprimee en livres, en shellings et en
pence. Chaque mois, apres verification de
Montholon, I’Empereur se fait remettre le
registre, controle les moindres depenses,
provoque s’il y a lieu, des explications, refait
meme les additions.
C’est en janvier 1819 que Napoleon sem-
ble avoir commence cet examen et s etre
livre a ces calculs. Mais, pour plus de com-
modite, il transpose les livres sterling en
francs.
Le cuisinier que I’Empereur avait ramene
de France ftait un certain Lepage. A la suite
d’une qucrelle avec un valet de chambre,
Lepage, decourage, avait quitte File; a partir
de ce moment, les repas de FEmpereur sent
confies il une equipe de Chinois sous la sur¬
veillance de Pierron, qui devint cuisinier
par necessite.
Les choses ne resterent pas longtemps
Un grand personnage anglais, lord M...,
revenant de Chine, offrit ii Napoleon un
cuisinier repute dans cette contree. La con¬
dition etait dure, a cause de la vapeur par-
ticuliere dii charbon de File. Le nouveau
serviteur fut force de renoncer a ses fonc-
tions, car le feu detruisait sa vue. Le gou-
vernement de la cuisine revint de nouveau
a Pierron et a ses Chinois.
Mais, dans ce moment, la princesse Bor-
gbese envoyaif de Lucques, sur une lettre
de Madame Mere qui Finstruisait de la
position de FEmpereur, un jeune bomme
La CARNINE LEFRANCQ
est le plus Energique
RECONSTITUANT
dent dispose la
CHANTECLAIR
intelligent, plein tie zele et tl’honneur,
M. Chandellier, dont Napoleon a ete cons-
tamnient satisfait, et qni est rcste a Sainte-
Helene jnsqiia la mort de I’illustre captif.
Chandellier etait ingenienx aidant qu’ac-
tif ; il eu vite fait de monter un fourneau a
rallemande dont il avait achete a Londres
les parties principales; eomme on lui refu-
sait le hois necessaire jjour chauffer son
fourneau, il fit forger par nn serrurier de
Tile une plaque de fonte qu’il transforma en
four a charhon et dont il executa lui-meme
la maconnerie. L’Enipereur se inontra ties
satisfait de ces dispositions.
Voulant, sans plus tar-
der, mettre a re2Jreuve
les talents de son nou¬
veau Careme, il lui
eommandeune ((soupe
de soldat » Chandel-
militaire, devait en
eonnaltre la composi¬
tion. La premiere fois,
il la reussit fort mal :
elle etait trop claire et
ete prodigues. « De-
Les legum
contenta de dire I’Em-
pereur. Lc lendeinain.
qu’une cuiller aurait
|)u y tenir dehout.
L’Enqiereur n’en rede-
inanda jilus des ce
■ares, et quand on en
t hrules par le soleil.
On a parfois grand’peine a avoir de la
viande de houeherie; celle qui est consom-
mee dans I’tle provient du Bresil ou du Cap
de Bonne-Esperance.
Malgre les ordres qui avaient ete donues
an gouverneur, I’office de Napoleon ne rece-
vait jamais qu’une ehetive portion. Si on
lui envoyait une ejiaule de hteuf, elle ftait
decharnee, tandis que le gouverneur se I’e-
servait la partie succulente, le quartier de
derriere. Aussi Napoleon, qui aimait les
viandes grasses, n’ohtenaitpresque jamais le
morceau de son choix.
On lui servait par¬
fois des cotelettes de
pore frais, ties hou-
preparations etaient
jiassahles, mais la vo-
laille de toute espece
etait d’un gout detes¬
table. On essaja inu-
tilenient de tons les
A en juger par le livre NAPOLEON
de comjjtes, la table impe- Tableau c
riale,.durant I’exil, fut plus que frugalc.
En 1818, les depenses varient entre 50 et
1.50 livres sterling, et le personnel est rela-
tivement nombreux a Sainte-Helene. De
plus, la vie est tres ehere dans I’lle; dejniis
I’arrivee de I’EmiJercur, le prix des vivres a
relativenient augmente. Quelques chiffres
pris dans une relation du temps en donne-
Le boeuf vaut 36 deniers la livre; le mou-
ton, 30 deniers; le pore frais, 40 deniers;
me poule ou un canard, 24 schellings; une
lie, 50 schellings; une dinde, 60 schellings;
in hoisseau de pommes de terre, 15 schel-
ings ; la douzaine d’leufs, 8 schellings; senl,
e poisson est d'un prix ahordahle.
moyens pour engrais-
scr des poulets et des
poulardes, des din-
donneaux et des oies.
On voyait rarement
du gihier dans I’lle.
Les quelques per-
dieaux louges et fai-
sans qui pouvaient s’y
tiler etaient destines a
la fable du gouverneur.
Ni poissons d’eaii
douce, ni coquillagcs;
on ne pechait sur les
cotes que de petits
maquereaux dont la saveur
^ ^ pouvait se comparer, dit
un narratcur, a celle du chien de mer.
A Sainte-Helene, les fruits ne inurissaient
presque jamais, a cause de I’inconstance des
vents. Les ahricots, les raisins n’j' avaient
aueun goiit. Les hananes etaient meilleures
et lc cuisinier les employait en heignets, cn
ayant soin de les faire mariner.
Le pain avait un gout de poussiere; la farinc
cn etait presquetoujoursechauffee. Onytrou-
vait souvent dn sable, par suite du melange
des farines de I’Europe et du Cap de Bonne-
Esperance, ohtenu par de vieillcs meules.
Le maderc, le vin de Teneriffe, le vin de
Constance etaient les vins habituels de la
maison; mais rEmpereur se conlentait d’un
verre de Bordeaux.
Le Profcsscur HUTINEL
CHANTECLAIR
Napoleon etait pen buveur. Le vin qu’il
pi-eferait etait du Chambertin ayant cinq
on six ans de bouteille; rarement il deinan-
dait du Cbampagne, sauf dans Ics fricassees
de poulet. II convenait d’ailleurs qu’il ne
s’y connaissait pas en crus.
L’heure du repas etait tres variable. II se
levait ordinairement a huit heures; jusqu’a
line beure et parfois plus tard, il ne prcnait
qu’une tasse de cafe noir.
Son diner avail lieu a huit heures; il se
rctirait vers onze heures dans sa chambre.
Il ne semble pas avoir eu de penchant
pour les plaisirs de la table. Il n’avait pas
plutot lini de manger, qu'il se levait, comme
s’il avail hate d’etre debarrasse d’une corvee.
Voici quel etait son menu habituel, a
quelques variantes pres.
Le dejeuner se composait d’un potage a
I’oseille lie, ou autre rafraichissant, de poi-
trines de mouton passees et grillees avec
un jus clair, ou de deux cotelettes de mou¬
ton, quelquefois d’un entremets de legumes;
mais ce plat etait ordinairement detestable.
On servait au diner un potage, un releve,
deux entrees, un rot, quelque mauvaise jjatis-
serie, dont Napoleon se montrait tres friand.
o =- - O
Bien que les aliments fussent en general
mediocres, la jiiete de ses serviteurs avail
soil! de les lui presenter sur des assiettes
d'argent, que le service avail eu la jirecau-
tion d’apporter a Sainte-Helene.
Les releves se eomposaient de viandes
vulgaires : boeuf bouilli, mouton, pore frais
ou cochons de lait.
Lorsque I’Empereur etait encore bien
portant, le repas etait plus abondant.
La premiere entree etait une volaille; la
seconde, de la viande de boucherie, et, quand
il y avail penurie, de la patisserie ou de la
friturc. On n’avait presque jamais de gibier.
Les truffes et les champignons, qii’on lui
envoya parfois d’Angleterre, n’arrivaient
qu’uses; le beurre etait vieux et sale, a ee
point qu il fallait le laver dans plusieurs
Le cafe, qui etait indispensable a I'Em-
pereur, lui manqua frequemment. On lui
mesurait I’eau des fontaines pour sa table;
on la lui refusa souvent pour ses bains.
Sous I’influence de cette alimentation, et
les rigueurs du climat aidant, la sante de
I’Empereur ne pouvait que s’alterer.
(A siiivrej.
1 — ■ O
La CAIiNINE LKFRANCQ est la mains chere de toutes les preparations
zomotherapiques parce qu’elle est dix fois plus active que les similaires.
CHANTECLAIR
admirable
La Gamine Lefrancq est un produit
admirable; ses effets sent merveilleux. Fre-
quemment prescrite chez les eidants elle
„e m’a donne jusqu’alors que dexcellents
resultats. Docteur Catrin,
Medecin Inspecteur des Enfants assistes,
Crecy-sur-Serre (Aisne).
SURPRENANT
Je viens d’avoir a la fois plusieurs malades
dans un etat d’epuisement trte prononce; il
n’y a eu que la Gamine Lefrancq pour
les relever, et cela avec une rapidite surpre-
Docteur J.-G. Gaffort,
Feyrac-Minervois (Aude).
Le Professeur HUTINEL
- 1. 15 1819. i
Apres avoir fait ses etudes classiques au lycee de Chaumont,
medecine. ‘interne, puis medeein des Hoidtaux en 1879, ■
arrivait a I’agiegation en 1883 et obtenait en
chaire de Pathologie medicale, qu’il abandonnait n
ment pour celle de Clinique infantile.
Sa predilection pour la medecine infantile si
marquee par ses suppleances de la Clinique de
maladies des enfants et sa decision de conserve!- son
service a I’Hospice des Enfants-Assistes. On lui doit
d’importantes etudes sur les temperatures basses
centrales, sur la broncho-pneumonie infantile, pour
laquelle il a preconise les bams frais a 28" et
au-dessous, sur I’hepatite tuberculeuse cliez les
enfants, les lesions syphilitiques au foie chez les
nouveau-ues, la meningite tuberculeuse, le menin-
gisme, I’here'dite de la tuberculose, le traitement de
la dyspepsie et de la diarrhee infantiles, lantisepsie
de la peau, les cirrhoses cardiaques, la convalescence e
la rechute de la fievre typhoide.
Le professeur Hutinel vient de terminei un ouriage
en cinq volumes sur les Maladies des hiifaiits, en co a lo ^
de, Hopitaux (Baboppelj, Big.rt, D.arre, Jeamelme, 1 . Lereboullet. I.e,,
L. Martin, Merklen, Nobecourt, Paisseau, Tixier, \itry a
Il est membre de I’Acadmnie de Medecine depuis 1899 et Chevaliei de
d’Honneur.
la Legion
MERVEILLEUX
La Gamine Lefrancq est un reconstituant
merveilleux, duquel on pent tout attendee. Je
I’emploie souvent et toujours avec succes.
Ci-joint 25 fr. 50 pour 3 flacons que je vous
prie de m’envoyer.
Docteur J. Descrimes,
Medecin de la C'“ des Chem. de ier Algeriens de I’Etat,
Ain-Tedeles (Oran).
remarquables
J’ai deja prescrit frequemment la Gamine
Lefrancq. J'ai soigne entre autres deux
femmes cancereuses atteintes de dyspepsie
avec hecticite ; le seul aliment qu’elles
pouvaient supporter etaient la Gamine
Lefrancq, qui les soutenait d’une fa9on
remarquable. jj^^^eur Huguier,
V6t6rin2ire en 1 " au 5 "“ Dragons, Compidgne (Oise).
CHANTECLAIR
LE PRESSENTIMENT DE LA VIERGE
Reproduction par la photographie des couleurs d’un tableau de Ch. Lande
(Musfe du Luxembourg, Paris).
La CARNINE LEFRANCQ
merite toute votre confiance, et ne neglige rien pour vous donner satisfaction.
CHANTECLAIR
Docteur MALKE
Medecin de la
Commanaaie bienfaisante
Syrienne.
De 1 li. a 4 h. aprSs-mifli
•V-Ji
Beyrouth, le 24 Noverabre. 1909.
(Syrie)
Je suis tres h'eureux de vous annoncer
le cas suivant qui pourrait etre consi¬
der e comme un miracle :
Une femme amenorrheique qui s' est
servie de tout 1'arsenal emmenagogue et
fortifiant depuis deux ans, sans aucun
resultat, a vu apparaitre ses regies
par 1'usage journalier de la CARNINE
LEFRANCQ, a haute dose et pendant un mois
seulement.
Je regrette beaucoup de n'avoir pas
ce medicament.
Agreez, Messieurs, mes plus cordiales
et chaleureuses felicitations et mes
salutations distinguees.
Docteur MALKE
Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’a mon age
Vous ne vaudrez guere mieux.
Le temps aux plus belles choses
Se plait a faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ride mon front.
Le raeme eours des planetes
Regie nos jours et nos nuits ;
On m’a vu ce que vous etes;
Vous serez ce que je suis.
Cependant, j’ai quelques charmes
Qui sont assez eclatants
Pour n’avoir pas trop d’alarmes
De ces ravages du temps.
Vous en avez qu’on adore,
Mais ceux que vous meprisez
Pourraicnt bien durer encore
Quand ceux-lii seront uses.
Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu’il me plaira de vous.
Chez cette race nouvelle.
Oil j’ai quelque credit,
Vous ne passerez pour belle
Qu’autant que je I’aurai dit.
Pensez-y,’belle Marquise ;
Quoiqu’un grison fasse effroi,
li vaut bien qu’on le courtise,
Quand il est fait comme moi.
PiKRiiE Corneille.
VIENNE. — Le Chateau Roya
CHANTECLAIR
Nous appelons tout particulierement V attention
de MM. les Medecins sur le BOV’ HEPATIC
qui donne des resultats vraiment
EEMARQUABLES
1
BQ
□o
OPOTHERAPIE HEPATIQUE
aa
BOV’ HEPATIC
SIROP (gout TRES agreable) globules
Prepare dans LE VIDE et A FROID
avec les FOIES des BCEUFS de la CARNINE LEFRANCQ
Chaque cuilleree i bouche de sirop renferme les
principes solubles de 50 gr. de tissu hepatique.
Chaque Globule
renferme 0 gr. 25 d’extrait hepatique soluble.
INDICATIONS
Toutes les maladies qui sent le resultat de I’insuffisance
hepatique et toutes ceiles qui sent compliqu6es de cette insuffi-
sance et aggrav^es par elle :
Manifestations multiples et variees de I’Arthritisme, Nephrites, Cirrhose,
Arterioscldrose, Diabete, Goutte, Cancer, Dyspepsies intestinales,
Hemophilie, Ententes chroniques. Constipation, Urticaire, Dermatoses.
LITTERATURE ET fCHANTILLON SUR DEMANDE
PRIX : au public, Sirop ou Globules, 6 fr,
DSpat Glnaral : eTABLISSEBIENTS FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis,
REGIME ALIMENTAIRE DE NAPOLEON iPr A SAINTE-HELENE
(Suite)
JOURNAL BLAENSUE^
En 1818, au moment on Pierron prend
la direction de I’office, I’auguste captif est
soumis a un regime culinaire qui accuse le
mauvais etat de son estomac,
On ne eroyqit pas eependant, a 1 epoque,
que cet organe fut deja atteint. D’apres le
docteur 0’Mc%ra, qui a soigne I’Empereur
jusqu’au 25 juiUet 1818 (( la maladie de
I’auguste patient consiste dans une obstruc¬
tion du foie et une dyscrasie scorbutique;
les moyens de s’opposer a la premiere mpr
ladie sont une diete temperee par des ve-
getaux frais, des fruits subacides, des
substances animales faciles a digei-er... »
Comment furent executees ces prescrip¬
tions, assez vagues a la verite?
Des vegetaux frais, on n’en retrouve au-
cune trace sur le livre de comptes; nons
avons dit que les legumes poussaient mal
e climat torride.
i relevons f
des raisins, des poires seches, des abrlcots;
beaucoup de citrons, qui servaient sans
doute h composer des limonades rafralcbis-
santes,
: Les oeufs se consommaient par douzaines.
Les condiments sont egalement prodigues
; au malade, dont I'estomac devait se revolter
a leur approche; trop de moutarde, de cor-
; nichons et de capres pour uu dyspeptique.
Au mois de mars 1818, on tue une tortue,
I pour en faire du bouillon.
Les prunes, le raisin de Corintbe sont
I des rafraichissants recommandables ; de
meme le sirop de vinaigre, excellent desal-
\ terant, quand on I’additionne d’eau.
Comme viandes, les pigeons, les poulets,
i les dindons ont, depuis peu, remplace les
viandes fortes, boeuf et mouton. Le pore,
^ sous forme de jambon, parait avoir ete bien
tolere.
I Au mois de juillet, nous voyons, mcn-
tionnee pour la premiere fois, une boite de
-
i
Toutes les prescriptions de la science moderne sont observees dan^
notre Usine de Romainville, qui coute aujourd’hui plus dq
1
-
700.000 francs, et la fabrication de la CARNINE LEFRANCQ
-
y
EST REELLEMENT SCIENTIFIQUE
w
CHANTECLAIR
rorot, lisez arrow-root, fecule amylacee que
Ton retire, clans les possessions anglaises,
des Antilles et des Indes, a la maniere de
la fecule de pomnie de terre chez nous, des
racines tubereuses de deuxplantes qui sont:
I'une le Maranta ariindinacea, plante ame-
ricainc, I’autre, le Maranta indica, plante
Ce sont les Anglais qui nous out fait
connaitre cette substance, a laquelle ils ac-
cordent une estime toute particuliere. On
I’a presentee comme cc/ia/cptiq'ueffortifiante);
mais c’est tout simplement un aliment le-
ger, et a ce titrc, il est ordonne aux conva¬
lescents.
Cette farine alimentaire, de la volaille,
des oeufs, et comme boisson, du the de
temps a autre, tres pen de vin, constituent
a peu pres toute I’alimentation de I’Empe-
reur en I’anne'e 1818.
L’annee suivante, les symptomes ne fai-
sant que s’aggraver, il eut ete imprudent de
se relacber de celie severite de regime. Les
rapports medicaux, sans etre alarmants,
sont assez inquietants pour la justifier. Ils
out un tort grave, tontefois, celui de ne pas
specifier quel doit etre ce regime. Il ne pa-
rait pas que les medecins aient porte leur
attention sur ce point cependant si impor¬
tant. L’Kmpereur est oblige de les rappeler
a leur devoir.
« Les medecins, dit a la jiremiere ren¬
contre Napoleon au docteur Antommarchi,
out la police de la table; il est juste que je
vous rende compte de la mienne. Voici
comment elle est scrvie : un potage, deux
plats de viandc, un de legumes, une salade,
quand je peux en avoir, composent tout le
service; une demi-bouteille de clairet, que
j’etends de beaucoup d’eau, me sert de bois¬
son ; j’en bois un peu de pur a la fin du
repas. Quelqiiefois, lorsque je suis fatigue,
je substitue le champagne au clairet ; c’est
uu moyen sur d’exciter I’estoinac. Des
pommes de terre, des lentilles, des pois,
des haricots blancs, des choux-fleurs, des
cotelettes, du gigot; du niouton, je recherche
la partie la plus rotie, la plus brune ; mais,
du reste, je veux que la cuisine soit simple,
je n’aime pas les cuisiniers qui font de I’es-
prit; un bon etoulfe a la genoise, un pilau
a la milanaise et des taillerains a la corse
valent mieux pour moi que toutes les mer-
veilles de I’art de Bauvilliers. »
Le meme jour, Napoleon disait a son
interlocuteur : <( Souvent tout ce regime ne
siiffit pas. ,fe suis force de rccourir a mon
remede heroique, a la sonpe d la reine.
I
f
I
4
}
)
I
Cette composition de lait, de jaune d’ceuf
et de sucre produit sur moi reffet d’un pur-
gatif doux et me soulage constamment. »
Antommarchi etait entre au service de
I’empereur le 22 septembre 1819. A dater de
ce moment, il est aise de suivre sur le livre
de menage les etapes de la maladie.
Le malade ne mange pour ainsi dire plus;
du moins le registre ne fait-il point mention
d’aliments autres que des ceufs... et de la
salade !
L’Empereur est presque tout le temps
alite ; il ne sort du lit que pour entrer dans
le bain, dont il retire un grand soulage-
Le mois d’octobre se passe dans des alter¬
natives d’esperance et de decouragement;
c est toujours du foie que se plaint I’auguste
patient.
Les remedes n’operant pas, le docteur
present de I’exercice a son malade ; il y
avait longtemps qu’il n’en prenait et il souf-
frait de cette inaction.
— « Mettez-vous a becher la terre », lui
dit Antommarchi.
— (( Becher la terre, oui, docteur, vous
avez raison, je beeherai la terre. ))
Il donne aussitot I’ordre qu'on achete des
ustensiles de jardin (portes sur le registre
en novembre 1819), et des le lendemain il
est a I’oeuvre. Son valet, Noverraz, avait
I’habitude des travaux rustiques ; il le fait
jardinier en chef et travaille sous sa direc¬
tion. Ce fut une vraie frenesie. Il se livrait
a ce travail avec une ardeur qu’il ne se con-
naissait plus et que son entourage ne soup-
connait point.
Tout Longwood fut mis a contribution.
« Il charriait, faisait transporter la terre ;
il n’y eut que les dames qui echapperent a
la corvee ; encore avait-il peine a s’empe-
cher de les mettre a I’a'uvre. Il les plaisan-
tait, les pressait, les solllcitait, il n’y avait
sorte de seduction qu’il n’appliquat. » Tout
en jardinant, I’Empereur causait medecine,
histoire naturelle, guerre ou politique.
Ce regime eut une influence des plus heu-
reuses sur la sante de Napoleon.
Au mois de janvier 1820, on voit reappa-
rattre dans les comptes les pigeons, les
(cufs, voire du pore et du poisson.
L’illustre captif semble renaitre a la vie;
il commande des reparations dans son habi¬
tation, les surveille, vetu comme un plan-
teur, « en large pantalon, en veste, avec un
enorme chapeau de paille du Bengale sur la
tete, et des espeees de sandales aux pieds.))
Ainsi accoutre, il excite I’hilarite de ses
-‘><3
Lc Profcsscur
Elisco CANTON, de Buenos-Ayrcs
CHANTECLAIR
Chinois, qui ne se possedenf pas cle le voir J
sous ce costume.
Ce n’aait, helas ! qu’une treve dans cette
leute agonie.
All mois de juillet (1820), une rechute #
oblige I’auguste patient a recourir de non- \
veau aux boissons rafralchissantes et aux #
viandes legeres; encore ne devait-il guere
toucher a celles-ci que le personnel s’adju- #
geait. ^ ' 1
Les bulletins de sante se succedent de #
plus en plus alarmants.
Le malade en arrive a ne plus supporter #
d’aliinents. Le registre ne note plus que %
des reinedes : pastilles de mentbe, boites f
de the, trente bouteilles de sirop, des dou-
zaines d’oranges, de liinons, etc.
Les forces vont en decroissant. Autour
de I’Empereur on ne conserve plus la moin-
dre illusion.
II n’est plus question de comptes a cette
heure; plus qu’un feuillet au registre, une
page, qui restera blanche ou presque; die
contient ces seuls mots : mai 1821, _
5 mai 1821; en marge, une initiale, la
premiere lettre du nom de Pierron.
C’est la fin, le denouement prevu du
drame qui se joue depuis six ans sur ce
rocher perdu.
(Fin).
Premier Sourire du Printemps
Tandis qua leurs leuvres perverses
Les hommes courent baletants.
Mars qui rit, malgre les averses.
Prepare en secret le printemps.
Pour les petites paquerettes,
Sournoisement Iprsque tout dort,
II repasse des collerettes
Et cisele des boutons d’or.
Dans le verger et dans la vigne,
II s’en va, furtif perruquier
Avec line houpe de cygne,
Poudrer a frimas I’amandier.
La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin desert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.
Tout en composant des solfegcs,
Qu’aux merles il siffle a mi-voix,
II seme anx pres les pei-ee-neiges
Et les violettes aux hois.
Sur le cresson de la Fontaine
On le cerf boit, I’oreille au guet,
De sa main cachee il egrene
Les grelots d’argent du muguet.
Sous riierbe, pour que tu la cueilles,
II met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son regne va finir,
Au seuil d’avril tournaut la tete,
Il dit : « Printemps, tu peux venir ».
Thkophile Gautier.
COTE D'IVOIRE. - TraversSe d'une foret en chaise a porteur
IL N’Y A PAS MIEUX
Ml MEILLEUR
Je vous exprime la satisfaction que m’a
donnee votre excellente Carnine Lefrancq :
il n’y a pas mieux, ni meilleur.
Docteur Charles Jaffary,
Medecin-Major, Chartres.
Un deuil de convenance est toujours
commode ; chacun en profite pour elaguer
de sa vie ce qui I’ennuyait. L’un ne sort
plus, mais refoit encore; I’autre sort, et ne
" reyoit plus; ce sont des vacances noires. v
COMTESSE DIANE.
CHANTECLAIR
Le professeur Eliseo CANTON, de Buenos-Ayres
etudes classiques aTucumaii, sinscrivait a la Faculte
1881, et debutait dans la carriere comme chirurgieii de
e professeur de
Eliseo Canton, apres avoir fait
de Medecine de Buenos-Ayres e
Ire classe de la Flotte Argentine.
Mais le jeune savant ne s’attardait pas de ce cote et bientot -
Physique dans son pays natal (1887), puis professeur d histo.re naturelle a Buenos-Ay. es (1889).
A partir de ce moment, nous suivons ses progres dans
I’enseignement ofGciel, ou nous le voyons suceessivement
professeur de parasitologic (1891-1901), professeur d
clinique obstetricale (position actuelle), et doyen de la
Faculte de Medecine de Buenos-Ayres.
Parti de la medecine navale, le docteur Eliseo
Canton est arrive a I’obstarique et a la gynecologic
ou il s’est specialise', et il est en realite le fondateur
de cet enseignement a la Faculte de Medecine de
Buenos-Ayres, qui lui doit la fondation de la belle
clinique obstetricale et gyn&ologique, riche de
100 lits, qu’il dirige actuellement. |
Travailleur infatigable, esprit entreprenant,
menant a bonne fin tout ce qu'il entreprend, le
professeur Eliseo Canton a grandement contribue
au developpement de la Faculte de Medecine de
Buenos-Ayres, qu’il a dotee d’une Ecole pratiqu
et d’une Morgue, et qu’il travaille a doter encore
d’une Polj'clinique.
Ses travaux, fort uombreux, se rapportent
Paludisme et a sa Geographie medicale dans 1 Argeni
auA cau.>. thermales de 1’Argentine (qu’il eut mission officielle
d’etudier), au parasite de la fievre paludeenne, a la radiopelvigraphie
cesarienne conservatrice; on lui doit des coupes sagittales de femmes enceintes (les pre¬
mieres faites dans le Sud-Amerique), des etudes de fetus achondroplasiques, et la publi¬
cation d’une premiere serie de 24 cas de pubiotomie pratiquee dans I’Am^-ique du Sud.
Comme beaucoup de ses confreres, le docteur Eliseo Canton s’est laissc tcntei pai la
politique, qui lui a d’ailleurs souri. BeMu depute national a cinq reprises, le savant protesseur
est actuellement Pre'sident de la Cbambre des Deputes de la Nation. Son action comme
legislateur a certes ete feconde, car son pays et la science lui doivent de nombreiises lois
coiicernant la salubrite, les chemins de fer, les aliene's, les canalisations et irrigations, 1 edu¬
cation et I’enseignement superieur.
Le professeur Eliseo Canton est academicien honoraire
diverses societes scientifiques.
! et membre
espondaiit
RESULTATS REMARQUABLES
gHl—
SIRC
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iissolvant
I'intestin
t±L/—1
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LITT£RATURE et eCHANTlLLONS SUR DEMANDE
Zl
CHANTECLAIR
L'Excommunication de ROBERT le PIEUX.
Robert II de France, dit le Pieux (970-1031), aprte avoir tenu sur les fonts baptismaux _un enfant de
Rerthe vluve du corate de Blois, epousa cette comtesse, raalgre la parente religieuse qu il avait amsi
^nntractee avec elle De ce chef il tut excommunie. La sentence vient d’etre prononcee dans la grande
aile du palais, en presence des epoux. An pied du trone, fume et expire le cierge pascal arracbe de son
massif chandelier; le legat du pape et ses acolytes se retirent irapassibles et le sdence et le vide se font
autour des a laissg ehoir son sceptre et courbe le front. Dans son ceil haprd, dans son
lissfe il y a sans doute plus d'epouvante que de repentir. Dejd il ne prend plus garde k la
T qul se craraponne a lui et I’enlace avec toute la tendresse de I’amour, avec toute 1 energ.e
attitude affaissde,
pauvre reine, qui
du desespoir. . . „ ■
Cette composition dramatique a ete exposee a Pans
'e Reproduction page 6).
gourmandise
Grace a la Gamine Lefrancq, un de mes
malades, epuise completement par une pneu-
monie infectieuse, a I'estomac delabre et
rebelle a toute nourriture, a pu se relever
assez rapidement. Sa femme tres fatiguee par
les soins constants qu’elle lui donnait,
trouvait des forces en absorbant de la
Gamine Lefrancq, qu'eUe prenait comme
gourmandise.
- ■ r E. Taillard,
Docteu
(Paris),
SOUVERAINE
Je tiens a vous dire que la bonne Gamine
Lefrancq continue a me donner d’excel-
lents resultats.
Que se soit dans la grippe, la tuberculose,
la dispepsie et meme dans les etats cachec-
tiques ou toute alimentation est repoussee, la
Gamine Lefrancq s’est toujours montree
souveraine pour le reconfort de ces malheu-
reux. Je vous renouvelle mes compliments
pour I’excellence de votre produit.
Docteur H. Pavillard,
Hdricourt (Haute-Saone),
Instantane de Gustave FLAUBERT, par TAINE
Ua grand vlgoureux homme, un peu carre, a glosses
moustaches, I’air assez lourd, I’apparence d’un capitaine de
cavalerie deja fatigue et qui aurait pris des petits verres.
De la force et de la lourdeur, voila le trait dominant de
sa conversation, de son ton, de ses gestes. Rien de fin,
mais de la franchise, du naturel : c’est un homme primitif,
un revenr et un sauvage )). Il a dit lui-meme'ces deux
iliers mots. C'est un piocheur ohstine, qui force son imagina-
II et qui en suhit les accidents...
L’aniour maternel et I’amour filial sont A
dans tons les coeurs, mais ils n’y ont pas
la meme valenr. Preferer son enfant an
reste du monde, c’est seulement suivre
I’instinct commun a tons les animaux. Pre¬
ferer sa mere au reste du monde, c’est obeir
a la justice, a la reconnaissance, a la raison
cpie la nature u’a donnee qu’a I’homme : on
doit juger une ame non pas sur ses senti¬
ments en general, mais sur le choix qu’elle
fait parmi ses propres sentiments.
Comtesse Diane v
Les caracteres genereux acceptent sans
emharras en pensant qu’ils donnent le
bonheur de donner.
Les caracteres avides demandent sans
honte en ne pensant qu’au profit de re-
Les caracteres ordinaires, ni avides, ni
genereux, ne veulent ni demander ni
recevoir, et ne comprennent pas qu’il y ait
des gens pour qui la reconnaissance ne
soit pas un fardeau.
Comtesse Diane
ne pas I’apercevoir cn rentrant du Cercle... X
puisqu’il est convcnu qiie vous rentrez du X
Cercle, si tard, cliaque iniit... A present ^
que vous etes fixe sur I’authenticite de ma v
lettre, lisez-la attentivement et meditez-la : T
ce n’est pas une plaisanterie. ^
... Voila trois ans, jour pour jour, raon $
cher ami, que nous sommes niaries. Avouez ^
que vous ne vous etiez point apercu de X
I'anniversaire?... Moi, je ne I'aurais pas X
VOS parents et pour les miens, pour nos
amis pour le monde. nous sommes de
jeunes maries... Vous avez trente-deux ans;
j’en ai vingt-trois; vous etes elegant, je
suis jolie; ne serait-il pas nalurel que noti e
amour eut dure I’espace d’une liaison
ordinaire?... Voila ce que pense le monde...
Et pourtant, nous qui sommes dans les
coulisses de la comedie, nous savons que,
depuis plus d’une annee, nous ne sommes
plus des amants et que (ne vous recriez
□-c
____ _-c
La CARNINE LEFR.ANCQ est preparee avec de la chair de boeuf
- □
©
si recente, qu’on pent dire qu'elle est encore VIVANTE, et c’est pour-
quoi elle renferme - intacts - tons les ferments de la VIANDE CRUE.
□ -
____ _ □ - □
CHANTECLAIR
pas, j’ai mai'cjue les jours sur le calendrier,
ail cours tie cette tlerniere annee) nous
avons ete des epoux neuf fois, ni plus ni
moins. Ces ncufpauvres fois vont d’ailleurs
s’espacant de jilus en plus, et depuis le mois
d’octobre... vous m’entendez?... Or, nous
somraes en janvier, pres de la Hu de
janvier!...
C’est sur ce point que je me permets
d’appeler votre attention, mon cher epoux.
Observez combien votre conduite a inon
endroit fut deraisonnable.
Vous m’avez prise dans ma famille, vierge
de corps et d’esprit, je vous I’assure, ne
sacbant rien de rien de I’amour. A ce mo¬
ment-la, vous m’auriez simplement installee
dans le lit Louis XV, vous m’auriez baisee
sur le front et vous vous seriez retire dans
votre cbambre, que — ma parole! — je n’y
aurais rien trouve a redire; cette vie de
bons camarades m’eut enchantee... Au lieu
de cela, qu’avez-vous fait?... Vous avez, des
le premier soir, pietine mes ignorances ; j’ai
appris I’amour sans que rien m’y eut jire-
paree... Remarquez que je ne m’eii jilains
pas : il parait que c’est I’usage. Triste usage
qui fait du manage une sorte de viol, quand
il serait si facile d’en faire au moins une
seduction!... Mais passons : la nature est la,
lieureusement, qui repare, et vite, les mala-
dresses des bommes.
Il me fallut peu de temps, je le confesse,
pour vous aimer, Raoul, non jibis en jeune
fille, mais en femme. Vous daigniez mcme
declarer, en ces jours heurcux, que j’avais
« du temperament »; c’etait votre mot.
Seulement, a mcsure que je m’animais, vous
sembliez, vous, devenir moins amoureux,
plus distrait. La nouveaute de tenir une
vierge entre vos bras n’amusait plus votre
imagination blasee, et deja vous compariez,
sans doute, les pauvres caresses naives de
votre femme aux caresses savantes des mat¬
tresses d’antan.
Quand ariiva le second anniversaire de
notre mariage, vous aviez une mattresse.
Vous avez une mattresse : tout Paris le
salt, et moi comme tout Paris. C’est une ca-
botiue que vous payez; elle vous trompe :
tout Paris sait egalement ceci, hormis vous,
bien entendu. Apprenez, d’ailleurs, de mon
experience deja inurie par les confidences
des antres femmes, cette verite : Toiitc
femme qtiiin homme pmje, trompe cel
homme; et en le trompant, en se donnant
pour rien a un autre, elle se i-eleve a ses
propres yeux...
Mais cela m’importe peu. Ce qui m’im-
porte, c’est le delaissement on je suis depuis
le commencement de cette belle liaison.
Presque du jour au lendemain, il m’a fallu
changer de regime : jiasser d’un ordinaire
abondant et succulent a la frugalite et a la
diete. Comment vous imaginez-vous done,
cher ami, que j’ai I’estomac fait pour m’in-
fliger une pareille epreuve ? Esperez-vous
regler mon a2Jpetit a volonte? Mais, mon
cher ami, vous etes, pour la prudence, au-
dessous de ce bourgeois dont I’aventure
ridicule vient d’etre contee aux juges, et
qui, defiant de ses moyens, administrait du
moins des calmauts a sa comjiagne!...
Je suis une honnete femme; je desire
respecter votre honneur : la lettre que je
vous ecris en ce moment en est la preuve;
j'ai supporte mon abandon sans me plaindre
et de mon mieux, tant que ma volonte y a
suffi : mais cette fois je vous avertis, jevous
crie : « Au feu! » jiarce qu’un jietit incident
m’a montre aujourd’hui meme que ma vo¬
lonte m’echaijpe, et que mes resolutions
d’honnetete sont a la mere! d’une ardeur de
sang, d’un eblouissement passager... J’ai
promis devousracontercetincident. Levoici:
Vous savez peut-etre que je recois le
lundl : j’ai done recu aujourd’hui. Il vient
chez moi nos amis que vous connaissez, et
aussi un certain nombre de jeunes gens que
vous connaissez peu. Que voulez-vous?
N’imjjorte qui, pour avoir dine dans le
monde a cote d’une femme, se croit en droit
de deposer le lendemain un carton chez cette
femme, et de s’y presenter dans la semaine.
Les relations masculines s’etendent rapide-
ment ainsi, surtout quand la jeune femme
est notoirement delaissee jiar son mari, et
c’est mon cas, mon cher Raoul. J’ai done
bon nombre de jeunes visiteurs le lundi; et
je dois leur rendre ce temoignage, que tons
me font une cour assidue et s’offrent gene-
rensement a vous remplaeer le jour ou je
me deciderai a vous tromper.
Or, aujourd’hui, vers si,x heures et demie,
— par un de ces hasards qui vident tout
d’un couji un salon plein I’instant d’avant,
je me suis trouvee en tete-a-tete avec I’lin
des candidats... Ne montez jias sur vos
grands chevaiix, vous ne saurez pas son
nom, et vous ne pouvez guere jirovoquer
tons ceux qui sont venus, n’est-ce jias ?...
Done, le candidat en question, ajires une
minute de silence embarrasse, a iiris subi-
tement un jiarti inconcevable, un parti de
timide enrage ; il s’est precipite sur moi,
m’a enlace la taille et in’a devore les levres
Le Profcsseur ROGER
CHANTECLAIR
Vous croyez peut-etre que j’ai rcsiste’Eh
bien! moii cher, pas clii tout. II y avait en
moi, a mon insu, un tel besoin de caresses
que j’ai perdu le vouloir au premier contact.
J’ai ete, une secoude, a la merci de cet
homme que je n’aime pas. 1 I’a bien vu; il
allait profiter de ses avantages et deja s’ega-
rait, quand, par bonheur pour vous... on a
sonne... C’etait une de mes amies de pen¬
sion... Le jeune conquerant, rouge comme
un coquelieot, a regagne prestement son
f’auteuil. II etait temps; si I’amie etait entree
cinq minutes plus tard, votrc compte etait
regie, mon pauvre Raoul...
...L’homme qui a failli devenir par sur-
1 prise I’amant de votre femme ne remettra
^ plus les pieds chez moi, je vous le promets..
£ Ce que je ne puis pas vous promettre, c’est
J de ne pas courir une seconde fois le danger
+ couru aujourd’hui, et, damell’amie de pen-
T sion n’arrivera peut-etre plus si a propos.
Je vous eonfesse loyalement ma faiblesse :
W je me sens actuellement a la merci d’un
J audacieux... Le feu est a votre maison, cher
T ami : s’il vous est indifferent qu’elle brule,
X eontinuez votre vie d’amour extra-conjugal!.,
y Sinon, comme, Dieu merci! I’incendie n’a
$ pas fait beaucoup de ravages, vous pourriez
^ peut-etre I’eteindre... cette nuit encore...
$ Marcel Prevost.
UN CAS DESESPERE
Je tiens a vous confirmer que depuis 10 ans que je prescris
systematiquementla Carnine Lefrancq, je n’ai jamais eu demecompte.
Docteur J. P^raldi, a Toulon (Var).
La pile dcs injures est celle
quo la diguite defend d’oublier.
La beaute attire, I’esprit
amuse, le cmur retieut.
Lomtesse Diane.
A tous les tuberculeux je fais prendre de la Carnine Lefrancq,
produit, que je regarde comme superieur de beaucoup a toutes les
preparations et aux elixirs vantes a faux par la presse comme efficaces
dans la tuberculose.
Les pretuberculeux retirent principalement de grands avantages
de la Carnine Lefrancq, qui, en peu de temps, les ramene a une
sante parfaite.
J’ai vu egalement des tuberculeux, au !'■ degre, permettre a leurs
lesions de se cicatriser par I’emploi de la Carnine Lefrancq. La sante
de trois de ces malades est actuellement aussi satisfaisante que possible.
Je dois egalement rapporter un cas
curieux. A 15 kilomMres de Longny,
habitait une jeune fille (18 ans) atteinte
de peritonite tuberculeuse. Un confrere
qui la soignait jugea un instant son etat
si desespere qu’il fit part de son im¬
pression a la famiUe. Mande a ce moment,
j’administrai de la Carnine Lefrancq a
cette jeune malade, qui est actuellement
en parfaite sante.
Docteur L. Roue,
de la Facultd de Mddecine de Paris,
Longny (Orne).
I’lieure juste, ou en retard;
scion qu’on aime, qu’oii aime
Lomtesse Diane.
CHANTECLAIR
Le Professeur ROGER
Geon;es-Eugene-Henri Roger est ne a Paris en 1860. 18S1 il
Interne en 1883, puis preparateur du Laboratoire de Pathologic generale en 188o,
etait recu docteur en 1887, avec nne these snr « 1’Action du foie sur les poisons),. Devenn
rlipf dil l aboratoire dont il avait ete le preparateur, il reussissait, dans la meme anne -,
des Hbpitaux et de ’A^.gation. Eu 1905, ^
logic cxperinienlale, abandonne'e par M. Chantemesse, qui avait optc poui 1 Hygiti
a„ Mj*. ™ 1«,
le docteur Roger avait supplee le professeur Bouchard dans sa chaiie de patbo ogie geneia ,
et eifigOoTavait rempli les fonctions de secretaire de la Section de pathologic generale
'""PeriiTouTd’abord, portant ses investigations sur lorigine des maladies
eludie la biologic des microbes et recherche les causes de developpemeiit - ^ ’
geant les pioccssus d'into.xications et d auto-intoxications (dans le Irmie * ^»
generale du professeur Bouchard), il recherchait quels sont es > h^meurs
I’organisme contre les intoxications et les substances toxiques des tissus ct des ^
Ponduit ainsi >^ur le terrain de la pathologic generale et de la pathologic comparee, il decii
vait dans le Traite de Medecine de Charcot-Bouchard, les maladies inlectieuses communes
TAoZe l t: animaux, et .tudiait rPresse ^Micale,
animaux. Enlin, envrai medecin, il completait cette muvre 1^
1 t t n t les infections : bacteriotherapie, serotherap.e lavages "
Teaii oxygenee, chlorure de calcium dans les hemorragies, duree de
On doit au urofesseur Roger une « Introduction a I’Etude de la Medecine )) qui est
une somLire- " n , 1 1 I tl ologie genO-ale, que tons les audiants devraient
avoir dans leiir petite hibliotheque. Enlin le « Dictionnaire encyclopedique des sciences
medicales » le compte parmi ses actifs collaborateurs. |ol,eur
Le docteur Roger n’a pas cependant ete ahsorbe tout entier pai c ‘ -
Sous le pseudonyme d’Henriot, il a ecrit une piece en deux actes, ^
au theatre Antoine en 1905, et on Ton voit un magistrat, qui a assassine iin de ses coUegues
sans en avoir conscience, charge de rinstruction de cette affaire.
Lc professeur Roger est chevalier de la Legion d honneui.
PORTRAIT-CHARGE. - Ee professeur Roger, (
- SIROP ou GLOBULES -
BOV’HEPATIC
Prepare dans le vide et a froid avec les
foies des hoeufs de la Carnine Lefrancq.
Chaque cuilleree a bouche de strop ren-
ferme les principes solubles de 50 gr. de
Chaque globule renferme 0 gr. 25
d'extrait hepatique soluble.
INDICATIONS. - Tou
I de ITnsuffIsance hdpatique
mce et aggravdes par elle :
s, Arteriosclerose, Cirrhosei
es, Constipation, Urticaire, Derm
Le Flacoii de 15 cuillerees a ioticlie ou celui de 50 aioOules : 6 francs
JLitteraturs et echantilhn xur demand!
compliqudes de d
iees de I’Arthritisme, Nephrit
I
CHANTECLAIR
TUBERCULOSE
CONVALESCENCES
MALADIES DE L’ESTOMAC
LA MOSQUEE D’OUDJDA (Maroc)
d'apres une photographie communiquee par
M. le Medecin Major Duffaa.
De Ids cmllere.es d bouche
par jour, d n’importe quel
moment, pare ou additionnee
d’un liquide qaelconque eau
minerale ou naturelle, the,
:: :: lait, etc. :: ::
□ I O
V
Renferme tous les Ferments
¥I¥A!^TS
de la VIANDE de BCEUF
PUR sue DE VIANDE DE BCEUF CRUE
dans LE VIDE el A FROID par un prOc£d£ DRposfi a l'acadLmie de mLdecine
Depot Ge'neral; ETABLIS8EMENT8 FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, PARIS
Ne cherchez pas un
ReconsHtuant
RAFIBE
IL N’EXISTE PAS ENCORE
RUINES D’UNE KASBA MAROCAINE
d'apres une photographie communiquee par
M. le Medecin Major Duffau.
CHANTECLAIR
LA CHANSON DU RAYON DE LUNE
GUY DE MAUPASSANT
Sais-tu qui je suis ? - Le Rayon de Lune.
Sais-tu d’ou je viens ? — Regarde la-haut.
Ma mere est brillante, et la nuit est brune.
Je rampe sous I’arbre et glisse sur I’eau ;
Je m’etends sur I’herbe et cours sur la dune ;
Je grimpe an luur noir, au tronc du bouleau,
Comme un maraudeur qui cherche fortune.
Je n’ai jamais froid, je n’ai jamais cbaud.
Sais-tu qui je suis ? - Le Rayon de Lune.
Et sais-tu pourquoi je viens de la-baut?
Sous les arbres noirs la nuit etait brune;
Tu pouvais te perdre et glisser dans lean,
Errer par les bois, vaguer sur la dune,
Tebeurtcr, dansl’ombre,au tronc du l)ouleau.
Je veux te montrer la route opportune;
Et voila pourquoi je viens de la-baut.
Si j’avais a douer une
femme, je ne lui don-
nerais pas une perfec¬
tion de formes qui put
faire aimer sa beaute
sans elle ; je voudrais
que son charme fut
dans I’expression, pour
qu’il ne devTnt puis¬
sant que sur I’bomme
epris de son ame.
COMTESSE
Farce qu’on a plu, on croit qu’on plaira tou-
jours; paree qu’on est aime, on ne prend plus
soin d’etre aimable etpourtant ilest bienplus
difficile de conser-
ver que d’acquerir.
On feint d’etre
etonne et recon-
naissant des dis¬
tinctions dont on a
ete I’objet, afin de
se creerle droit et
le pretexte de
les raconter.
AU DERNIER DEGRE DE LA CHLORO-ANEMIE
J>ai obtenu des resultats si beureux avec la Gamine Lefrancq que je cousidere
comme un devoir de vous le dire.
Parmi les guerisons et les ameliorations obteiiues, Tune m’a frappe. ^
Une femme X..., de Longeeourt, pres Arnay-le-Duc, etait arriyee an dermcr deyre dc la
vhloro-anemie, sans qu’aucun des medicaments babituellement utilises ait produit la momdre
amelioration. Au fur ct d mesure qii'eUe prcnait la Gamine Lefrancq, appe i '
Huit, les forces reveuaienl. L’ayant momentanement suspendtie avec iiAention, la faiblesse
revint; il suffit de la prescrire' a nouveau pour obtenir une giierison deftnitive.
Chez les tuberculeux, les cancereux, et en general ehez tons les deprimes elle offre au
mMecin le moyen efficace de relever les forces et surtout, plienomene constant de raui^er
I’appetit. Veuillez agreer toutes mes felicitations pour votre heiireuse application c e p
cipes de la zomotlierapie. Docteur Rogier, Arnay-le-Duc ( ote r).
CHANTECLAIR
1
ETUDE
Reproduction par la photographie des couleurs d’un tableau d’Alfred Agache,
au Musee du Luxembourg, a Paris
ANOEEXIE
disparait toujours et trte rapidement avec un seul flacon de Carnine Lefrancq,
marque 5 fr. 50
i
COMMENT VICTOR HUGO FIT REPRESENTER “ANGELO”
Le Roi s’amuse tombe n’avait pas em-
peche le Theatre-Francais de redemander
a I’auteur une piece depuis la reussite
&latante de Lucrece Borgia. M. Jouslin
de Lassalle etant revenu en fevrier 1835,
M. Victor Hugo lui repondit qu’il achevait
dans ce moment un drame qui exigeait
deux actrices de premier ordre. Le Theatre-
Francais avait M»e Mars et pouvait engager
Mnie Dorval qui etait libre, mais il s’agissait
de savoir si Mars consentirait a jouer
avec M™o Dorval. Quant a celle-ci, elle
jouerait avec qui Ton voudrait.
L’auteur lut Angelo a Mll'> Mars. L’actrice
habitait rue de la Tour-des-Dames, dans
un hotel oil Ton arrivait par une avenue et
par des escaliers en amphitheatre. L’auteur
fut introduit dans un salon meuble scion le
gout empire. Un gout plus recent y etait
represente par un tableau-pendule fignrant
une eglise de village dont le clocher a ca-
dran carillonnait les heures. Ce carillon se
mela a la lecture d’Angelo.
M. Victor Hugo n’avait pas revu Ml'i' Mars
depuis qu’il lui
avait refuse jI/u-
rion de Lonne.
Elle fut tres ai-
mable.ecoutala
piece avec inte-
ret, lui dit qu’il
avait fait dc
grands progres
comme lecteur,
et loua meme le drame en des termes
auxquels elle n’avait pas accoutume Tauteur
d’Hernani.
— Certainement, je jouerai, dit-elle, et
avec votre M™e Dorval ! Les deux roles sont
tres beaux. Voyons, vite, quel est le mien ?
— Celui que vous choisirez.
Catarina, mariee, chaste, convenait a
merveille an talent honnete et decent de
M"“ Mars; mais la Tisbe, fille des rues,
violente, dereglee, semblait faite pour le
talent boheme et libre de M'"'^ Dorval.
Mile Mars prefera done la Tisbe.
Le drame, dans son etat primitif, avait
AUCUNE des preparations qu’on oppose a la CARNINE L.EFRANCQ
ne peuvent lui etre comparees a AUCUN point de vue.
CHANTECLAIR
cinq actes. La mort d’Horaodei, au lieu
d’etre en recit, etait en action. Rodolfo allait
punir I’espion dans un bouge de bandits oil
se melaient le vin et le sang. Apres la lecture
au comite, MM. Taylor et Jouslin de Lasalle
vinrent trouver I’auteur; I’acte des bandits
les inquietait; le Roi s’amuse avait du en
partie sa chute au bouge de Saltabadil; le
bouge d’Homodei ferait toraber Angelo ; il
n’etait pas indispensable au drame ; la mort
d’Homodei pouvait etre racontee en quelques
mots ; ils obtinrent de
I’autenr la suppression
de I’acte.
Les repetitions fu-
rent curieuses par la
rencontre des deux ac-
trices celebres. M'lo
Mars traitait M™® Dor-
val avec la hauteur
aristocratique d’une co¬
medienne du Theatre-
Francais, forcee de
s’encaTiailler avee une
echappee du boule¬
vard ; elle n’en sentait
pas raoins que c’etait
une rivale serieuse,
elle etait en nieme
temps humiliee et ef-
frayee, et c’etait un
singulier melange de
mepris et de haine.
Mnie Dorval, elle, etait
souple et caressante;
elle repondaitaux bru-
talites par des flatte¬
ries ; elle etait toute Mademc
pretea se trouver bien
bardie, en effet, de mettre son pied melo-
dramatique sur ces nobles planches du
Theatre-Francais ; elle se faisait toute
humble et toute petite, quitte a se redresser
devant le public.
Elle repetait en dedans, ne demasquait
aucun effet, etait terne, eteinte, nulle.
Mile Mars se rassurait et se felicitait du bon
calcul qu’elle avait fait en prenant le role
qui lui allait peu; mais comme Catarina
allait encore moins a M™e Dorval ! Cette
femme sans frein et sans retenue dans un
role de purete et de dignite ! elle etait ca¬
pable d’y etre sifflee. Mais, a une repetition.
Mine Dorval s’oublia et joua tellement que
I’esperance de MUe Mars s’evanouit ducoup.
Elle ne put se contenir et, au troisieme
acte, interrompit I’acces de colere de Cata¬
rina centre Angelo et centre la Tisbe.
— Dites-donc, monsieur Hugo, quelle
mine voulez-vous que je fasse, moi, pen¬
dant que madame m’injurie de cette agreable
facon ! Est-ce que vous ne trouvez pas les
injures qu’elle me dit bien longues?
— Pas plus longues, madame, que celles
que vous lui dites, vous, a I’acte precedent.
— Oh ! moi, dit Mme Dorval, je ne trouve
pas les injures de madame trop longues.
Quand les choses sent si belles, j’ai au-
tant de plaisir a les ecouter qu’a les dire.
Mile Mars se tut. Mais,
lelendemain, elletrou-
va qu’elle avait a dire
bien des choses inuti¬
les, qu’elle ne savait
comment se tirer de
toutes ces grandes
phrases, et que son
role aurait besoin de
larges coupures. L’au-
teur refusa de rien
couper a M'le Mars, et
Mme Dorval put dire
tout son role.
Mme Dorval, s’etant
trahie une fois, ne se
gena plus pour repeter
de son mieux. Cata¬
rina empoisonnee par
dans sou oratoire.
Mme Dorval, a ce
moment, fut si tou-
chante et si vraie, que
les quelques personnes
presentes I’applaudi-
E MARS ,.ent. L’acte ffni, M""
Mars vint a I’auteur.
— Vous n’ecoutez pas mes conseils, lui
dit-elle en essayant de sourire; je vieus
pourtant vous en donner encore un. Si
j’etais vous, je changerais le genre de mort
de Catarina. Toujours du poison 1 Vous en
avez mis dans Hernani, vous en avez mis
dans Lucrece Borgia, vous en remettez
dans Angelo. Vraiment, e’est trop. D’abord,
ce n’est pas beau a voir, ces contorsions.
C’etait bon dans Hernani, parce que c’etait
la premiere fois.
— Ce n’etait pas encore la premiere fois,
madame. Je n’ai pas invente le poison, je
I’emploie, comme Corneille I’a employe
dans Rodogune, comme Shakespeare I’a em¬
ploye dans Romeo et Juliette, ce qui ne
I’a pas empeche d’en employer encore
dans Hamlet. On I’avait employe bien des
fois avant Hernani et on I’emploiera bien
r
Lc Doctcur Ser^c-Samucl VORONOFF, du Cairc
CHANTECLAIR
des fois apres Angelo, moi tout le premier.
N’ayaiit pas encore reussi de ce eote,
I'actrice en vint aux voies de faits, et
a la repetition suivante, a I’instant ou
Mine Oorval se dirigeait en chancelant vers
I’oratoire, Ml'e Mars, qui etaitde I’autre cote,
traversa le theatre et vint tout bonnement
se camper de facon a cacher aux spectateurs
la sortie de Catarina.
Cela depassait la guerre permise. L’auteur
intervint et rappela a I’actrice que sa place
etait de I’autre cote. Elle repondit qu’elle
se trouvait mieux ou elle etait. M. Victor
Hugo reprit qu’il etait, lui, de I’avis con-
traire, et que c’etait a I’auteur de juger ce
qui valait mieux pour la piece. Elle
repliqua que c’etait a I’actrice d
juger ce qui valait mieux pour
I’actrice. II eut beau dire, elle
refusa absolument de bouger.
Alors il perdit patience,
comme a Hernani. II declara
qu’il avait rencontre bien sou-
vent I’envie, mais que c’etait la
premiere fois qu’il la voyait s’a-
vouant et s’etalant, et que les
femmes qui montraient leurs
corps lui semblait pudiques
a cote de cette nudite de
VICTOR HUGO
vingt-huit am
1 amour-propre. Et a quoi
bon ? qu’est-ce que Ml>“ Mars esperait ?
Elle avait bien pu etoulfer de pauvres debu¬
tantes sans reputation faite, et encore in-
connues, mais est-ce qu’elle s’imaginait
qu’elle annulerait M'*m Dorval, son egale
en talent et en succes ? Et, comme elle tres-
saillait a ce mot, il le repeta : — Votre egale,
entendez-vous, en talent et en succes! et si
ce que je vous dis vous deplalt, vous etes
libre de rendre votre role. Du reste, il est
inutile que nous continuions a repeter. La
piece sera jouee comme je I’entends, ou elle
ne sera pas jouee.
Cela dit, il leva la repetition et quitta le
theatre.
Dans la soiree, M. Victor Hugo recut une
lettre de Mme Dorval :
« Si M"n Mars ne veut pas ceder, faites-
lui la concession qu’elle de»nande. Ce n’est
pas seulement dans cette sortie qu’est le suc¬
ces, mais aussi dans les adorables choses
qu’il n’est pas en son pouvoir d’enlever.
Est-ce votre ouvrage seul, dites, que vous
avez voulu defendre ? J’ai emporte et je
garde I’idee que vous avez voulu me proteger
aussi, et j’en suis Here et heureuse. Mais ne
vous fachez pas tout a fait contre M>l<i Mars.
Vous etes toujours pret a prendre de ces
resolutions qui me font trembler. S’il me
fallait laisser ce role qui seul me retient au
theatre, je serais bien triste. »
Le directeur n’etait pas moins suppliant;
« J’appreuds a mon arrivee, que vous avez
eu de nouvelles difficultes pour une position
de scene, et que vous ne voulez plus revenir
a la repetition de votre ouvrage si M'luMars
ne fait pas ce que vous desirez. Je pense que
vous avez raison de demander que Ton exe¬
cute ce que vous exigez; mais est-il bien
indispensable au succes de I’ouvrage que
cette position soit precisement celle que
vous demandez ? Ne pourrait-on arranger la
de maniere a ne point vous nnire
a satisfaire tout le monde ? Il me
semble qu’une place occupee un
peu plus en face ou un pen plus
de cote ne pent en rien em-
pecher le succes d’un ouvrage
comm le votre.Vous avouerez
qu’apres des ftudes faites, des
depenses tres fortes engagees,
un lesultat tres difficile en par-
tie obtenii, il serait bien cruel
d’etre arrete au moment de la
representation. Soyez le plus
raisonnable, je vous en prie,
venez demain a la repetition
et nous arrangerons tout cela.
I’embarras dans lequel je me trouve-
rais, moi, et faites un peu pour un pauvre
directeur ce que vous ne feriez pas pour
vous-meme. Je compte sur vous demain, et
venez, je vous en suppiie, avec des idees de
conciliation. »
M. Victor Hugo alia le lendemaiu a la
repetition. Au moment de la mort de Cata¬
rina, Mill Mars se mit d’elle-meme a la place
qu’il lui avait indiquee. Elle etait fort
radoucie. Apres la repetition, elle le pria de
venir voir ses costumes. Il s’empressa d’y
aller. Pour ses costumes de dona Sol, il lui
avait apporte de tres beaux dessins de
M. Louis Boulanger, d’apres les tableaux et
les gravures du temps ; elle les avait trouves
bideux et lui avait dit (( de remporter ces
barbouillages )). Elle avait coiffe dona Sol
d’un beret qui avait ete I’aonnement des
peintres, nombreux a Hernani. Le beret de
dona Sol reparaissait sur la tete de Tisbe,
avec des enjolivements qui faisait hesiter
I’oeil entre un turban et une roue de cabrio¬
let.
Voyez
Ah! dit I’auteur consterne, ■
remettre encore cela?
— Oui, cette coiffure me va
Elle me fait toute jeune. Vous av
CHANTECLAIR
portrait de Gerard en moscovite ? C’est cette
coiffure-la. , rp- . -
M. Victor Hugo hasarda que la iisUe
n’etait pas precisement une moscovite, mais
une italienne; mais il n insista pas, ne vou-
lant pas recommencer les querelles pour un
detail d’habillement.
La veille de la representation, il eut soin
de se faire montrer I’affiche. Comme il I’avait
prevu, le nom de M'le Mars eclatait en
vedette et celui de Dorval etait relegue
obscurement apres leS figurants.
_ Il y a une erreur, ditdl.
— Laquelle ? fit le regisseur.
Mars se trouvait la. M. Victor Hugo
lui presenta I’affiche :
— Madame va vous le dire.
— Oh 1 je ne me mele pas de I’affiche!
dit-clle, en tournant le dos et en sortant.
Le directeur objecta qne la vedette etait
un privilege de MU® Mars, que tous, excepte
elle, etaient egaux et affiches par rang d’an-
ciennete, les pensionnaires apres les soeie-
taires, et que M^e Dorval, la derniere venue,
devait etre la derniere nommee. M. Victor
Hugo repartit que M™“ Dorval, specialement
engagee pour son drame, n ftait pas une
pensionnaire ordinaire, et que, d ailleurs,
du moment qu’on faisait une exception pour
une autre, on pouvait en faire une pour
elle. M™® Dorval eut la vedette aussi.
Mile Mars ftait de fort mauvaise humeur
en s’habillant pour la representation.
— Excusez-moi si je ne cause pas, dit-
elle a I’auteur. Mais c’est vous qui me pres-
sez, puisque vous m’avez mise de la premiere
scene. Vous savez que c’est la premiere fois
que je joue en lever de rideau.
L’auteur alia chercher meilleur visage
dans la loge de M™'^ Dorval. Elle lui sauta
au cou, dit qu’elle n’avait jamais eu de plus
beau role, qu’elle en raffolait, et de Tisbe
aussi, et de toute la piece, et elle interpellait
son marl qui etait present: — N’est-ce pas.
Merle ?
M. Merle acquiescait, moins froide-
ment qu’a son ordinaire; il etait, de sa
nature, assez indifferent et craignait d’etre
de mauvais ton en epousant trop les admi¬
rations de sa femme.
Il y avait dans la salle deux publics bien
distincts, celui de M"“ Mars et celui de
Mme Dorval, les gens graves, gourmes,
empeses, pinces, enrichis ou titres, que les
artistes appellent les bourgeois, et les spee-
tateurs ardents, jeunes, vivants, tumultueux.
desordonnes que le monde appelle les
bohemes.
L’entree de M»« Mars fut saluee chaleu-
reusement par les bourgeois et par les cla¬
queurs. Les bohemes s’abstinrent. Le pre¬
mier acte interessa et charma. M. Beauvalet
fut un Angelo saisissant. M>'» Mars dit, sans
profondeur, mais avec une sensibilite tres
bien jouee, le recit de sa mere sauvee du
gibet. La scene de la clef rentrait mieux dans
ses habitudes de comedie; elk en cisela
chaque mot, et y fut applaudie d’un bout a
I’autre. Il n’y eut pas dans tout I’acte un
seul moment d’opposition.
C’etait maintenant le tour de M'ucDorval.
Quand elle parut, les bohemes essayerent
de lui faire a elle aussi « une entree )), mais
ils furent chutes par les bourgeois et un pen
par les claqueurs. La grande actrice sentit
qu’il fallait vaincre ou perir, et joua, non
avec son talent ordinaire, mais avec son
talent extraordinaire. Elle fut d une telle
realite, d’une passion si jeune, d’un abandon
si chaste, que les bourgeois memes furent
entraines et soupconnerent presque la dis¬
tance qu’il y a d’un talent compose a un
talent spontane.
M"r Mars etait dans les coulisses, atten¬
dant sa scene.
— Eb bien, dit-elle a I’auteur, j’espere
qu’on I’applaudit assez votre actrice ?
— De laquelle parlez-vous ? demanda
poliment I’auteur?
— Oh ! de celle a qui vous avez donne le
meilleur role.
M. Victor Hugo aurait pu lui repondre
qu’elle avait choisi, mais il venait d’aperce-
voir a la main de Tisbe la lampe avec laquelle
elle entre dans la cbambre de Catarina.
C’etait une lampe tragique et mytbologique,
retrouvee evidemment dans les fouilles
d’Herculanum. Il n’en dit rien, pour ne pas
mecontenter la comedienne a I’lnstant de sa
scene principale, mais il ne put se taire en
lui voyant sur la tete son eternel beret. Il
lui fit remarquer que, pour sauver Catarina,
elle allait dire a Angelo qu’elle etait venue
en manteau d’homme et qu’elle « avait aussi
le chapeau )) ; le public se demanderait
comment Angelo pouvait croire au chapeau
en voyant le turban.
— Bah ! dit-elle, est-ce que le public fait
attention a ces choses-la?
Et Tisbe entra chez Catarina avec une
lampe antique et un bonnet russe.
Madame Victor Hugo.
Neurasth^nie ^ CARNINE
LEFRANCQ Tuberculosa
CHANTECLAIR
Le Docteur Serge-Samuel VORONOFF, du Caire
Sei-L^e-Samuel Voronoff est ne a Voronege, en Russia, le 10 juillet 1866. Venu a Paris a
I-,. Hp 18 ans il v termina ses etudes classiques et y fit ses etudes medicales. HnTint
® Externa des Lpitaux eu 1890, il passait successivement dans les serv.ees de Hanot,
Verneuil, Ricard et Pean, et passait sa these eu 1893, ave.
etude sur les Treves morbides, dans laquelle il abordait q
ques-uns des problemes les plus interessants de la patho-
loeie moderne.
Le Docteur Voronoff etait naturalise francais par
decret en date du 30 noveinbre 1895. C’est alors que,
sollicite de s’installer au Caire, le jeune chirurgien
auitta Pean, dont il etait reste I’assistant, et devint
medecin-couseiller du KhMive. En 1898, le docteur
Voronoff creait, au Caire, uiie Societe medicale Inter¬
nationale, et bientot apres travaillait a I’organisation
d’un congres consacre a I'etude des maladies spe-
ciales aux pays chauds. Ce congres, dont le projet
avait ete aecueilli avec un grand scepticisme, nul ne
pouvant admettre qu’une reunion de savants put avoir
lieu sur la terre d’Afrique, se tint en 1902, et eut un
succes qui depassa toutes les previsions.
C’est a ce Congres que M. Voronoff presenta sc__
rapport sur le Traitement chirargical des abces du foie, ^
oil est etablie une statistique iiiedite de plus de 960 ope¬
rations d’hepatite siippuree. On doit aussi a ce jeune savant
des Etudes de Gynecologic et de Chirurgie geuerale {chezUidoine), . nombre
un Manuel pratique d’operations gynecologiqiies Doin) d 9 ■
d’audes piibliees dans les Archives orientales, de Pans, dans le mine
Medicale du Caire, dans la Revue de Ggnecologie, de Pans, etc. , annexee a
En 1908, le docteur Voronoff a ouvert une Eeole g.jtuite de guides ma^ades a^
soubdpital; et il vient de louder uu .fotabmla mddicales
d’Eggpte, paraissant deux fois par mois, et auqiiel coilaDoieni
... off.™.- 0“
PORTRAIT-CHARGE. — Le Docteur va procecler a la ligatur
dans son liopital de Choiibrah; pendant ce temps, la .
de danse du ventre en I’honneur <U Congre isle (Cong, e de M. .leune
e du Docteur Voronoff). Protesseurs et Majois mangel
•appendicc (appendiceeloiiu
ipeclale aux pays chaiids, a
•_oniiioT' lf» Mait.r
PHRYNE, la courtisane grecque, que les Atheniens surnommnent « *’
en raison de son habiletd i passer au crible les plus grosses fortunes fut d aprfes
une tradition, accusee d'impiete, et defendue, devant le tribunal ^
Hyperide. Elle allait etre condamnee, quand I’orateur imagina de sou eve
de sa cliente : la beaute de la femme desarma les juges. 2 -
la destmction de Thfebes, par Alexandre, elle aurait offert de ^ .
M, . I. co.d,.i,n ,u’..
. Alexandre I’a detruite, Phryne I’a rebatie >, les Thebams retuserem.
aussi. que, fiere de la puissance de sa beauts, elle pana un f/aim succomber
la vertu de I’austere philosophe Xenocrate. Ses efforts ayant echoue, elle refu a de
payer I’enjeu, en disant qu'elle avait pari« de sMuire un homme et non une statue.
Phryne servit de modele 4 Praxitele, pour ses statues d’Aphrodite.
(Voir noire Reproduction page 6).
LA MORT DU DAUPHIN
Le petit Dauphin est malade, le petit
Dauphin va mourir. Dans toutes les eglises
du royaurae, le Saint-Sacrement demeure
expose nuit et jour et de grands cierges
hrulent pour la guerison de I’enfant royal.
Les rues de la vieille residence sont tristes
et silencieuses, les cloches ne sonnent plus,
les voitures vont au pas. Aux abords du
palais, les bourgeois curieux regardent, a
travels les grilles, des suisses a bedaines
dorees qui causent dans les corns d'un air
important.
Tout le chateau est en emoi. Des cham-
bellans, des majordomes montent et descen-
dent en courant les escaliers de marhre.
Les galeries sont plelnes de pages et de
courtisans en habits de soie qui vont d’un
groupe a I’autre queter des nouvelles a voix
basse. Sur les larges perrons, les dames
d’honiieur eplorees se font de grandes reve¬
rences en essuyant leurs yeux avec de jolis
mouchoirs brodes.
Dans rOrangerie, il y a nombreuse assem-
I blee de medecins en robe. On les voit a
i travel's les vitres, agiter leurs longues man-
I ches noires et incliner doctoralement leurs
I perruques a marteaux... Le gouverneur et
1 I’ecuyer du petit Dauphin se promenent
I devant la porte, attendant les d&isions de
I la Faculte. Des marmitons passent a cote
I d’eux sans les saluer. M. I’ecuyer jure
I comme un paien, M. le gouverneur recite
1 des vers d’Horace. Et pendant ce temps, la-
I has, du cote des ecuries, on entend un long
I hennissement plaintif. C’est I’alezan du petit
1 Dauphin que les palefreniers oublientetqui
I appelle tristement devant sa mangeoire
I Et le roi ! Ou est moiiseigneur le roi ? Le
I roi s’est enferme tout seul dans une cham-
1 bre, au bout du chateau. Les Majestes
I n’aiment pas qu’on les voie pleurer ! Pour
I la reine, c’est autre chose. Assise au chevet
I du petit Dauphin, elle a son beau visage
I baigne de larmes, et sanglote bien haut
I devant tons, comme ferait une drapiere.
I La CARNINE LEFRANCQ AN©REXIE est indiquee chez toutes les
I personnes qui s’abmentent mal ou insuffisamment |
CHANTECLAIR
Dans sa couchette de dentelles, le petit
Dauphin, plus hlanc que les coussins sur
lesquels il est ftendu, repose les yeux fer-
mes. On croit qu’il dort; mais non ! Le
petit Dauphin ne dort pas... II se retourne
vers sa mere, et, voyant qu’elle pleure, il
lui dit : « Madame la reine, pourquoi pleu-
rez-vous ? Est-ce que vous croyez bonne-
ment comme les autres que je m’en vas
mourir? » La reine veut repondre. Les
sanglots I’empechent de parler.
« Ne pleurez done pas, madame la
vous oubliez que je suis le Dau¬
phin, et que les Dauphins ne
peuvent pas mourir ainsi...)) La
reine sanglote encore plus fort, et
le petit Dauphin commence a
s’efFrayer : <(Hola! dit-il,jene veux
pas que la mort vienne me pren¬
dre, et je saurai bien I’empecher
d’arriver jusqu’ici... Qu'on fasse
venir sur I’heure quarante lans¬
quenets tres forts pour monter la
garde autour de notre lit! Que
cent gros canons veillent nuit et jour,
meche allumee, sous nos fenetres! Et malheur
a la mort, si elle ose s’approcher de nous I »
Pour complaire a I’enfant royal, la reine
fait un signe. Sur I’heure, on entend les
gros canons qui roulent dans la |cour, et
quarante grands lansquenets, la pertuisane
au poing, viennent se ranger autour de la
chambre. Ce sont de vieux soudards a mous¬
taches grises. Le petit Dauphin bat des
mains en les voyant. 11 en reconnait un et
I’appelle : « Lorrain ! Lorrain! » Le soudard
fait un pas vers le lit. « Je t’airae bien, mon
vieux Lorrain... Fais voir un peu ton grand
sabre... Si la mort veut me prendre, il
faudra la tuer, n’est-ce pas? » Lorrain re¬
pond ; (( Oui, monseigneur... )) Et il a deux
grosses larmes qui coulent sur ses joues
tannees.
A ce moment, I’aumonier s’approche du
petit Dauphin et lui parle longtemps a voix
basse en lui montrant un crucifix. Le petit
Dauphin I’ecoute d’un air fort etonne, puis
tout a coup I’interrompant: « Je comprends
bien ce que vous me dites, monsieur Tabbe;
mais enfin est-ce que mon petit ami Beppo
ne pourrait pas mourir a ma place, en lui
donnant beaucoup d'argent?...)) L’aumonier
continue a lui parler a voix basse,
et le petit Dauphin a fair de plus
en plus etonne.
Quand I’aumonier a fini, le petit
Dauphin reprend avec un gros
soupir : (( Tout ce que vous me
dites-la est bien triste, monsieur
I’abbe, maisune chose me console,
e’est que la-haut, dans le paradis
des etoiles, je vais etre encore le
Dauphin... Je sais que le bon Dieu
est mon cousin et ne pent pas
manquer de me traiter selon mon rang. »
Puis il ajoute, en se tournant vers sa mere:
« Qu’on m’apporte mes plus beaux habits,
mon pourpoint d’hermine blanche et mes
escarpins ,de velours ; je veux me faire brave
pour les anges et entrer au paradis en cos¬
tume de Dauphin. ))
Une troisieme fois I’aumonier se peiiche
vers le petit Dauphin et lui parle longuement
a voix basse... Au milieu de son discours,
I’enfant royal I’interrompt avec colere :
« Mais alors, crie-t-il, d’etre Dauphin, ce
n’est rien du tout! Et, sans vouloir plus
rien entendre, le petit Dauphin se tourne
vers la muraille et il pleure amerement.
Alphonse Daudet.
La reaction du muscle est neutre, elle ne tarde pas a devenir |
'O
acide au moment de la coagulation de la myosine et de I’appari-
©
©
tion de la rigidite cadaverique.- . -
©
©
C’est pourquoi la CARNINE LEFRANCO
©
©
qni a son abattoir, extrait le sue musculaire de la chair
a
PRESQUE VIVANTE
Le Profcsseur
CHANTECLAIR
n n
D B
Est-il possible, dans I’etat actuel de la science, de preciser le
mode d’action physiologique el therapeutique du sue musculaire?
Nous ne le pensons pas, car trois hypotheses se presentent, entre
lesquelles il est difficile de decider.
A I’epoque ou nous faisions nos premieres experiences, la
theorie des antitoxines venait de naitre, et il etait naturel que
Taction d’apparence vraiment specifique du plasma musculaire
centre la tuberculose fut attribuee a quelque substance antitoxique
contenue dans ce plasma.
A Tappui de cette hypothese, nous trouvions ce fait, que jamais
la tuberculose n’envahit la fibre musculaire ; et puis il y avait cette
autre observation, de la veritable atrophie musculaire presentee par
les phhsiques, comme si les muscles avaient ete consommes pom
la defense de Torganisme.
Apres la theorie antitoxique, Tetude elargie du role des
enzymes, des ferments, des diastases non seulement dans la
nutrihon, mais aussi dans la lutte de Torganisme centre les infec¬
tions, presentait une appHcation possible de cette fonction a
Tactivite du plasma musculaire.
Enfin il est encore possible que le sue musculaire agisse
seulement comme un tonique specifique, comme un excitant special
du systtoe nerveux, lequel systeme nerveux tient sous sa
dependance tout le mecanisme organique, et toutes ses reactions
contre les offenses venues de Texterieur.
La legere ivresse, toute caracteristique, qm suit generalement
Tingestion d’une quantite un pen abondante de plasma musculaire,
plaide en faveur de son role d’excitant du systeme nerveux ; et les
bons effets de la zomotherapie dans des affections autres que
la tuberculose temoigneraient peut-etre en faveur de cette derniere
hypothese.
LA ZOMOTHERAPIE, par le or J. hEricourt. - J. RUEPF, Ed., PARIS.
CHANTECLAIR
J’avais peu de confiance dans la Carnine Lefrancq,
la traitant comme tant de medicaments merveilleux
dont nous recevons les prospectus.
1» Un vieillard de 80 ans, n’ayant d’autre maladie que son age, mais qui faiblissait enorme-
ment, a pu, grace a la Carnine Lefrancq, a I’exclusion de tout medicament, etre remonte suffi-
samment pour qu’il puisse, aujourd’hui, faire quelques petites promenades a pied.
2" Une jeune femme de 24 ans, tuberculeuse an deuxieme degre, ne pouvant rien prendre
comme alimentation, a fort bien supporte la Carnine, grace a laquelle elle a repris du poids et
retrouve de I’appetit, ce qui lui a permis de s’alimenter.
S'" Un monsieur atteint du cancer de I’oesophage, condamne inevitablement, se maintient
avec du bouillon, des oeufs et de la Carnine ; il prefere cette derniere qui, dit-il, passe plus
facilement que les autres aliments,
Je vous avouerai qu'avant ces observations, j’avais peu de confiance dans la Carnine, la
traitant comme tant de medicaments merveilleux dont nous recevons les prospectus. Maintenant
que j'en ai reconnu la valeur, je ne manquerai pas de I’utiliser dans tous les cas de faiblesse
generale due a la tuberculose ou a une autre maladie.
Docteur Bourg, Aubenton (Aisne).
La peur est le mal des heureux.
Aimer quelqu’un, c’est a la fois
lui oter le droit et lui domier la puis¬
sance de nous faire souffrir.
Qui oublie a pardonne, qui par-
donne va tacher d'oublier.
(loMTESSE Diane
Comment osons-nous juger les autres quand nous
sentons si bien tout ce qui leur manque pour nous juger?
Le monde, qui se laisse duper par les apparences,
ne reconnalt rien sans elles; pour lui il n’y a pas
de souffrance sans larmes, de piete sans pratiques,
de misere sans haillons. Decldement les hypocrites
traitent le monde comme il merite d’etre traite.
On ne plaint jamais sincerement que les maux dont
ou aurait souffert.
Qui ne craint pas la mort craint done la vie.
Les indifferents ne connaissent pas nos peines; les
amis ne les comprennent pas comme nous.
CoMTESSE Diane stNfioAMBiE - Jeuiies Femmes.
ARTEMIS
Reproduction par la photographie des couleurs d’un tableau de Joseph Wencker. Musee du Luxembourg, a Paris.
CHANTECLAIR
Le Professeur QUENU
Edouard-Andre-Victor-Alfred Quenu est ne a Marquise, dans le Pas-de-
Calais, le 21 juillet 1852.
Interne des Hopitaux en 1875, directeur de I’Amphitheatre d Anatomie des
Hopitaux de 1890 a 1895, chirurgien des Hopitaux et agrege, il etait, en 1908,
nomme titulaire de la Chaire de medecine operatoire,
qu’il pouvait bientot abandonner pour celle, tres
enviee, de Clinique chirurgicale, devenue vacante
par la retraite du professeur Terrier.
Ee professeur Quenu est doue d’une admi¬
rable activite, qui s’exerce egalement dans les
divers domaines de la chirurgie et de I’ensei-
gnement. Ses publications sont fort nom-
breuses, et se rapportent specialement a la
cbirurgie de I’estomac, de I’intestin et du
cceur, et a la chirurgie du foie, notarament au
traiteinent des kystes hydatiques.
On doit au docteur Quenu'le traiteinent
d\i delirium tremens paries injections de serum
artificiel, traiteinent qui s’est fort repandu en
Amerique : et aussi 1’utilisation de la ponction
lombaire dans les fractures de la base du crane.
Ee professeur Quenu est un des membres les plus
assidus de la Societe de Chirurgie, ou il se declarait dernierement adversaire
resolu de la rachi-anesthesie.
Actuellement redacteur en chef de la Revue de Chirurgie et chirurgien a
I’Hopital Cochin, le professeur Quenu est menibre de I’Academie de^Medecine et
Chevalier de la Eegion d’Honneur.
CAS DE CONSCIENCE
Entre deux produits d'EGflLE VflLEUR, le choix du M^decin peut etre
influence par un sentiment de sympathie ou par une consideration
quelconque, mais VRHIMENE peut-il avoir une hesitation quand il
s’agit de la CflRNlNE LEFRRNCQ et des nombreux produits qu’on
lui oppose?
L’extraction, la concentration du sue musculaire necessitent un outil-
lage considerable, et le pharmacien n’est nullement prepare par ses
§ etudes a cette fabrication qui ressort bien plus de I'industrie que d(
||1 la pharmacie.
OPOTHERAPIE
BOV’ BILIC
Globules renfermant tous les principes solubles de la bile et prepares dans
le Vide et a Froid avec la bile de boeufs de la CARNINE LEFRANCQ.
Chaque globule renferme 0 gr. 10 d'
INDICATIONS :
Constipation, Insuffisance biliaire,
Enterocolite muco - membranense,
Ictere, Cholemie.
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De 2 a 6 globules par jour i
n’importe quel moment.
Le Flacon de 50 Globules : 3 francs dans toutes li
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BOV’ HEPATIC
SIROP ou GLOBULES
prepares dans le VIDE et a FROID -
avec les Foies des Boeufs de la CARNINE LEFRANCQ
INDICATIONS :
Touies les maladies qai sont les resultats de Vinsaffisance hepatique et toutes celles
qai sont compliquees de cette insuffisance et aggravees par elles :
Manifestations multiples et variees de I’Arthritisme, Nephrites, Arteriosderose,
Cirrhose, Diabete, Goutte, Cancer, Dyspepsies intestinales, Hemophilie, Enterites
- chroniques. Constipation, Urticaire, Dermatoses. -.-
MODE D’EMPLOI
SIROP — 1 a 3 cuillerees a GLOBULES
i 8 globules
•e, en 2 ou
3 fois, a n’importe quel moment.
Le flacon de Sirop ou le flacon de 50 Globules: 6 fr. dans toutes les Pharmacies.
Depot General : FUMOUZE,
78, Faubourg Si-Denis, PARIS
L’ENTERREMENT D’ALFRED DE MUSSET
Le 4 mai 1857, a dix heures du matin,
un modeste corbillard stationnait devant la
porte de I’eglise Saint-Roch. Si vous eticz
entie dans I’eglise, vous auriez apercu
un piquet de Garde nationale et
200 personnes tout au plus. 1mm
diatement apres la ceremome
religieuse, ces 200 spectateurs
s’eparpillerent dans toutes les
directions ; et lorsque le cor¬
billard se mit en marcbe vers
le Pere-Lacbaise, c’cst a peine
si 40 personnes suivaient le
corps. Durant le trajet, la pha
lange se debanda de nouveau, si bi
qu’en entrant dans le cimetiere, le alfrei
mort n’y avait plus guere pour es-
corte que les gardes nationaux et les rares
La milice citoyenne avait-elle done perdu
s Sus
un de ses sous-lieutenants ou un de i
sergents-majors? — Non.
T a France venait de perdre ur ■
plus grands poetes, un de i
grands ecrivains, un de i
grands esprits, une de ses gloires
les plus purcs et les plus ra-
dieuses : Alfred de Musset, mort
a quarante-six ans, d’une by-
pertropbie du coeur.
Foi't beureusement pour Alfred
de Musset il faisait tres beau le
jour de soil enterrement; s’il
iivait plu, on est fonde a penser
que personne ne serait alle jusqu’au
cimetiere. II appartenait a I’Academie
franeaise. Vouspenscz saus doute que
I’Academie itait accourue en masse ? Ceux
I ((ui etaient venus sont bien facile a enume-
1 rer:MM. Merimee, Sainte-Beuve, Ponger-
MM. les Medecins finissent toujours par reconnaitre que la CARNINE
LEFRANCQ, malgre son prix eleve, est rnoins chere que les preparations
qu’on lui oppose, parce qu’elle est fabriquee avec du Sue Musculaire
_ 11 - CONCENTRE - -
CHANTECLAIR
ville, Ernest Legouve; Emile Augier, aux- ^
quels il faut joindre MM. Villemain, W
Alfred de Vigny, Einpis et Vitet, qui por- ||
taient les cordons du jJoSle. *
Et les trente autres, on etaient-ils ? *
Les trente autres fusionnaient, refusion- x
naient, et refusionnaient dans les coins, M
jabotant politique comme des vieilles com- $
meres et complotant a la facon de Monsieur *
Cagnard, leur modele et leur patron. s
Ah! Si Alfred de Musset avait ete ministre ^
de n’importe quoi, ou ambassadeur de $
quelque part, dans un regime quelconque, *
a la bonne heure! On I’eut pleure abon- $
damment et accompagne pieusement. Mais *
un poete, un simple poete.... Allons done I 4
Le Theatre-Franeais lui doit de beaux J
sucees. Hier encore on jouait et on applau- *
dissait Un Caprice, II ne faut jurer de rien *
— rEd=
et les Caprices de Marianne. Deux acteurs
seulement ont paru a Teglise : MM. Regnier
et Delaunay. Pas une comedienne.
Les autres theatres n’etaient representes
que par M. Tisserand, de I’Odeon.
Et lajeune Parisienne, ou done etait-elle?
Et que faisait-elle a cette heure ?
Eh! quoi, on rend les derniers devoirs a
votre poete, a celui qui fait parler le mieux
le coeur de vingt ans, et vous n’accourez
pas ? Et vous ne vous pressez pas autour de
son cercueil! La Bourse n’est pourtant pas
ouverte a dix heures du matin.
Le jour ou Ton enterrera Frederick Le-
maltre, il y aura 200.000 personnes a sou con-
voi. Nous etions 200 dans I’eglise Saint-Roch.
Moralite de la chose : un comedien est un
poete comme mille est a un.
Es
Alberic second
ait du journal La Comedie Parisienne
g -' - Ell
iCZl
Je prescris la Carnine Lefrancq de pre¬
ference au sue musculaire chaque fois que
j’ai a faire de la zomotherapie, en raison
de la facilite avec laquelle elle est acceptee
par les malades et en raison de son dosage
et de sa conservation parfaite.
Docteur Athon,
4, rue de l’H6tel-des-Postes, Nice
(Alpes-Mari times).
Nous avons plus, de force que de vo-
lonte, et e’est souvent pour nous excuser
a nous-memes que nous nous imaginons
que les choses sont impossibles.
LA ROCHEFOUCAULD.
11 y a peut-etre plus d’hommes qui ont manque
aux occasions, qu’il n’y en a eu S qui les occa¬
sions ont manque. beaumelle.
Je prefJre la Carnine Lefrancq h la viande
crue, parce que I’entourage du malade prepare sou¬
vent mal le sue musculaire et parce que, tout bien
calcule, la Carnine Lefrancq ne revient pas plus
cher (le bon bceuf coute cher dans tons les pays).
Docteur H. Pailloz,
Epinay-sur-Orge (Seine-et-Oise).
Rien n’est impossible: il y a des voies qui
conduisent 4 toutes choses. Si nous avions assez
de volonte, nous aurions toujours assez de
LA ROCHEFOUCAULD.
La Carnine Lefrancq est beaucoup pius com¬
mode 4 manier et plus puissante que la viande
Docteur O. Galllard,
L’Albenc (Istre).
»
Lc Profcsseur Pierre DELBET
CHANTECLAIR
SENS DESSUS-DESSOUS
« C’EN DESSUS-DESSOUS »
J’ai insiste a I’Academie, dans la commis¬
sion du dictionnaire, pour qu’on ecrivit
« C’en dessus dessous » (ce qui est en des-
sus etant dessous) et « c’en devant derriere))
(ce qui est en devant etant derriere) comme
on I’ecrivait an xvii^ siecle; — an lieu de
<( sens dessus dessous » et (( sens devant
derriere », qui, en effet n’ont aucun sens.
On m’a repondu que le Dictionnaire de
I’Academie est le dictionnaire de I’usage. Je
degage ma responsabilite. Mais I’usage finira
par mettre la langue c’en dessus dessous et
I’entendement des Grangers c’en devant
Emile Faguet.
LA MEILLEURE SURALIMENTATION
Je tiens a vous faire partd’une observation de maladeque j’ai traiteavec I’excellente Carnine
Lefrancq, laquelle est, a mon avis, le lueilleur moyen de suralimentation. Je. I’ordonne tres
souvent.
G. G., enfant age de 7 ans, a subi le 20 janvier I’extraction de vegetations adenoides. Ses
parents viennent nous consulter le 4 mars, parce que depuis cette operation, I’enfant a maigri
considerablement, il ne pese que 15 kilos.
II a le facies lymphatique, ses amygdales sont grosses, il pr^ente de gros ganglions cervicaux
et axillaires.
Son thorax est aplati d’avant en arriere, et au niveau de I’appendice xephoide, existe une
profonde excavation.
L’enfant a eu plusieurs crises de laryngite striduleuse. Pas de
tuberculose, pas de syphilis.
Nous ordonnons la Carnine Lefrancq et une bonne
hygitoe generate.
L'enfant prend matin et soir une cuilleree a bouche
de Carnine Lefrancq dans un peu de the froid.
Des le quinzieme jour, une amelioration tres
notable se manifesto ; l’enfant a gagne pres de 500
grammes. Son appetit a augmente, son caractere a
change, il est joueur, plus bruyant.
Cette amelioration va en augmentant, l'enfant
nous est montre le 24 mai, les ganglions cervicaux
et axillaires nous paraissent tres diminues et
beaucoup moins nombreux. Il pese 19 kilos.
Il a pris 4 flacons de Carnine Lefrancq.
Nous n’avons eu qu’a nous louer du bon
resultat obtenu par la suralimentation au moyen
de cette preparation.
L'enfant, qui au bout de quelques jours,
aurait refuse la viande crue ou les oeufs crus,
prenait volontiers la Carnine Lefrancq, a
laquelle il trouvait un gout tres agreable.
Medeoin de Colonisation
Maillot (Algerie).
LE MUR MITOYEN
CHANTECLAIR
Le Professeur Pierre DELBET
Fils du docteur Ernest-Pierre-Julien Delbet, depute de Seme-et-Marne, Pierre Delbet
est ne a la Ferte-Gaucher (Seine-et-Marne), le 19 novembre 1861.
11 fit ses etudes classiques a Sainte-Barbe et au Lyeee
Louis-le-Grand, et ses etudes medicales a la Faculte de
Medccine de Paris.
Interne en 1885, aide d’anatomie en 1886, pro-
secteur en 1888 et docteur en 1889, le jenne chirur-
gien, chef de clinique depuis un an, arrivait a 1 agre-
gation en 1892 et aux hopitaux en 1893. C’est en
qualite de chirurgien des Hopitanx qn’il snpplea le
professeur Dudlay a la clinique chirurgicale de
I'Hotel-Dieu. En 1909, il obtient la Chaire de cli¬
nique chirurgicale laissee vacante par la retraite du
professeur Le Dentu.
Cette carriere brillante et rapide est legitimee par
de nombreux et importants travaux. Apres sa these
sur le Proiiostic et le traitement des anevrismes arterio-
veineux externes (1889, medaille d'argent), il faut, parmi
ses memoires, citer ceux relatifs a la Physiologie chirurgi¬
cale duperitoine (1890), aux Maladies de la mamelle (1891),
son ouvrage sur les suppurations peluiennes chez la femme,
couronne par 1’Academic de Medecine et par la Sociae de chirurgie (1891), son 1 rente
des maladies de Vuterus (1891), ses livres sur les Neoplasmes, les Maladies des arteres, les
Grands processus morbides, ses Lecons de clinique chirurgicale, ses Recherches experimentales
sur la vessie et I'urethre (1892), et sur le lavage da sang.
Le professeur Delbet est I’inventeur dune mahode de traitement par la marche des
fractures de jambe, qui donne les meilleurs resultats.
Avec le professeur Le Dentu, il a dirige la publication d’un Trade de chirurgie clinique
et operatoire en dix volumes.
Le professeur Delbet est Chevalier de la Legion d’Honneur.
RESDLTATS RAPIDES
et CONSTANTS
Depuis longtemps deja, j’emploie dans ma
clientae la CARNINE LEFRANCQ, et
j’avoue que cette excellente preparation
m’a toujours donne des resultats rapides et
constants, parfois aonnants.
Nul autre produit ne peut lui etre substi-
tue dans les cachexies et les convales-
cences.
Je suis done un fervent admirateur de la
Carnine Lefrancq.
Docteur Touraille
a Evaux-les-Bains (Creuse).
CHANTECLAIR
II y a autant de lachete a condamiier un ^
absent que de courage a formuler un re- 11
proche en face ; mais la lachete est si gene-
rale qu’il est d’usage de ne cacher son
mepris qua celui qui I’inspire.
COMTESSE DIANE ||
Nous pouvons \dvre en paix avec celui
dont les sentiments different des notres,
mais non pas ayec celui. dont les sentiments
sont moins eleves que les notres, parce que
nous ne les respectons pas.
COMTESSE DIANE
CHANTECLAIR
r
J’SUIS DANS L’BOTTIN
De quoi?... Ben, vrai, t’as pas la trouille!..
J’allais a I’ecole avee toi !!...
Et c’est pour ca, dis, sal’ fripouille,
Que tu veux craner avec moi?...
Mais tu connais don’ pas I’gros Charles,
L’chemisier d’la ru’ Saint-Martin!
Tu Si
J’su
Bottin!
Oui, dans I’Bottin, avec la tierce,
Avec les poilus du quartier :
Tons les gros bonnets du commerce
Du boul. des It. et du Sentier.
J’deviens un homm’ considerable,
T’entends, espec’ de purotin ?
J’suis honore... J’suis honorable...
J’suis dans I’Bottin!
J’suis boutiquier, j’ai ma patente,
J’suis un notable commercant,
Tandis qu’toi, t’en as-t’y d’la rente?
T’en achet’s-t’y du trois pour cent ?
Ah ! bon Dieu! tu peux pas y faire ;
T’as pas I’rond, t’as pas un rotin,
Tandis qu’moi j’ai fait mon affaire,
J’suis dans I’Bottin !
Ej’fais parti’ du parti d’l’ordre.
J’m’en f... un peu d’vos syndicats !
Et pis, c’est pus moi qu’on fait mordre
Aux boniments d’vos avocats ;
J’en ai soupe des anarchisses
Et des socialisses d’Pantin ;
Moi, j’marche avec les royalisses,
J’suis dans I’Bottin ! Aristide Buu^
ZOMOTHERAPIE
Pur Sue de Viande de Bceuf Crue Inalterable
:: ;; Concentre dans le Vide et a Froid :: ::
CARNINE LEFRANCQ
De Ids cuillerees d bouche par jour, d
n’importe quel moment, pure ou addi-
tionnee d’un liquide quelconque, eau minerale
ou naturelle, the, lait, etc. (pas de bouillon)
FROID ou TIEDE
:iE — ANEMIE — NEURASTHENIE ~ TUBERCULOSE
MALADIES DE L’ESTOMAC ET DE L’INTESTIN
CONVALESCENCES — CHLOROSE ::
OPOTHERAPIE
Depot General :
fiTABLISSEMENTS FUMODZE
78, Faub. Saint-Denis, Paris
FAIBLESSE
OPOTHERAPIE
BOV* BILIC
:: GLOBULES doses a 0 gr. 10 ::
d’extrait complet de bile SOLUBLE,
prepares dans le VIDE et a FROID,
avecla bile des bceufs de la.
CARNINE LEFRANCO
BOV’ HERAT
C
SIROP. - Chaque cuilleree a bouche
renferme les principes SOLUBLES
dc 50 gr. de tissu hepatique. :: ::
GLOBULES, -- Chaque globule ren¬
ferme 0 gr. 25 d’extrait hepatique
:: SOLUBLE :: :: ::
CONSTIPATION
INSUFFISANCE BILIAIRE
ENTiROCOLITE-MUCO-MEMBRANEUSE
ICTERE - CHOLEMIE
De 2 d 6 globules par jour, d n’importe
quel moment, selon les indications da
Medecin :: ;; ::
Le Flacon de 50 Globules ; 3 Francs
INSUFFISANCE HEPATIQUE — CIRRHOSE
DIABETE — DYSPEPSIES INTESTINALES
:: ENTERITES CHRONIQUES
SIROP (Goflt tres agreable): de 1 d 3
infusion aromatique FROIDe'ou TIEDE.
GLOBULES. — 4 a 8 globules par jour, d
Frlx dll Flacon; Sirop ou GloPnles: 6 Francs
L’ASSASSINAT DE VICTOR NOIR
(10 Jc
A la suite d’un article public par le
Prince Pierre Bonaparte dans un journal,
L’Avenir de la Corse, article violent, inso¬
lent, d’un ton farouche et provocant, ou,
traitant les republicains corses ('
mendiants et de traitres, le prince
ne parlait rien moins que de
leur mettre les tripes au soleil
(les tripes aux champs, stenine
per le porette ; la phrase
est tristement restee celebre).
M. Louis Tomassi, le batonnier
de I’ordre des avocats de Bastia,
avait replique a Pierre Bona¬
parte, lui rappelant avec violence
ce qu’il avait ete jadis et ce qu’il
etait aujourd’hui. II ne' pouvait
mieux faire que de reproduire la
profession de foi du Prince Pierre aux
electeurs de la Corse, en 1868. La polemique
des journaux corses avait ete citee et sou-
lignee dans un journal. La Marseillaise, par
un des redacteurs, M. E. Lavigne, qui
1870)
avait fait suivre les citations de reflexions
toutes personnelles. C’est ce’ que Pierre
Bonaparte allait appeler, le lendemain, etre
insulte par la plume d’un des manoeu-
-es de M. Rochefort.
Furieux de voir apparaitre, dans un
journal parisien, ces articles qui,
en Corse, mettaient le feu aux
poudres, desireux aussi de se
faire bien venir aux Tuileries,
d’ou sa turbulence sauvage
1’avait fait eloigner, en mar-
chant droit a I’adversaire parti-
culier de I’Empereur et de
I’Imperatrice, le Prince Pierre en-
voya brutalement a M. Rochefort
un cartel d’une forme bizarre,
inusitee, et qui ressemblait trop
a un piege tendu : « Si, par hasard, vous
« consentiez a tirer les verrous qui rendent
« votre honorable personne deux fois in-
« violable, vous ne me trouverez ni dans
chateau. J’habite
CHANTECLAtR
« tout bonnetnent 59, rue d’Auteuil, et je
« vous promets que, si vous vous presentez,
« on ne vous dira pas que je suis sorti. »
Jamais provocation ne fut adress^e en
de tels termes, et cependant le Prince
Pierre Bonaparte devait connaitre mieux
que personne ce qu’on est convenu d’appe-
ler le code du duel.
M. Rochefort, apres avoir repu la lettre
du Prince Pierre, se mit a sa disposition et
lui envoya deux temoins : MM. Milliere,
gerant, et Arthur Arnould, redacteur de
La Marseillaise. C’etait le lundi 10 janvier
que les temoins arrivaient devant cette
maison d’Auteuil, ou le philosophe Hel-
vetius avait reiju jadis toute la Societe
savante du dix-huitieme siecle, et ou
Pierre Bonaparte vivait maintenant.
A peine etaient-ils arrives devant
le logis du Prince, qu’ils voient
sortir de cette demeure d’as¬
pect claustral, solitaire, sinis-
tre, un homme pale et qui
criait : « N’entrez pas, on
assassine ici >. Get homme
etait M. Ulrich de Fonvielle.
Un des correspondants du jour¬
nal La Revanche, de Bastia, un
jeune homme, connu deja par des
travaux de diverses natures, an-
cien collaborateur scientifique de L’Epo-
que, journal dynastique, et du Rappel,
M. Paschal Grousset, temperament ardent
et avide de succes, decide a violenter
la fortune si la fortune faisait la cruelle,
cherchant avec aprete 1’occasion d’atti-
rer bruyamment I’attention sur son nom,
avait saisi rapidement 1’occasion que lui
offrait le hasard. Etant Corse, et voyant
devant lui un adversaire corse, un Bona¬
parte, M. Grousset avait prie deux de ses
amis de se rendre aupres du Prince Pierre
pour lui demander retractation de 1’article
paru dans L’Avenir, ou reparation par les
armes. Ces deux nouveaux temoins a qui
M. Grousset donnait pour mission de devan-
cer, chez le Prince Pierre, les temoins de
M. Rochefort, etaient MM. Ulrich de
Fonvielle et Victor Noir. Us se presenterent
chez le prince ceremonieusement. Victor
Noir, gante, cire, etait parti joyeux de chez
lui, le matin, disant a sa vieille servante :
« Brosse-moi bien, aujourd’hui, je vais chez
On les fit entrer dans un grand salon en
les priant d’attendre; Victor Noir, toujours
gouailleur, meme en ces circonstances
PIERRE BONAPARTE
graves, se regardait dans les glaces et
essayait de dechiffrer, sur la toile d’un
portrait de famille accroch^ a la muraille,
une inscription italienne. Tout a coup, le
bouton d’une porte qui menait aux appar-
tements particuliers du Prince s’agita, et
la main qui le pressait int^rieurement de-
meurait un instant indecise, comme si la
personne qui devait entrer reflechissait ou
hesitait. Enfin la porte s’ouvrit et M. Bona¬
parte parut. II a ecrit que les temoins
I’aborderent les mains dans les poches. La
verite est que MM. de Fonvielle et Victor
Noir tenaient leur chapeau a la main.
« — Vous venez de la part de Rochefort?»
dit brusquement le Prince, de cette voix
rauque et stridente que personne n’a
oubliee de ceux qui Pont entendue,
qui ressemble a un miaulement.
« — Non, nous venons de la
part de M. « Paschal Grousset.»
Pierre Bonaparte parut sur-
pris; on lui tendait une lettre,
il la prit, fit vers une fenetre I
quelques pas, jeta un coup I
d’ceil sur la lettre de M. Grous- '
et, puis, la froissant, et la po-
sa main gauche sur un
fauteuil, il revint du cote des
temoins, la main droite dans son
large pantalon du matin.
« — J’ai provoque M. Rochefort, dit-il
« alors, parce qu’il est le porte-drapeau de
« la crapule. Quant a M. Grousset, je n’ai
« rien a lui repondre. Est-ce que vous etes
« solidaires de ces charognes ? »
« — Nous sommes, repondit Victor Noir,
« solidaires de nos amis. »
« Aussitot, raconte Monsieur de Fon-
« vielle, I’unique temoin de cette epouvan-
« table scene, le Prince Bonaparte s’ avanpant
« subitement d’un pas, et sans provocation
« de notre part, donna de la main gauche,
« un soufflet a Victor Noir, et en meme
« temps tira un revolver a dix coups qu’il
« tenait cache et tout arme dans sa poche,
« et fit feu a bout portant sur Noir.
t< Noir bondit sous le coup, appuya ses
« deux mains sur sa poitrine, et s’enfon9a
« dans la porte par ou nous etions entrfe.
« Le lache assassin se precipita alors sur
« moi et me tira un coup de feu a bout
« portant.
« Je saisis alors un pistolet que j’avais
« dans ma poche, et pendant que je cher-
« chais a le sortir de son etui, le miserable
« il recula, se mit devant la porte et me visa.
Le Profcsscur pclix dc LAPERSONNE
CHANTECLAIR
« Ce fut alors que, comprenant le guet-
« apent dans lequel nous etions tombes et
« me rendant compte que, si je tirais un
« coup de feu, on ne manquerait pas de
« dire que nous avions ete les agresseurs,
« j’ouvris une porte qui se trouvait derriere
« Au moment ou je sortais, un second
« coup de feu partit et traversa de nouveau
« mon paletot.
« Dans la rue, je trouvai Noir qui avait
« eu la force de descendre I’escalier et qui
« expirait.
« Voila les faits tels qu’ils se sont passes,
« et j’attends de ce crime une justice
« prompte et exemplaire. »
Lorsque Paris apprit la nouvelle de cette
mortinique, on sen tit passer surlui le cbaud
effluve, le vent farouche des jours d’orage
revolutionnaire. L’Empereur descendait
d’un train, venant de Saint-Cloud, lorsqu’on
lui apprit la nouvelle. Une livide paleur se
repandit sur son visage. II recula comme
devant un fantome. Ue soir, des reunions
publiques qui etaient annoncees, etaient
dissoutes surun cri de vengeance. Monsieur
Ulrich de Fonvielle etait appele dfes minuit
chez le juge d’instruction. Des gens du
peuple irritfe, voulaient aller chercher a
Neuilly, le cadavre de Victor Noir, I’appor-
<1 ^ ■ O-
PIRON ET L’ACADEMIE
L’^pigramme suivante etait decochee, en 1756,
centre I’Academie Franfaise, parce que, le jour
de Saint-Louis, elle n’avait pas tenu seance, con-
trairement 4 son habitude :
Coquette sans pudeur, litre de mille amants.
Femme i quarante tpoux, presque tous impuissants.
Mere de quelques mots, rdgente d’orthographe,
En ton jour solennel, tes autels sont ddserts,
On ne t'adresse plus de prose ni de vers,
Et I’on n’est occupd que de ton Epitaphe.
ter au coeur de Paris et appeler la popula¬
tion aux armes en promenant la victime a
la lueur des torches. Beaucoup voulaient le
porter au bureau de La Marseillaise,
d’autres a son ancien domicile rue Jeoffroy-
Marie. On parlait de le mettre dans un
fiacre, tout vetu et le cigare aux levres,
pour tromper la surveillance des agents. Ce
cadavre devenait un outil de revolte. Mais
le corps etait dejatransporte a son domicile,
passage Massena, rue Perronet a Neuilly,
et garde par la police.
Ue soir meme, les journaux qui devaient
paraitre le lendemain recevaient la lettre
suivante :
Monsieur le Redacteur,
Je vous prie de bien vouloir inserer dans
votre numero de demain, la note suivante:
« Aussitot que le garde des sceaux a appris
le fait qui s’etait passe a Auteuil, il a or-
donne I’arrestation immediate de Monsieur
Bonaparte Pierre. U’Empereur a approuve
cette decision. D’instruction est deja com-
mencee. »
Le chef du Cabinet : Adelon.
(Jules Claretie, Revolution de 1870-1871).
O t>
CHANTECLAIR
Le Professeur Felix de LAPERSONNE
Fflix de Lapersonne est ne a Toulouse, le 29 septembre 1853.
Interne des Hopitaux de Paris en 1879, aide d’anatomie en 1881, chef de clinique ophtal-
mologique a la Faculte de Paris de 1883 a 1886, agrege des Facultes de province en 1886, il
fut cette annee meme charge du Cours complementaire des
maladies des yeux a la Faculte de medecine de Lille, ou il
devint titulaire de la chaire d’ophtalmologie en 1890, a sa
creation. En 1893, il etait doyen de cette meme Faculte.
Lorsque le professeur Panas quitta, a I’Hotel-Dieu
de Paris, la chaire dont il avait ete le premier titu¬
laire, le docteur de Lapersonne, bien que non agrege
de Paris, fut cependant appele a le remplacer, en
raison de la situation tres en vue que lui avaient
creee ses nombreux travaux.
Parmi ces travaux, il faut citer ceux sur la
syphilis oculaire, I’oeil tabetique et hysterique, les
paralysies oculaires, la conjonctivite granuleuse dans
le Nord, I’ophtalmie purulente, etc.
De 1884 a 1886, le professeur de Lapersonne
publia les legons du professeur Panas; et depuis 1893
il a donne Les Maladies des paiipieres et des membranes
externes de I’oeil, ses Lecons d'ouvertiire de la Clinique,
ophtalmologique de Lille, une etude sur 1’Organisation de
I’enseignement medical en Espagne, I'Eloge de Davaine. etc.
On doit, en somme, a ce savant specialiste, la reorganisation de I’enseignement ophtalmo¬
logique par I’institution de cours de perfectionnement, de cours pratiques, de cours de vacances.
Le professeur de Lapersonne est Chevalier de la Legion d’Honneur.
PORTRAIT-CHARGE. — Surnomme « Ic Colonel » dans son service, le docteur de Lapersonne porte id,
sur son petit bonnet habituel, les insignes du grade que lui ont confere ses eleves; et, sur un havresac, des ouvrages
et I'organe de sa specialite. Preconisant I'emploi du thermocautere, le feu etant seul capable de bien assurer la
destruction des microbes et d’enrayer les contagions, le savant ophtalmologiste, force lui-meme de corriger sa pres-
.....
j CONSTIPATION
INSUFFISANCE BILIAIRE - CHOLEMIE
GLOBULES doses a 0 gr. 10 d’extrait complet de bile
SOLUBLE, prepares dans le VIDE et a FROID, avec
la bile des boeufs de la CARNINE LEFRANCO ::
ENTEROCOLITE MUCO- MEMBRANEUSE
BOV’
BILIC
De 2 d 6 globules par jour
Le Flacon de 50 Globules : 3 Francs
a n’importe quel moment selon
les indications du Medecin
Echantillon sur demande
1 LE VERITABLE
L
LAXATIF NATUREL
CHANTECLAIR
VERS POUR ETRE CHANTES
A quoi bon des serments ?
Ma preuve est en moi-meme,
Pour savoir si je mens,
Quand je dis que je t’aime.
i’Academie Franfai
Fais done ce que tu dois
Et ce que je merite !
Ma vie est dans tes doigts
Comme une marguerite;
Petales, coeur, et tout,
Effeuille-14 toi-meme;
Quand tu seras au bout.
FAUNE ET BACCHANTE
Reproduction par la photographie des couleurs d’un tableau de Gervex (Musee du Luxembourg, a Paris).
:0 ■=! O:
= 0
DERNIERE RESSOURCE
Un beb^ de ma famille, age de 5 mois, depe-
rissait a vue d’oeil, et ne pouvait supporter le
lait pur; j’ai eu I’idee d'essayer de meler a son
lait coup§ la valeur d’line cuilleree 4 cafe de
Carnine Lefrancq par 24 heures. Or, depuis, il
augmente regulierement de 12 4 13 grammes
par jour. J’avais essaye la chose comme derniere
ressource, et devant les bons effets produits par
cette excellente preparation, je vous prierais de
m’en envoyer un flacon.
Docteur Decourtieux, a Punchy (Somme).
^ RAPIDITE D’ACTION ETONNANTE
J'ai fait prendre a une de mes malades qui
etait trfes affaiblie 4 la suite, d’abord, d’une gros-
sesse un pen penible, puis par Tallaitement de
□ son bebe que je I’obligeais 4 sevrer d’urgence 4
mon arrivee. Le resultat a ete tout simplement
merveilleux et les forces sont revenues avec une
rapidite etonnante, d4s le premier flacon pris a
la dose de 3 cuillerees 4 soupe par jour. Ma
malade a pris le deuxifeme flacon par pure gour-
mandise. Tous mes remerciements.
V Docteur P. Joubin, a Marseille (B.-du-R.)
CHANTECLAIR
LE QUARTIER
Ea jeunesse du Quartier Latin avait alors
un gout prononce pour la vie de Boheme.
Elle preferait le theatre Bobino a la Come-
die Fran9aise, la Grande Chaumiere, ou plus
simplenient la Chaumiere, a la salle de bal
la plus brillante. Une flanerie lui plaisait
plus dansles jardins du Luxembourg qu’une
promenade en voiture dans le bois de Bou¬
logne. EUe aimait mieux un diner de trois
francs cbez Magny, rue Contrescarpe-Dau-
phine, ou meme a vingt-deux sous cbez
Viot ou cbez Blery, que le plus somptueux
repas au Cafe Ricbe ou au Cafe de Paris.
Elle aurait donne le plus fin regal au Cafe
Anglais pour les petits pains beurrfe et le
bol de lait de la Boulangerie Cretaine rue
Dauphine.
Au Quartier Latin, tout bomme portant
un vetement de drap et surtout un cbapeau
de soie etait traite de bourgeois. Au reste,
on n’y voyait guere de coiffure de ce genre,
meme pendant le jour, si ce n’est sur la
tete des professeurs, ou encore le jeudi, jour
de sortie des collegiens.
Le collegien d’alors avait un cbapeau de
baute forme, comme les etudiants anglais,
une sorte d’babit de quaker a col releve,
une cravate blancbe, un gilet et des panta¬
lons bleu-fonce, des souliers decouverts
laissant voir les bas de coton bleu. En ete,
quelques-uns, ceux en particulier du college
LATIN EN 1841
Robin, portaient un gilet et des pantalons
d’etoffe plus legere. Toute la semaine ils
etaient prisonniers dans les murs du college
et pendant leur promenade du jeudi,
c’etedent encore des prisonniers faisant de
I’exercice sous la surveillance de leurs
geoliers. Ceux qui avaient a Paris des pa¬
rents ou des amis pouvaient sortir un di-
mancbe par quinzaine, pourvu toutefois
qu’on vint les cbercber le matin et qu’on
les ramenat le soir. Cette regie s’appliquait
a tous, aux ecoliers de neuf ans comme a
ceux de dix-buit.
Les cinq francs a donner aux etudiantes
sortaient rarement de la pocbc de leurs
admirateurs. C etait alors une somme im-
portante pour la jeunesse du Quartier La¬
tin. Bien peu d’entre eux toucbaient plus
de deux cents francs par mois, beaucoup
avaient moins encore. Ceux qui recevaient
cinq cents francs — il n’y en avait peut-etre
pas quarante sur la totalite des etudiants —
etaient a peine consideres comme appurte¬
nant a la corporation fraternelle. On les
appelait ultrapontins pour les distinguer
de ceux qui d’un bout a 1’autre, ne pas-
saient jamais les ponts, si ce n’est pour aller
au theatre car il n’y avait pas grand chose,
avoiral’Odeondont, apres le depart de Harel
pour la Porte Saint-Martin, la gloire etait
eclipsee. (jjn Anglais d Paris - tr.J. Herce.)
:: Sue de Viande de Boeuf CRUE
CONCENTRE dans le VIDE et A FROID
CARNINE
A ROMAINVILLE
LEFRANCQ
De 1 a 5 cuillerees a bouche par
jour, a n’imporie quel momeiU PURE
ou additionnee d’un liquide quel-
conque, eau minerale ou naturelle,
the, lait, etc.
FROID ou TIEDE
MALADIES DE L’ESTOMAC ET DE L’INTESTIN
NEURASTHENIE — ANOREXIE — CHLOROSE
TUBERCULOSE ALIMENTATION
ANEMIE -\ LIQUIDE
SIROP
50 gr. de tissu h^patique
par cuillerSe a bouche.
GLOBULES
25 gr. d’extrait h^patique
OPOTHERAPIE HEPATIOUE
BOV’ HEPATIC
prepare dans le VIDE et h FROID avec les Foies des Boeufs de la CARNINE LEFRANCQ
Insuffisance hepatique - Cirrhose - Diabete
Dyspepsies intestinales - Ententes chroniques
LITTERATURE ET ECHANTILLON S
Depot General: ETABLISSEMENTS FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, PARIS
Dans la derniere promotion qui vient d'etre publiee par le Minis
de Londres, oil la Carnine Lefrancq a obtenu le Grand Prix, figuri
Gerant de la Carnine, pour le grade d'Officier de la Legion d’Honm
La modestie de notre tres aimable Directeur et les relations d’:
avec lui, ne nous permettent guerc de faire ici son eloge ; cependant
qui sont fort nombreux, en particulier dans le monde mMical et pha
; du Commerce a I'occasion de I’Exposition
, le Docteur Victor FUMOUZE, Directeur-
tie que nous sommes heureux d’entretenir
ms sommes convaincus que tous ses amis,
aceutique, se rejouiront avec nous.
LE PREMIER CONCERT DE PAGANINI, a PARIS
CHANTECLAIR
Ironique et railleur comme le Don Juan
de Byron, capricieux et fantasque comme
une hallucination d’Hoffmann, melancolique
et reveur comme une meditation de Lamar¬
tine, ardent et fougueux comme une impre¬
cation de Dante, doux et tendre comme une
melodie de Schubert, le violon de Paganini
rit, soupire, menace, blaspheme et prie
tour a tour. II exprime toutes les emotions
du coeur, tons les bruits de la nature, tous
les incidents de la vie ; il a des accents,
des effets, des combinaisons dramatiques
d’une prodigieuse variete; il exerce une
puissance de fascination que ne posseda
jamais la voix humaine la plus souple et la
plus sympathique.
Tel se montre Paganini des sa premiere
apparition parmi nous.
Son succes depassa toutes les previsions.
Il serait impossible de decrire I’enthou-
siasme dont I’auditoire fut saisi en ecou-
tant cet homme extraordinaire. Get enthou-
siasme alia jusqu’au delire, a la frenesie.
Apres lui avoir prodigue des applaudisse-
ments pendant et apres cbaque morceau,
I’assemblee le rappela pour lui temoigner
par des acclamations unanimes et repetees
I’admiration qu’il inspirait.
Marie et Leon Escluier
(Vie anecdotique de Paganini).
□
□
„ J’estime que les produits de la valeur du v6tre meritent les
felicitations des Medecins et la reconnaissance des malades. “
La Gamine Lefrancq est indiquee dans tous les cas ou il
malade ou reparer celles des convales-
Sa parfaite conservation, son gout
tres agreable, ses effets certains, en font
une merveilleuse preparation que j’ai
toujours employee avec succes.
Je vous autorise a vous servir de
mon attestation, comme bon vous fera
plaisir, je suis tres heureux de vous la
donner, sans que vous I’ayez sollicitee,
car j’estime que les produits de la valeur
du votre, meritent les felicitations des
medecins et la reconnaisance des ma-
faut soutenir les forces du
On trouve dans le S U C R U T A, un des ecrits medicaux les plus
anciens du monde, puisqu’il date des origines de la medecine hindoue :
TRAITEMENT de L’HOMME ATTEINT de CONSOMPTION
« . bonne et ecrasee, puis assaisonnee de poivre, gingemhre et aiitres aro-
matiques, la viande crue donne un sue stimulant qui guerit la phtisie. »
Ainsi SUCRUTA, il y a quelques miUe ans, preconisait deja la Zomotherapie.
M. LUPINE, Prcfct dc Police
CHANTECLAIR
Jean RICHEPIN
de I'Acaddmie Franfaise
Si le Medecin considere que la CARNINE
LEFRANCQ est da sue de bceuf pur, concentre
dans le vide et a froid, que ses moyens d’action
et de fabrication sont uniques, il ne lui viendra
jamais a I’idee de prescrire un produit
QUI NE SAURAIT EIRE SUPERIEUR
d la CARNINE LEFRANCQ et pent fort bien
lui etre notablement inferieur.
LA CHANSON DE MARIE-DES-ANGES
Y avait un’ fois un pauv’ gas,
Et Ion la laire,
Et Ion Ian la,
Y avait un’ fois un panv’ gas,
Qu’aimait cell’ qui n’l’aimait pas.
Eir lui dit : Apport’-moi d’main
Et Ion la laire,
Et Ion Ian la,
Eir lui dit : Apport’-moi d’main
L’ccEur de ta mer’ pour mon chien.
Va chez sa mere et la tue
Et Ion la laire,
Et Ion Ian la,
"Va chez sa mere et la tue,
Lui prit I’coeur et s’en courut.
Comme il courait, il tomba,
Et Ion la laire,
Et Ion Ian la,
Comme il courait, il tomba,
Et par terre I’coeur roula.
Et pendant que I’coeur roulait,
Et Ion la laire,
Et Ion Ian la,
Et pendant que I’coeur roulait,
Entendit I’coeur qui parlait.
Et I’coeur lui dit en pleurant,
Et Ion la laire,
Et Ion Ian la,
Et I’coeur lui dit en pleurant :
T’es-tu fait mal, mon enfant?
Jean Richepin.
votre proeddd de fabrication de ia Carnine
Lefrancq, qui se conserve en AigSrie par
les grandes chaieurs, mSme iorsque ie
flacon est dSbouchd depuis un mois, et
dont je n’ai toujours eu qu’a me louer.
Docteur Courcelle,
Ancien Interne des Hopilanx de Paris, Oran.
LES CHEMiNEAUX
La Carnine Lefrancq n’a plus besoin de publicity,
puisqu’elle s’impose a notre pratique par ses
r^sultats qii’aiicun autre produit similaire ne peut
nous doiiner.
Veuillez agr^er I’expression de ma reconnais¬
sance pour les grands services qu’elle m’a rendus
dans ma clientele.
Docteur Picard, Nantes.
CHANTECLAIR
M. LEPINE, Prefet de Police
M. Lepine, Prefet de Police, est un peu de la grande famllle medicale. II est le
frere de I’eminent professeur de la Faculte de Medecine de Lyon, et il a un fils qui etudie la
medecine. N’est-il pas encore, de par ses hautes fonctions, le pere de tons les etudiants ? Sa
biographic est done ici bien a sa place.
Louis-Jean-Baptiste Lepine est ne a Lyon, le 6 Aout 1846 ; et e’est dans sa ville natale
qu’il fit ses etudes classiques et eommenca son droit.
Mais la guerre vint interrompre ses etudes, et des le debut des hostilites, il s engageait
dans le 16® Regiment de marche (Mobiles du Rhone).
Bien vite il arrive au grade de sergent-major; mais il rend un de ses galons pour entrer
comme sergent dans une compagnie d’eclaireurs volontaires,
choisis par le colonel Deufert-Rochereau parmi les hommes
de troupe de la garnison de Belfort. Blesse au cours d’une
sortie tentee pour enlever aux Prussiens le village de
Bavilliers, il recevait, le 19 avril 1871, la Medaille Mili-
La paix signee, il retournait a Paris pour com¬
pleter ses etudes de droit, puis se faisait inscrire
au Barreau de Lyon auquel il resta attache jusqu’a
la fin de 1877. C’est a cette epoque qu’il debuta dans
la carriere administrative, comme sous-prefet a La
Palisse. Depuis, nous le trouvons successivement
sous-prefet de Montbrison, puis de Langres, puis de
Fontainebleau ; Prefet de I’lndre, Secretaire General
de la Prefecture de Police ; Prefet de la Loire, puis
de Seine-et-Oise, Prefet de Police, Gouverneur general
de I’Algerie, Conseiller d’Etat, et de nouveau Prefet de
C’est dans I’exercice de ces dernieres fonctions qu’il
sut en effet, dans de nombreuses circonstances, montrer
tout a la fois une energie et une habilete qui firent de lui Thomme bien a sa place, dont les
services etaient inappreciables.
Aussi bien lors des eebauffourees boulangistes que dans nombre de greves, dans les
troubles du quartier latin que pendant la periode febrile de I’affaire Dreyfus, quelque critiques
et perMleuses que fussent les situations, M. Lepine se montra toujours, au milieu de ses
troupes et du public, le chef en meme temps courageux, patient et bon, grace auquel bien
des malheurs irreparables ont pu etre evites. Ce sont la des qualites bien rares et bien pre-
cieuses, pour qui sait combien sont difficiles a manier ces foules dont la psychologic est si
redoutable.
Aussi notre Prefet de Police est-il extremement populaire.
Nous ne pouvons ici enumerer tout ce qu’on lui doit dans le domaine de la protection de
la securite publique ; mais, pour rester sur notre terrain special, nous rappellerons qu’il crea
la Maison departementale de Nanterre, qui peut contenir 4.000 hospitalises, et reorganisa
celle de Villers-Cotterets ; et qu’on lui doit aussi la creation du Service d’identite judiciaire.
M. Lepine, Prefet de Police, est Grand’Croix de la Legion d’Honneur. Notons que M. Lqjine
a recu la Medaille d’or des Sauveteurs pour sa conduite courageuse lors d’une explosion de
grisou a Saint-Etienne, le 6 decembre 1891.
PORTRAIT-CHAHGE. — Notre Prefet de Police haranguant des etudiants, qui i’entourent de leur inonome,
Prefet « Notre Pere », les a coiffes avec les bourrelets de I’enfance.
CHANTECLAIR
PORTRAIT D'ERNEST HEBERT
Peintre Fran9ais (1817-1908)
a photographie des couleurs du tableau d’AimS Morot (Musde du Luxembourg, Paris).
La CARNINE LEFRANCQ donne un excellent resultat dans tons les cas on il faut ui
reconstituant rapidement efficace. ^octeur Conte, d Seller, lies Baleares (Espagne).
CHANTECLAIR
INSTANTANES, par Taine
SAINTE-BEUVE
O ERNEST RENAN
L’impression dominante quand on le
voit, c’est qu’il est timide; il parle douce-
ment, has, avec insinuation et nuances,
avalant certaines syllabes trop franches. II
a quelque chose d’un chanoine ou d’un gros
Avant tout, Renan est un homme pas-
sionne, obsede de ses idees, obsede ner-
veusement. II marchait dans une chambre
comme dans une cage, avec le geste, le ton
bref, saccade de I’invention sursautante. II
cliat meticuleux, prudent. Une tete irregu-
liere, blafarde, un peu chinoise, crane nu,
avec de petits yeux malins et un sourire
doucereux, fin. Ppsitivement, il y a un fonds
ecclesiastique, homme du monde. Puis des
eclats et des eclairs ; la franchise, la force
de croyance font explosion...
Bleus ou noirs, tous aimes, tous beaux.
Des yeux sans nombre out vu I’aurore;
11s dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se Ifeve encore,
Les nulls, plus douces que les jours,
Ont enchante des yeux sans nombre;
Les Stoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d’ombre.
Oh! qu’ils aient perdu le regard.
Non, non, tela n’est pas possible !
11s se sont tourn^s quelque part,
Vers ce qu’on nomme I’lnvisible ;
Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au del demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent;
9 Bleus ou noirs, tous aimes, tous beaux, 9
Ouverts 4 quelque immense aurore,
De I’autre cote des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.
9 Sully Prudhomme. 9
est bien different de Berthelot, qui se tient
trauquille comme un boeuf patient de labour,
machonnant son idee, appuyant dessus.
C’est I’inspiration par contraste avec la
meditation...
Renan est parfaitement incapable de for-
mules precises, il ne va pas d’une verite
precisee a une autre. Il tate, palpe. Il a des
impressions, ce mot dit tout...
Renan n’est pas du monde. 11 n'e sait pas
causer aux femmes; il lui faut des gens
speciaux. Il n’a pas le tact des opportunites,
de I’intrigue. C’est avant tout un homme
plein de sou idee, un pretre plein de son
Dieu. Il s’estime a ce titre, et autant qu’il
faut.
Son proeede pour ecrire est de jeter des
bouts de phrases, des tetes de paragrajrhes
par-ci par-la. Quand il est arrive a la sen¬
sation d’ensemble, il soude et fait le tout.
Ce sont toujours
les yeux qui, les pre-
Aimer, c’est trouver
dans la f^licit^ d’au-
trui sa propre Klicite.
LEIBNITZ.
OPOTHERAPIE HEPATIQUE
BOV’ HEPATIC
INSUFFISANCE HEPATIQUE ::
;; :: ;; CIRRHOSE - DIABETE
DYSPEPSIES INTESTINALES ::
:: ;; ENTERITES CHRONIQUES
SIROP. — Chaque cuilleree a bouche renferme
les principes SOLUBLES de 50 grammes de
tissu hepatique.
GLOBULES. — Chaque globule renferme
0 gr. 25 d’extrait hepatique SOLUBLE,
SIROP (Gotit tres agreable) : de 1 a3 cuiUerees
FROIDEr, ou TIEDE.
GLOBULES. — 4 a 8 globules par jour, a
prendre en 2 on 3 fois, a n’importe quel moment.
LittSrature sur demande. Prix du Flacon ; SiPOp OU Globules : 6 Francs Echantillon sur demande.
OPOTHERAPIE BILIAIRE
BOV’ BILIC
CONSTIPATION
INSOFFISANCE BILIAIRE ::
ICTiRE - CHOLfiMIE :: ::
ENTEROCOLITE
GLOBULES doses a 0 gr. 10 d'extrait complet de bUe SOLUBLE, pre¬
pares dans le VIDE et a FROID, avec la
bUe des boeufs de la CARNINE LEFRANCO
De 2' a 6 globules par Jour, a n'importe guel moment, selon les indications du Mddeoin.
Le Flaeon de BO Globules: 3 Franes
□o
ZOMOTHeRAPIE
Pur Sue de Viande de Boeuf CRUE INALTERABLE CONCENTRE
dans le VIDE et a FROID
CARNINE LEFRANCO
De 1 d 5 cuiUerees d houche par jour, d n’importe quel
moment, pure ou additionnee d’un liquide quelconque,
eau minerale ou naturelle, the, lait, etc. (pasde bouillon)
FROID ou TIEDE
ANOREXIE - ANi;MiE — neurasthenie - TUBERCULOSE
MALADIES DE L’ESTOMAC ET DE LTNTESTIN
:: CONVALESCENCES — CHLOROSE ::
DEBILITE :: :: FAIBLESSE
DEPOT GENERAL;
£TABLISSEMENTS FUMOUZE - 78, .Faubourg Saint-Denis - PARIS
UNE AVENTURE DE BALZAC
Par un certain jour de pluie, M. de
Balzac allait a pied dans les rues de Paris;
M. de Balzac, comme tons les grands esprits,
avait la profonde Borreur pour
meuble accidentel qu’on appelle
unparapluie. Cependant, comme
le ciel pleurait a cBaudes larmes,
et que M. de Balzac n’avait
pas de voiture a sa portee, il
prit le parti de se mettre a
I’abri sous une porte cocBere,
la premiere venue. Tout a
coup, il aper(;ut, en levant les
yeux, vers la maison d’en face,
une femme qui, de son petit doigt,
tirait, par intervalles, le petit rideau balz/i
de sa croisee pour le regarder. Tiens,
se dit le plus fecond de nos roman- J
ciers, cette femme est bien curieuse, mais
elle est plus jolie encore; il s’arrangea de /
son mieux en redressant son collet recro-
queville. La figure de la croisee se montra f
bientot sous son jour le plus favorable; elle
etait radieuse de beaute et de curiosite;
le rideau allait et venait a tout moment,
qui donnait beaucoup a penser
a M. de Balzac. Il lui sembla avoir
meme deja vu cette femme a
1’ Opera, et interieurement il se
mit a remercier le ciel de cette
Mais quelle ne fut pas sa
surprise lorsqu’un domestique,
sortant de cette meme maison,
j’approcbe de lui avec un para-
pluie, et le lui pr&entant :
— Voici, monsieur, ce que ma
; maitresse vous envoie.
Stupefait, intrigue, par ces paroles,
M. de Balzac n’adressa aucune question au
domestique; il prit le parapluie, et, otant
son cbapeau, il salua fort galamment la
dame qui restait toujours derriere le rideau,
puis il s’eloigna avec un sourire vainqueur
I Par les grosses cbaleurs, la CARNINE LEFRANCQ rend de grands services
et reconstitue admirablement les anemies par anorexie.
B Docteur Gaillard, L’Albenc (IsJre).
CHANTECLAIR
et satisfait. Le lendemain, de tres bonne
beure, M. de Balzac se leve, se parfume, se
peigne de son mieux, met son Habit noir,
acHete des gants blancs et, prenant son
parapluie, se met en route pour remercier
cette cHarmante femme de sa ruse et de sa
bienveillance, mais I’Heure de se presenter
n’ayant pas encore sonne, il pensa qu’il
serait plus galant de garder en souvenir ce
parapluie, tout rococo qu’il etait, et d’en
acHeter un neuf, pour presenter a la dame,
comme si c’etait le sien.
Midi sonne, M. de Balzac se fait annon-
cer, entre, et pr&ente son parapluie en bal-
butiant quelques remerciements. La dame
(c’etait bien la meme), le prend, le roule
dans ses jolis doigts effiles et le met de
cote, sans faire semblant de s’apercevoir de
cet Heureux changement. — II n’y a pas
de quoi me remercier, monsieur, mon para¬
pluie sera toujours a votre service. — Mais,
enfin, madame, dit le romancier, vous ne
m’avez pas envoye en vain ce parapluie,
cela n’ est pas d’ usage, et a moins d’ une occa¬
sion extraordinaire... La dame s’en aper9ut,
et devinant son intention ; — Mais certai-
nement, monsieur, j’avais une raison pour
vous envoyer mon parapluie. Tenez, ajouta-
t-elle, je vous estime trop pour ne pas vous
le dire ; j’attendais un ami qui devait venir
ici justement a cette meme beure ou vous
vous trouviez sous la porte; comme vous
me geniez, je vous ai envoye mon para¬
pluie pour vous faire partir tout de suite,
=o
LE THEATRE AU CAMP
Ell 1813, pendant Tarmistice, Napoleon
fit venir a Dresde I’elite du personnel de la
Comedie-Francaise, qui y arriva le 19 juin,
pour en repartir le 12 aoiit, apres avoir
donne vingt-cinq representations durant les
quarante jours de I’armis-
tice, outre quelques seances
particnlieres dans les sa¬
lons, telles que le monologue
de Baptiste cadet (dans le
role de lord Bristol) chez le
general Durosnel, le gou-
verneur imperial de cette
ville. Nos artistes se sur-
passerent!
La tragedie avait pour
interpretes ; Saint-Prix,
Talma et Georges.
Jouaient la comedie ;
Baptiste cadet, Fleury,
Saint-Pal, Michot, Armand,
Thenard, Michelot, Vigny, Mile CORNILLA,
Barbier ; Mmns Thenard,
Contat, Mezerai, Bourgoin et surtout M'b'
Mars, que I’empereur combla de preve- \
nances. Leur directeur etait Despres, avec Si
Maignen (a la fois secretaire) pour souflleur ! J
Leurs deux superintendants etaient M. de Sj
Bausset et le comte de Turenne : le pre-
mier s’occujjant des acteurs et des sujets
de representation; le second, des invita- M,
tions officielles, qu’il convenait de faire au
La Ire representation francaise eut lieu
le 22 juin, avec la Gagenre imprevae et la
Suite d’un bal masque, de Mme Bauer. La
comedie se donnait dans I’orangerie du
palais Marcolini, transformee en theatre;
et la tragedie, au grand
thAMre de la ville, ou o
; adm
qua-
: les
billets de faveur gratuits
du comte de Turenne. Les
valets de pied de la maison
de I’Empereur offraient des
rafraichissements.
Napoleon, qui, jusque-la,
avait prefere la tragedie,
aimait alors bien n '
la comedie qui peint n
la realite vraie des ei
teres et des moeurs de la vie
bumaine, en sortant du ro¬
man de I’ideal, bon pour la
jeunesse qui raffole d’illu-
sions. Fleury etait alors,
dans une certaine mesure, le Talma de la
comedie. Au contraire, les Allemands paru-
rent transportes d’enthousiasme devant les
tragedies de Corneille et de Bacine, interpre-
tees par Talma, Saint-Prix et M»e Georges.
Cela tient a ce que les delicatesses de lan-
gage de nos plus belles comedies ne peuvent
etre bien saisies que par des Francais. Nos
acteurs furent combles de presents.
D'- Bol’oon.
’Olympia
Lc Profcsseur RAfAEL RODRIGUEZ MENDEZ
CHANTECLAIR
Je crois aussi que c’est par I’edu-
cation de la jeunesse beaucoup plus
que par les exhortations a des hommes
faits que la vertu peut etre repandue.
Les mauvaises habitudes, les vices
de I’esprit, sont comme les mala¬
dies du corps ; il est plus aise de
les prevenir que de les guerir.
FRANKLIN.
II y a quelque chose de plus haut
que I’orgueil et de plus nohle que la
vanite, c’est la modestie; et quelque
chose de plus rare que la modestie,
c’est la simplicite.
Cases de Samory. RIVAROL.
LES A'/eULES
A la fin de Juillet les villages sont vides.
Depuis longtemps dejd les nuages livides,
Mena9ant d’un prochain orage a I’occident,
Conseillaient la recolte au laboureur prudent.
Done, void la moisson et bientot la vendange;
On aiguise les faux, on prepare la grange,
Et tons les paysans, d6s I’aube rassembles,
Joyeux, vont a la fete opulente des bles.
Or, pendant tout ce temps de travail, les aleules
Au village, devant les portes, restent seules,
Se chauffant au soleil en branlant le menfon, '
Calmes, et leurs deux mains jointes sur leur baton.
Carles travaux des champs leur ont courbe la faille.
Avec leur long fichu peint de quelque bataille,
Leur jupe de futaine et leur grand bonnet blanc,
Elies restent ainsi tout le jour sur un banc,
Heureuses, sans penser peut-etre, sans rien dire,
Adressant un beat et mystique sourire
Au Clair soleil qui dore au loin le vieux clocher
Et murit les epis que leurs fils vont faucher.
Fran?ois Coppee.
CHLOROSE
La Carnine Lefrancq m’a donne un re-
sultat merveilleux chez une jeune chloro-
tique, pour qui on avait employe differents
medicaments sans obtenir une reaction
complete.
Je lui ai donne de la Carnine Lefrancq
et, au bout de peu de jours, le chan-
gement fut notable ; la malade commen9a
une marche rapide vers la guerison.
La patiente, presque guerie complete-
ment, continue, tres contente, le dit
traitement.
Docteur R. TIFFON,
Barcelone (Espagne).
Le Medecin, pour une raison
quelconque, que rien ne nous
autorise d rechercher,peutpres-
crire une preparation analogue
a la CARNINE LEFRANCQ,
mais nous avons la certitude
— appuyee sur de nombreux
exemples — qu’il revient tou-
jours a la Carnine, parce que,
finalement, il place I’interet de
son malade au-dessus de toutes
especes de considerations.
CHANTECLAIR
Le Professeur RAFAEL RODRIGUEZ MENDEZ, de Barcelone
Rafael Rodriguez Mendez est fils de medecin. II a fait ses etudes classiques et medicales,
et aussi toute sa carriere, a Barcelone. Recu docteur en 1870, et blentot specialise dans
I’hygiene et I’etude de la tuberculose, il obtenait sans tarder la
chaire de professeur d’hygiene de I’Universite de Barcelone.
Les travaux du savant hygieniste sont nombreux;
parmi les principaux, nous citerons : Principes d'Hygiene
(1875) ; une traduction du Traite des maladies de la
femme, d’Alleaume (1877) ; Importance d’nne bonne
education des enfants (1889); Opinion sur I’infection
et la desinfection; correction et augmentation du
Coiirs elementaire d’Hygiene privee, de Jean Gini y
Partagas (ISlo); Biographic morhide (1879), etc., etc.
Le Professeur Rafael Rodriguez Mendez a ete
recteur de I’Universite de Barcelone. II est president
de la section scientifique de I’Academie d’Hygiene de
Catalogue et president de la section d’hygiene de
I’Academie royale de medecine de la meme ville. Ses
relations avec ses collegues etrangers sont nombreuses.
II est membre correspondant de la Societe d’hy¬
giene de Bordeaux, membre honoraire de la Societe
francaise d’hygiene et membre correspondant de la New-
York medico-legal Society. En 1894, le fenom du Pro¬
fesseur Rodriguez Mendez lui valait d’etre nomme president
d’honneur du Congres international d’Hygiene a Budapest.
Le savant hygieniste est d’ailleurs double d’un journaliste medical des plus actifs;
collahorateur de La Aspiracion medica et de La Medicina, de Madrid, du Journal d'Hygiene,
de Paris, de La Gacela medica, de Grenade, et de La Gaceta medica de Cataluna, le docteur
Rodriguez Mendez trouve encore le temps de diriger La Cultiira Popular, de Barcelone, et
La Gaceta medica catalana.
Vous devez essayer le
BOV’ HEPATIC
INSUFFISANCE hLPATIOUE
CIRRHOSE
DYSPEPSIES INTESTINALES
DIABETE
ENTERITES CHRONIQUES
SIROP et GLOBULES
CHANTECLAIR
ZOMOTHERAPIE
CfllRNlNE IjEFRANCQ
Pur Sue de Viande de Bceuf Crue, Inalterable,
Concentre dans le Vide et a Froid
MALADIES DE L’ESTOMAC ET DE LTNTESTIN — NEURASTHENIE
ANOREXIE — TUBERCULOSE
ANEMIE - CONVALESCENCES - CHLOROSE - FAIBLESSE
De 1 d 5 cuUlerees d bouche par jour, d n'importe quel
moment, pure ou additionnee dun liquide quelconque,
eau mine'rale ou naturelle, the', lait, etc. (pas de bouillon)
FROID ou TIEDE
LE PLUS ENERGIQUE des RECONSTITUANTS
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78, Faubg. St-Denis,
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De 2 a 6 globules par jour, d n’importe quel I
moment, selon les indications du Me'decin. I
GLOBULES doses 4 0 gr. 10 d’extrait complet
de bile SOLUBLE, prepares dans le VIDE
et a FROID, avec la bile des boeufs de la
- CARNINE LEFRANCQ -
ENTEROCOLITE-MUCO-MEMBRANEUSE
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INSUFFISANCE BiLIAiRE — CHOLEMIE
- CONSTIPATiON --
LE VERITABLE LAXATIF NATUREL
CHANTECLAIR
Je fais des voeux pour la
CARNINE EEFRANCQ,
adjuvant prdcieux pour
la convalescence des ma¬
ladies tropicales.
Dooteur P. Lepinte
LA NATION FRANCAISE
Quand je considere cette nation en elle-
meme, je la trouve plus extraordinaire
qu’aucun des evenements de son histoire.
Ell a-t-il jamais paru sur la terre une seule
qui fut si remplie de contrastes et si ex¬
treme dans chacun de ses actes; plus con-
duite par des sensations, moins par des
principes; faisant ainsi toujours plus mal
ou mieux qu’on ne s’y attendait, tantot au-
dessous du niveau commun de 1 humanite,
tantot fort au-dessus; un peuple tellement
inalterable dans ses principaux instincts,
qu’on le reconnatt encore dans des por¬
traits qui ont ete faits de lui il y a deux
ou trois mille ans, et en meme temps telle¬
ment mobile dans ses pensees journalieres
et dans ses gouts, qu’il finit par devenir un
spectacle inattendu a lui-meme et demeure
souvent aussi surpris que les etrangers a la
vue de ce qu’il vieiit de faire; le plus casa-
nier et le plus routinier de tons, quand on
I’abandonne a lui-meme, et, lorsqu une fois
on I’a arrache malgre lui a son logis et a
ses babitudes, pret a pousser jusqu’au bout
du monde et a tout oser; indocile par tem¬
perament, aujourd’hui I’ennemi declare de
toute obeissance, demain mettant a servir
une sorte de passion que les nations les
mieux donees pour la servitude ne peuvent
atteindre; conduit par un fil tant que per-
sonne ne resiste, ingouvernable des que
I’exemple de la resistance est donne quelque
part; adorateur du hasard, de la force, du
succes, de 1’eclat et du bruit plus que de la
vraie gloire; plus capable d’heroisme que
de vertu, de genie que de bon sens; propre
a concevoir d’immenses desseins plutot qu a
paracbever d’immenses entreprises; la plus
brillante et la plus dangereuse des nations
de I’Europe, et la mieux faite pour y deve¬
nir tour a tour un objet d’admiration, de
baine, de pitie, de terreur, mais jamais
d’indifference.
Tocqueville.
LA JEUNESSE ET L’AMOUR
Reproduction par la photographie des couleurs d'un tableau de Bopg-dereau,
Mus6e du Luxembourg ^ Paris.
CHANTECLAIR
— iv"
Lc Profcsscur CHADFFARD
LE BONHEUR
DE CE MONDE
SONNET
oir une maifon commode, proprc & belle,
n jardin tapilTe d’cfpaliers odorans,
Des- fruits, d’excellent vin, peu de train, peu d’enfans,
Podeder feul fans bruit une femme fidele.
N’avoir dettes, amour, ni proces, ni querelle,
Ni de partage a faire avecque fes parens,
Se contcncer de peu, n efperer rien des Grands,
Regler tous fes defleins fur un jufte modelc.
Vivre avecque franchife & fans ambition,
S’adonner fans fcrupule a la devotion,
Domter fes paffions, les rendre obeiflantes
Confervcr I’efprit libre, 6c le jugemenc fort,
Dire fon Chapelet en cultivant fes entes,
C’eft attendre chez foi bien doucement la mort.
Copie d'un sonnet compose par PLANTIN an XVI' siecle, iraprimee en catacteres
a I'lmprimeiic Flandniemte.
de I’cpoquc
CHANTECLAIR
Verascope
LES ORPHELINS
Que je les plains
Les orphelins,
Chers petits 4 Tame sereine,
Aux gestes doux, aux yeux calins,
Vetus de lin ou de futaine,
Nouveau-nes a la fraiche haleine,
Blancs poupons aux haillons de laine,
Inconscients de leur destin,
11s vont od la pitie les mfene.
Que je les plains,
Les orphelins!
Amelie Mesureur.
Le meilleur moj'en cle
retenir quelqu’un est de
lui laisser croire qu’il est
litre.
Pour attacher : rendez
heureux.
Voyager, c’est consa-
crer son argent et son
temps a augmenter sa
propre valeui-.
CoMTESSE Diane
ANfeMIE
Deux dc mes petits-fils qui etaient tres
anemies, tres affaiblis, I’un par une crois-
sance trop rapide, I’autre par une dentition
tres penible, ont obtenu apres avoir pris
deux flacons de Carnine Lefrancq, les
resultats les plus satisfaisants; I’appetit leur
est revenu, ils ont regagne des couleurs et
des forces, et sont actuellement en parfaite
sante.
Je tenais a vous faire savoir que cbez eux,
comme chez mes autres mqlades, cette
excellente preparation, la Carnine Lefrancq,
a encore bien reussi.
Docteur Le Juge de Segrais,
Nantes (Loire-lnferieure).
AVOIR LE NEZ CREUX
Cette locution manque absolument d’ele- 3
gance. Malheureusement nos a'ieux n’en ju- ^
geaient pas comme nous. L’emploi du mot m
nez pour exprimer le gout, la finesse, I’a-pro- w
pros, etc., est courant chez nos auteurs, non S
seulement au .\vi“ siecle, mais egalement o
au xvn>', ou il se rencontre sous les plumes V
les moins enclines a la vulgarite : avoir dn jA
nez, avoir le nez bon, le nez fin, etc. %
Avoir le nez creux, c’est ne pas I’avoir S
bouche : cette expression correspond exacte- ®
ment au latin emuncta naris. Ainsi Phedre p
appelle un vieillard avise vir emuncta- naris. (w
Les ecrivains latins affectionnaient ces me- (V
taphores tirees de I’appendice nasal. Ainsi, U
pour Martial, « avoir du gout )) c’est habere ^
nasiim; dans Horace, dans Ansone, aciila-
nares exprime la raillerie, la derision ; Perse
rend la meme idee par unco; nares: pour
traduire I’idee opposee « manquer de flair)),
Horace dit nares obesce, ((le nez epais)), c’est
le contraire du nez bien mouche dc Phedre.
On voit que cette fagon de parler pent se
reclaraer de patrons respectables et que,
depuis plus de deux mille ans, elle a fait
partie du vocabulaire de la bonne compagnie,
a Rome qu’a Paris. Mais cela ne m’em-
pecbe pas de penser qu’elle est d’un tour
essentiellcment vulgaire et le mieux qu’on
puisse faire est de ne pas s’en servir.
Alfred Dutens.
(InternMiaire des Cherchciirs et Curieux.)
INTERROGEANT L’HORIZON
Reproduction par la photographic des couleurs d’un tableau d’Alfred Ouilloux.
CHANTECLAIR
Le Professeur CHAUFFARD
; Louis-le-Grand, il commencait
Anatole Chauffard est ne a Avignon, le 22 aout 1855.
Apres avoir fait ses etudes classiques a Paris, an Lycee
le cours de ses etudes medicales qu’il devait brillamm'ent
terminer par la conquete de la medaille d’or de 1 internat.
Medecin des hopitaux en 1883 et agrege en 1886, il obte-
nait, en 1908, la chaire d’Histoire de la medecine.
Medecin tres actif, a la fois clinicien et savant de
laboratoire, le docteur Chauffard a fait de nombreuses
recherches et public de nombreux travaux, la plu-
part orieutes du cote des organes abdominaux, et
surtout relatifs a la pathologic du foie.
On lui doit notammeut une etude des deter¬
minations gastriques et des complications pancrea-
tiques de la fievre typhoide; une description dune
forme de lombricose simulant cette maladie ; et sur¬
tout toute une serie de travaux sur I’origine et le
traitement des icteres infectieux. Ses recherches
recentes sur les icteres hemolytiques et leurs caracteres
out apporte a ce chapitre de la pathologie des elements
tout a fait nouveaux.
Le professeur Chauffard a publie une monograpbif
maladies du foie dans le Tiaite de medecine de Charcot-Brissaud
et dans le Tmite de pathologie generale de Bouchard. On lui doit egalement differents travaux
sur les maladies du systeme nerveux, de I’appareil respiratoire, du cmur et de I’appareil
urinaire, partie qu’il a ecrite dans le Traite de medecine de Brouardel-Gilbert.
Actuellement medecin de I’Hopital Cochin, le docteur Chauffard est memhre de 1’Aca¬
demic de medecine et Chevalier de la Legion d Honneur.
PORTRAIT-CHARGE. — Le Professeur Chauffard est represente exterminaut les dia
qu’il a chasses de la vesicule biliaire et du foie, organe dont les maladies out fait I’objet des i
du savant medecin, ancien laureat de I’internat (Medaille d’Or).
PRENEZ-GARDE!
Beaucoup de medecins nous signa-
lent que, tres souvent, leurs clients
rencontrent de serieuses difficultes
pour se procurer la Carnine Lefrancq.
n leur assure que tel autre produit, qui
Comme bien on le pense, c
e sont generalement pas desinteresses.
Si VOS clients eprouvent la moindre difficulte pour se procurer la
CARNINE LEFRANCQ, veuillez-Uen les engager a s'adresser
DIRECTEMENT A LA SOURCE memo pour un seul flaoon.
11 leur suffira d’envoyer un Bon de poste de 10 francs aux
flTABLISSEMENTS FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, PARIS,
pour recevoir un flacon de Carnine, franco de tons frais, a domicile.
Si leur localite n’est pas desservie par le chemin de fer, leur recommander d’indiquer la gare la plus proche.
CHANTECLAIR
Carnine Lefrancq
Pur Sue de Viande de Boeuf Crue, Inalterable, concentre dans le Vide et a Froid,
De 1 d. 5 cuillerees i bouche par jour, a n’importe quel
moment, pure ou additionnee d’un liquide quelconque,
eau minerale ou naturelle. the, lait, etc. {pas de bouillon)
FROID ou TifeDE
TUBERCULOSE — JttALADIES DE L’ESTOMAC ET DE LTNTESTIN — ANOREXIE
CHLOROSE — NEURASTHENIE ANEMIE — CONVALESCENCE
FAIBLESSE
u
BOV’ HEPATIC
SIROP. — Chaque cuiller^e a bouche
renferme les principes SOLUBLES de
50.grammes de tissu hdpatique.
GLOBULES. — Chaque globule renferme
0 gr. 25 d'extrait hdpatique SOLUBLE.
INSUFFISANCE HEPATIQUE — CIRRHOSE
DIABETE — DYSPEPSIES INTESTINALES
- ENTERITES CHRONIQUES -
SIROP (Goat Ms agre'able): de 1 d 3
cuillerees d bouche par jour, dans ane
infusion aromatique FROIDE ou TIEDE.
GLOBULES.
4 d 8 globules par jour, d prendre en
2 ou 3 fois, d n'importe quel moment.
O
O
^3
BOV’ BILIC
GLOBULES dosds a 0 gr. 10 d’extrait
complet de bile SOLUBLE, prdparSs
dans le VIDE et a FROID avec la bile
CARNINE LEFRANCQ
CONSTIPATION — INSUFFISANCE BILIAIRE
ICTERE — CHOLEMIE
-- ENTEROCOLITE IWUCO-IVIEIVIBRANEUSE --
De 2 d 6 globules par jour, d n’importe
quel moment, selon les indications du
Medecin.
Prix du Flacon : SIrop ou Globules ; 6 Francs
Le Flacon de SO Globules: 6 Francs
SCRUPULES
All bord de la mer, a Houlgate, dans I’elegant
chalet d’Alfred Noirby, rarchitecte connu.
Alfred Noirbv, 38 aiis; M"" Noirby, 32ans;
Maxime Caro, 30 ans.
Tons les trois sortent de table et viennent de
s’installer sur le balcon, afin de prendre leur
Mais il n’y a pas d’air et le pen de brise qui,
de temps en temps, leur arrive de la mer, en
ce moment basse et lointaine, leur apporte
aussi une violente et nauseabonde odeur de
poisson gate s’exhalant du sable vaseux.
M'ue Noirby, donnant une tasse de cafe
a Maxime. — Sans sucre, n’est-ce pas. Mon¬
sieur Maxime?
Maxime. — Sans sucre ; merci, Madame.
(II prend la tasse).
Alfred Noirby. — Vous ne mettez plus
de sucre dans votre cafe, Caro?
Maxime. — Non, depuis une huitaine et
je m’en trouve bien.
Alfred Noirby. — Vous n’avcz pas le
diabete pourtant?
Maxime. — Je ne I’ai pas, j’en suis menace.
Noirby. —
Diable ! faites
attention,alors!
(A sa femme),
Aline! mets-moi
de I’eau-de-vie
Mme Noirby.
— Si tu crois
que c’est bon pour toi de t’ingurgiter de
I’eau-de-vie comme ca. (Elle le sect).
Alfred Noirby. — Comme ca! A t'en-
tendre, on croirait que je passe ma vie a
me piquer le nez.
Mine Noirby. — Tune te grises pas, non!
Mais, tu n’es pas ce que j’appelle un homme
sobre.
Alfred Noirby. — Qu’est-ce que tu
appelles un homme sobre, s’il te plait?
Mme Noirby. — Je n’en sais rien... Tiens !
M. Maxime, par exemple !
Mwime, protestant. — Oh ! chere Madame !
La CARNINE LEFRANCQ est SUPERIEURE a. teas lesproduits qu’on Ini oppose,
MOINS CHERE aussi parce qa’elle naUlise que du BCEUF, rien que du B(EUF
doni le Sue est CONCENTRE dans le VIDE et A FROID
CHANTECLAIR
M™“ Noirby. — Ne vous en defendez pas!
II n’y en a pas tant! C’est meme rare,
allezt un homme qui ne boit pas d’alcool!...
Mais, mon mari est comme les gens du
peuple ; il s'imagine que le vin, les liqueurs,
toutes ces horreurs la donnent de la force!
(Elle hausse les epaules avec mepris).
Alfred Noirby, se levant. — Je ne serais
pas aonne qu’il y eut de I'orage. II fait une
chaleur!... J’ai quelques lettres a terminer;
je descends dans mon cabinet. (II avale en
hate son cafe). Vous ne vous en allez pas
tout de suite, Caro ?
Maxime indecis. — Mais...
Mme Noirby, viuement. — II est a peine
neuf heures. M. Caro va rester un peu avec
Alfred Noirby. — C’est ca! Tenez com-
pagnie a ma femme. Je remonte dans
dix minutes, et, quand vous partirez, je vous
ferai un bout de conduite, si vous voulez.
Maxime. — Tres volontiers, je vous
attends.
M. Noirby lui offre un cigare; il le prend, I’al-
M. Noirbv leiitre dans le salon on brulent
deux lampes voilees de sole rose. Il a soin de
moustiques, et on entend son pas lourd des-
cendre I’escalier. Silence. Le balcon est plein
de nuit. La pointe rouge du cigare de Maxime
indique la place oii il se trouve. On ne volt
pas sa figure. Quant a Mme Noirby, etendue
sur une chaise longue, a cote de Maxime, on
distingue seulement sa robe claire qui fait
une tache blanche dans I’obscurite.
Mme Noirby, tres has, et en cherchant la
main de Maxime. — Bonsoir, mien I
Maxime, lui baisant les doigts. — Bonsoir,
Linochette!
Mme Noirby. — Qu’est-ce que tu as, tu
n’es pas malade ?
Maxime. — Non, pourquoi?
Mme Noirby. — Tu n’as rien mange, ce soir.
Ma.xime. — Je n’avais pas faim.
Mme Noirby. — Moi qui t’avais fait faire
des plats speciaux! Rien que des legumes
verts... Tu as tout laisse sur ton assiette!
Maxime. — Il y avait une mouche dans
les epinards.
Mme Noirby, saisie. — Pas possible!
Maxime. — Et puis, quand meme,je tele
repete, je n'avais pas faim.
Petit silence.
Mme Noirby. — Qu’est-ce que tu fais,
demain, mon amour?
Maxime. — Je dejeune a Dives.
Mme Noirby. — Avec qui ?
Maxime. — Avec des gens sans interet.
Mme Noirby. — Tu peux bien me dire
Maxime. — Les Desmarches et leur bande.
Mme Noirby. — Les Desmarches, Des¬
marches. (( Briqueterie d art »?
Maxime. — Non, les Demarches <( Cuirs
et peaux)). Les Desmarches Briqueterie soiit
colles, tandis que ceux de Dives sont maries.
Mme Noirby. — Oh! Si tu crois que tu
me rassures! Collees ou mariees, toutes les
femmes Desmarches se valent! Toutes catins!
Maxime. — Allons ! Ne commence pas a
hecher, le hechage est un signe d’inferiorite.
Mme Noirby, suivant sa pensee. — Avec
ca que tu ne le sais pas aussi hien que moi,
qu’elles sont des... ce que je viens de dire!
Tu te souviens de ce que tu m’as raconte?
De ton voyage a Anvers, quand tu etais
seul, en coupe, avec Regine Desmarches,
Mme Siclair et Mme Etang, et que, pour
t’allumer, elles t’ont donne chacune, un
bout de ruban de leurs jarretieres ?...
Est-ce vrai, oui ou non?
Maxime. — C’est vrai!
Mme Noirby. — Et, si I’inspecteur n’etait
pas venu demander les billets...
Maxime, sechement. — Oui, mais comme
il est venu, I’inspecteur, n’en parlous plus,
n’est-ce-pas ?
Mme Noirby. — Enfin, tu dejeunes demain
avec ces sales femmes, toutes les trois, ear
elles ne se quittent pas.
Ma.xime, froidement. — Je dejeune avec
elles et leurs maris, en effet. (Petit silence).
Mme Noirby. — Et le soir, ou dines-tu?
Maxime. — Chez moi.
Mme Noirby. — Comment chez toi ! Je
t’ai invite tantot, en prenant mon bain. Tu
dines ici demain soir.
Maxime. — Encore?
Mme Noirby. — Certainement.
Maxime. — Mais...
Mme Noirby. — Ca t’ennuie ?
Maxime. — Non, ma chere Linoche, ca ne
m’ennuie pas, seulement, je t’avouerai que
cela me gene un peu, que cela me gene
meme beaucoup, de diner comme ca, a
chaque instant, dans ta maison. Pour les
domestiques, pour le monde, de quoi ai-je
I’air? J’ai l air d’un monsieur qui se vautre
dans votre bien-etre, dans votre luxe... Si
j’etais riche, comimends-moi hien, je m’en
ficherais pas mal; je vous rendrais vos poli-
tesses en cadeaux epastrouffants; le plus
lieau collier de Lalique serait pour toi;
j’inonderais Alfred de presents couteux...
Mais, panne comme je le suis... ma situation
est vrairaent trop dMicatel...
(
Lc Professcur HARTMANN
CHANTECLAIR
Mnie Noirby, voix alteree. — Qu’est-ce
que tu racontes la? Qu’est-ce qui teprend?
Tu ne veuxplus diner chez moi, maintenant?
Maxime. — Aliens, bon ! Voila bien I’exa-
geration des femmes! Je ne veux plus diner
chez elle, parce queje constate que je viens
trop souvent!
Mme Noirby. — Mais tu n’as jamais dit
cela, depuis un an que nous nous aimons...
Au contraire I Tu etais heureux, mejurais-tu,
d’avoir un interieur ou tu te savais desire,
attendu, choye I... Mon mari n’est pas
gentil pour toi ?
Maxime. — II est exquis, j’en suishonteux.
Mme Noirby. — Et les domestiques ? Et
tout le monde? On t’adore, on se met en
quatre pour te faire plaisir... Est-ce que tu
as jamais senti que tu pouvais etre impor-
tun, dis?
Maxime. — II n’est pas question de vous
tons; il s’agit de moi, de mes sentiments
personnels. Eh bien I je trouve que ma
situation chez toi, en tant que convive
assidu, perpetuel, a quclque chose d’humi-
liant pour ma dignite... Permets-moi d’etre
surpris que tu ne le comprennes pas.
Mme Noirby, d’une voix amere. — Est-ce
que ce n’est pas Victor Hugo qui a ecrit :
II est des trahisons qu’on habille en scrupules.
Maxime, se levant. — Peut-etre bien, je
nem’en souvienspas, je n’aiaucunememoire.
Mme Noirby. — Vous n’avez pas besoin
de le dire, on le voit!
A ce moment, les portes et fenetres du salon
sont ouvertes par M. Noirby, qui tient quel-
ques lettres a la main. II tacbe d’apercevoir
Mme Noirby tout en I’appelant, mais I’obscu-
rite est trop profonde.
M. Noirby. — Aline I ;
Mme Noirby, sursantant. — Qu’est-ce
que e’est.
M. Noirby. — Ce n’est que moi! As-tu
quelque chose sur tes epaules. Veux-tu ton
Mme Noirby. — Non, merci.
M. Noirby, d Maxime. — Venez-vous a
la gare avec moi, Caro? Je vais porter mes
lettres.
Maxime. — Tout de suite. (A Afme Noirbij).
Bonsoir, chere Madame I
Mme Noirby, elle lui tend la main. —
Bonsoir, cher Monsieur. (D’une voix trem-
blante). Vous n’oubliez pas que vous dinez
domain avec nous ?
Maxime. — Ohl cela ne me serait pas
possible... Pardonnez-moiI Je crains bien
d’etre oblige de partir pour Paris.
MmcNoiRBY, nerveuse. —Mais, cependant...
M. Noirby, gros l ire cordial. — N’insiste
pas, ma femme, tu serais peut-etre indis¬
crete, venez-vous, Caro?
Les deux bommes descendent sur la plage,
Mme Noirby se penebe pour les voir passer
et pour entendre ce qu’ils disent; mais ia mer
grondante qui accourt, en roulant des galels
sur le sable, couvre le bruit de ieurs voix.
M. Noirby, respirant largement. — Ah I
la mer remonte! Ca fait du bien! (II tend
une enveloppe a Maxime). Tenez ! cher ami!
Maxime, serrant Venveloppe dans son
portefeuille. — Merci. Je vous rendrai ca
le 16 du mois prochain. Je dois toucher de
I’argent le 15.
M. Noirby. — Quand vous pourrez...
(Petit silence). Dites-moi done Caro, cette
femme dont vous avez plein le dos, cette
femme que vous fuyez, e’est une cocotte?
Maxime, allumant une cigarette. — Non,
e’est une femme mariee. Jane Marni
CHANTECLAIR
ATTAOO^E PARTOUT ET PAR TODS
non seulement la CARNINE LEFRANCQ
resiste, mais elle ne cesse de grandir. -
N’est-ce pas Id une prettve manifeste
de sa haute valeur et de sa superiorite
sur tous les produiis qu’on lui oppose ?
Nos affaires se developpent avec une telle intensite que nous procedons, ea ce
moment, dans notre USINE de ROMAINVILLE a de nouveaux agrandissements d’une
teUe importance qu'Us nous mettent dans I'obligation d’augmenter notre capital de
400.000 Francs.
Le capital de la CARNINE vient done de passer
de 1.600.000 Francs a 2.000.000 de Francs,
entierement verses.
CHANTECLAIR
L’artiste s’est inspire d’un Episode de I'lnquisition albigeoise, a
ment du XiV" sifecle.
A droite, des ouvriers en presence de Picquigny et de I’un des Consuls de la
ville, sont occupes h d^molir le mur qui obstrue la porte de la prison. A gauche,
Bernard D^licieux parle a la foule, qu’un autre Consul maintient du geste. Des
femmes et des enfants s’avancent en pleurant de joie.
CHANTECLAIR
Le Professeur HARTMANN
Henri Hartmann est ne a Paris le 26 juin
1860, et a fait ses audes an Lyca Con-
Traite des maladies de Vestoinac, avec
Soupault; des annotations et additions an
Trade des maladies des voies urinaires de
Furbringer; une Chirurgie gastro-intestinale
et nne Chirurgie des organes genito-iiri-
naires de I’homme. Enfin, en collabo¬
ration avec Paul Berger, il a dirige
la publication d’un Trade de me-
decine operatoire et de therapeu-
tique chirurgicale, en 10 volumes.
Dernierement, au Congres de
Budapest, le docteur Hartmann
s’est declare partisan resolu de
I’operation precoce de I’appendi-
toutes les fois que le dia¬
gnostic est fait dans les 48
premieres heures. Comme de
I’appendicite, il est aussi un vir¬
tuose de la nepbrectomie; au xxii^
congres fraucais de chirurgie, il
annoncait en etre a sa 265“ operation
ou. le rein, et faisait connaitre que sur
57 nephrectomies pour tuberculose re-
nale, il n’avait enregistre aucune mort
operatoire.
Le professeur Hartmann est actuellement
chirurgien de I’Hopital Lariboisiere et
redacteur en chef des Annales de Ggne-
cologie. Il est Chevalier de la Legion
d’Honneur.
dorcet.
E,xterne des Hopitaux en 1880, interne
en 1881, aide d’anatomie en 1884, prosec-
teur en 1886, chirurgien des Ho]U-
taux en 1892, agrege de la Faculte
de Medecine en 1895, il exercait les
functions de sous-directeur des
travaux de medecine operatoire
en 1898, et etait charge du
cours de Clinique annexe en
1907. En 1909, il ohtenait la
chaire de Pathologic externe a
la Faculte.
Sa nomination de professeur
n’etait que la consecration d’une
activite mise tout entiere au ser¬
vice de I’enseignemeut depuis le
dehut de sa carriere, car le doc¬
teur Hartmann est de ceux dont on
pent dire qu’ils sont des professeurs-nes.
On doit au professeur Hartmann de tres
nomhreux travaux sur I’anatomie, sur la
chirurgie ahdominale et sur les voies uri¬
naires; il a en outre publie r un Manuel
de pathologic externe et de clinique chirur¬
gicale, avec F. Terrier et A. Broca; une
Chirurgie de I'estomac, avec F. Terrier;
une Chirurgie du rectum, avec Quenu; un
UNE LETTRE DE MADAME DE POMPADOUR
Ambitionnant pour son frire la surintendance
des Batiments, Madame de Pompadour desira
qu’il entreprlt un voyage artistique en Italie, afin
que, par la suite, il se raontrat digne de sa charge.
Abel Poisson, alors M. de Vandierre et plus
tard marquis de Marigny, fut partout accueilli
par les souverains, et avec les plus flatteurs hom-
mages. C’est a ce propos que fut dcrite la lettre
qui suit. Elle ebranle I’idee que nous nous faisons
d’une marquise de Pompadour exclusivement
frivole, incapable de jugement et de sagadte :
« Je suis fort aise de la reception que le Saint-
« Pfere vous a faite. La considdralion que Ton a
« pour mol ne m’dtonnait pas dans ce pays-ci.
< oil tout le monde a, ou peut avoir, besoin de
i i . mes services; mais j’ai ete etonnee qu’elle fut
j? « jusqu’a Rome. Malgre cet agrement dont il faut
« jouir, puisqu’il existe, la tete ne m’en tourne
Il « pas; exceptd le bonheur d’toe aime de ceux
If « qu’on aime, qui est de tous les etats, une vie
w « solitaire et peu brillante est bien 4 preferer.
“J < J’espere que vous penserez comme moi, et que
°° < vous ne vous croirez pas plus grand pour les
Jf « honneurs passagers que I’on rend k la place et
w « non k la personne. »
w M. de Vandierre fut titulaire de la grande charge
de la surintendance des Batiments en 1751, et il
la garda plus de vingt ans.
REMERCIEMENTS
Pcrmettez-moi done de
aussi bon produit.
L’emploi frequent que ie fais de la CARNINE LEFRANCO en clientae, dans la
neurasthenie, la convalescence des maladies infectieuses et surtout la tuberculose a
vous remercier'et de vous feUciter, en meme temps, d'avoir mis entre nos mains un
Docteur A. Romieux, Ancien Interne des Hopitaux de Nantes,
He de Groix, (Morbihan).
r
JEAN-JACQUES ROUSSEAU
Deux choses presque inalHables s’unissetat g
en moi, sans que j’en puisse eoncevoii- la ma- g
niere; un temperament tres ardent, des |
passions vives, impetueuses, et des idees |
lentes a nattre, embarrassees et qui ne se g
presentent jamais qu’apres coup. On dirait g
que mon ccenr et mon esprit n’appartien- g
nent pas au meme individu. Le sentiment, §
plus prompt que I’eclair, vient remplir mon ^
ame; mais au lieu de m’eclairer, il me brule g
et m’eblouit. Je sais tout et je ne vois rien. «
Je suis emporte, mais stupide; il fautqueje y
sois de sang-froid pour penser. Ce qu’il y a ^
d’etonnant est que j’ai cependant le tact g
assez stir, de la penetration, de la finesse ®
meme, pourvu qu’on in’attende : je fais g
d’excellents impromptus a loisir, mais sur o
le temps je n’ai jamais rien fait ni dit qui g
vaille. Je ferais une fort jolie conversation ©
par la poste, comme on 'dit que les Espa- g
gnols jouent aux echecs. Quand je lus le B
trait d’un due de Savoie qui se retourna, g
faisant route, pour crier : « A votre ©
gorge (1), marchand de Paris. )) Je dis ; §
« Me voila. )) g
(1) Menace dans le sens de ; Gare a vous ©
<1 = — O °
PEINT PAR LUI-MEME
Cette lenteur de penser, jointe a cette
vivacite de sentir, je ne I’ai pas seulement
dans la conversation, je I’ai meme seul et
quand je travaille. Mes idees s’arrangent
dans ma tete avec la plus incroyable diffi-
culte; elles y circulent sourdement, elles y
fermentent jusqu’a m’emouvoir, m’echaulfer,
me donner des palpitations; et au milieu
de toute cette emotion, je ne vois rien
nettement, je ne saurais fcrire un seul mot,
il faut que j’attende. Insensiblement, ce
grand mouvement s’apaise, ce chaos se
debrouille, chaque chose vient se mettre a
sa place, mais lentement, et apres une
longue et confuse agitation. N’avez-vous
point vu quelquefois I’Op&a en Italic ?
Dans les changements de scene, il regne
sur ces grands theatres un desordre desa-
greahle et qui dure assez longtemps : toutes
les decorations sont entremelees; on voit
de toutes parts un tiraillement qui fait
peine, on croit que tout va renverser;
cependant peu a peu tout s’arrange, rien
ne manque et Ton est surpris de voir suc-
ceder a ce long tumulte un spectacle ravis-
sant. Cette manmuvre est a peu pres celle
2.000.000 DE FRANCS
12.000 mares carres
CARNINE LEFRANCO
CHANTECLAIR
qui se fait dans raon cerveau quand je veux
ecrire. Si j’avais su premierement attendre,
et puis rendre dans leur beaute les choses
qui s’y sont ainsi peintes, peu d’auteurs
m’auraient surpasse.
De la vient I’extreme difficulte que je
trouve a &rire. Mes manuscrits, natures,
barbouilles, meles, indechifl'rables, attes-
tent la peine qu'ils m’out coutee. II n’y en
a pas un qu’il ne m’ait fallu transcrire
quatre ou cinq fois avant de le donner a
la presse. Je n’ai jamais pu rien faire la
plume a la main vis-a-vis d’une table et de
mon papier; c’est a la promenade, au mi¬
lieu des rochers et des bois, c’est la nuit
dans mon lit, et durant mes insomnies,
que j’ecris dans mon cerveau; I’ou pent
juger avec quelle lenteur, surtout pour un
bomme absolument depourvu de meraoire
verbale, et qui de la vie n’a pu retenir six
vers par cneur. II y a telle de mes periodes
que j’ai tournee et retournee cinq ou six
nuits dans ma tete avant qu’elle fut en etat
d’etre mise sur le papier. De la vient encore
que je reussis mieux aux ouvrages qui de-
raandent du travail qu’a ceux qui veulent
etre faits avec une certaine legerete, comme
les lettres, genre dont je n’ai jamais pu
prendre le ton, et dont I’oecupation me met
au supplice. Je n’ecris point de lettres sill¬
ies moindres sujets, qui ne me coirteiit des
lieiires de fatigue, ou, si je veux ecrire de
suite ce qui me vient, je ne sais iii com-
mencer ni finir; ma lettre est un long et
coiifus verbiage; a peine m’entend-oii quand
on la lit.
Non seulement les idees me content a
rendre, elles me coutent meme a recevoir.
J’ai etudie les bommes, et je me crois assez
bon observateur (1); cependant, je ne sais
rien voir de ce que je vois; je ne vois bien
que ce que je me rappelle, et je n’ai de
I’esprit que dans mes souvenirs. De tout ce
qu’on dit, de tout ce qu’on fait, de tout ce
qui se passe en ma presence, je ne sens
rien, je ne penefre rien. Le signe e.xterieiir
est tout ce qui me frappe. Mais ensuite tout
cela me revient; je me rappelle le lieu, le temps,
le ton, le regard, le geste, la circonstance ;
rien ne m’ecliappe. Alors, sur ce qu’on a
fait ou dit, je trouve ce qu’on a pense; et il
est rare que je me ti-ompe.
Si peu maitre de mon esprit, seul avec
moi-meme, qu’on juge dece que je dois etre
dans la conversation, ou, pour parlcr a
§ propos,ilfautpenscr ala fois et sur le champ
a a mille choses. La seule idee de taut de
I convenances, dont je suis sur d’oublier au
S moms quelqu uiie, suffit pour m’intimider.
g Je ne comprends pas meme comment on
g ose parler dans un cercle; car a chaque
e mot il faudrait passer en revue tous les gens
g qui sont la; il faudrait connaitre tous leurs
8 caracteres, savoir leurs histoires, pour etre
a sur de ne rien dire qui puisse offeiiser
I quelqu’un. La-dessus, ceux qui vivent dans
g le monde out un grand avantage ; sachant
S mieux ce qu’il faiit laire, ils sont plus surs
8 de ce qu’ils disent; encore leur ecliappe-t-il
8 souvent des balourdises. Qu’on juge de
g celiii qui tombe la des nues : il lul est
I presqiie impossible de parler une minute
8 impunement. Dans le tete-a-tete, il y a un
I autre inconvenient qui se trouve pire, la
g necessite de parler toujours : quand on
g vous parle, il faut repondre, et si I’on ne
S dit mot, il faut relever la conversation.
© Cette insupportable contrainte m’eut seule
g degoute de la soeiete. Je ne trouve point
g de gene plus terrible que I’obligation de
g parler sur le champ et toujours. Je ne sais
8 SI ceci tient a ma mortelle aversion pour
g tout assujettissement; mais'c’est assez qu’il
g laillc absolument qne je parle pour que je
I dise une sottise infaillibicment.
I Ce qu’il y a de plus fatal est qu’au lieu
g de savoir me taire quand je n’ai rien a
g dire, c’est alors que, pour payer plus tot
i ma dette, j’ai la ftireur de vouloir parler.
g Je me hate de balbutier promptement des
5 paroles sans idees, trop heureux quand
I elles ne signilient rien du tout. En voulant
^ vaincre ou caeher mon ineptie, je manque
S rarenient de la montrer.
a- Je crois que voila de quoi faire assez
g eomprendre comment n’etant pas un sot,
8 j’ai cependant souvent passe pour I’etre,
8 meme chez des gens en etat de bien juger;
g d’autant plus malheureux que ma physio-
8 nomie et mes yeux promettent davantage,
I et que eette attente frustree rend plus cho-
g quante aux autres ma stupidite. Ce detail,
? qu’une occasion particuliere a fait iiaitre,
i contient la clef de bien des choses extra-
S ordinaires qu’on m’a vu faire et qu’on attri-
i bue a une humeur sauvage que je n’ai
J point. J’aimerais la soeiete comme un
5 autre, si je n’etais stir de m’y montrer
S non seulement a mon desavantage, mais.
5 tout autre que je ne suis. Le parti que j’ai
5 pris d’ecrire et de me cacher est precise-
^ ment celui qui me convenait.
0 Jean-Jacquhs Rousseau.
Lc Professcur Georges BOGDAN
Doyen de I’Universite de Jassy (Ronmanie)
CHANTECLAIR
AUX GRANDS MAUX, LES GRANDS REMEDES
LA DERNIERE ATTAQUE. — NaiVement, nous supposions que tous les
arguments — et quels arguments! — employes contre la Gamine Lefrancq etant
epuises, ses antagonistes allaient desarmer;
PAS DU TOUT.
N’ayant point reussi par la persuasion, ils imaginent maintenant de recourir a
des moyens plus violents, et c’est ainsi que depuis 5 ou 6 mois, dans un certain
nombre de villes, on a decide de boycotter la CARNINE :
ON REFUSE DE LA VENDRE.
UN MARIAGE A LA COTE DTVOIRE
La Marifie
MM. les Medecins, que si leurs clients eprouvent la moindre difficulte pour se procurer
la Gamine Lefrancq, ils peuvent
S’ADRESSER DIRECTEMENT A LA SOURCE !
meme pour un seul flacon |
Envoyer un Bon de Paste de 10 fr. aux ETABLISSEMENTS EUMOUZE, 78, Eaubourg
Saint-Denis, d Paris, pour recevoir un flacon de Carnine franco de tous frais, d domicile.
PRIX SPECIAUX POUR MM. LES MEDECINS
CHANTECLAIR
UN APPEL DE LOUIS XVIII A BONAPARTE
Premier Consul
Ceux (111 parti royaliste cpii, apres la f
Revolution, s’^aient rapproches du non- S
veau gouvernement, croyaient, ou feignaient g
de croire — afin que leur digiiite fut sauve ^
— que Bonaparte voulait rappeler les Bour- g
bons. Cette opinion parvint jusqu’au prince B
h&itier qui devint Louis XVIII, lequel y g
ajouta foi avec I’aveugle credulite d’un exile |
impatient du retour. g
Cette lettre singuliere, adressee au Premier |
Consul, dit assez combicn le prince .jugeait g
naturelle sa demarche, et la confiance qu’il g
paraissait avoir en son resultat ;
(( 20 FevHcr mo. I
« Quelle que soit leur conduite apparente, g
(( des hommes tels que vous. Monsieur, g
(( n’inspirent jamais d’inquietude. Vous avez jg
« accepte une place eminente, et je vous en g
« sais gre. Mieux que personne, vous savez 5
(( ce qu’il faut de force et de puissance pour g
« faire le bonlieur d’une grande nation, g
« Sauvez la France de ses propres fureurs, w
(( vous aurez rempli le premier vceu de g
« mon coeur; rendez-lui son roi, et les ge- |
(( nerations futures beniront votre memoire. g
« Vous serez toujours Irop neeessaire a g
(( I’Etat pour que je puisse acquitter par 5
« des places importantes la dette de mes g
(( aieux et la mienne. Louis. » 8
Bonaparte, fort surpris et ties occupe, 6
laissa passer le temps sans faire de re- g
Le prince, avec nne assurance toujours w
plus affermie par son parti, mnvait bientot g
cette seconde lettre : g
« Depuis longtemps, general, vous devez g
« savoir que mon estime vous est acquise. h
« Si vous doutiez que je fusse susceptible g
« de reconnaissance, marquez votre place,
<( fixez le sort de vos amis. Quant a mes
(( principes, je suis Francais ; clement par
« caractere, je le serais encore par raison.
« Non, le vaincjueur de Lodi, de Casti-
« glione, d’Arcole, le conquerant de I’ltalie
« et de I’Egypte, ne pent pas preferer a la
« gloire une vaine celebrite. Cependant,
« vous perdez un temps precieux : nous
(( pouvons assurer le repos de la France;
« je dis « nous », parce que j’ai besoin de
(( Bonaparte pour cela, et cju’il ne le pour-
« General, I’Europe vous observe, la gloire
« vous attend, et je suis impatient de ren¬
te dre la paix a mon peuple.
Cette fois, le Premier Consul liii repon-
dit, ne lui laissant aucune esperance. Outre
son desir de regner en France, il conside-
rait comme nrfaste le retour des Bourbons.
Sa reponse fut done conforme a sa pensee :
La void ;
« Paris, le 20 Fructidor, an VIII
« (7 Septembre 1800).
« J’ai recu. Monsieur, votre lettre; je vous
« remercie des choses honnetes cjue vous
(( Vous ne devez pas sonhaiter votre re¬
el tour en France; il vous faudrait marcher
ee sur cinq cent mille cadavres.
ee Sacrifiez votre interet au repos et au
ee bonheur de la France; I’bistoire vous en
ee tiendra compte.
ee Je ne suis pas insensible aux malheurs
ee de votre famille : je contribuerai avec
ee plaisir a la douceur et la tranquillite de
« votre retraite.
ee Bonaparte. ))
••~i ] ° r=
LA MORT DE BARA
Eminent a la guerre de Vendde par le Gdndral Desmanes, en 1794, et rev6tu du costume
de Hussard, le jeune Bara, aloes agd de 15 ans, tut tuS par les Venddens a qul 11 refusait de
livrer les chevaux de son maltre. Dans la sdance de la Convention du 8 Nivdse, an II, Robespierre
cdldbra son hdroisme en ajoutant qn’il avait pSri pour avoir refusd de crier « Vive le Roi ! »
La Idgende s’empara ddsormais du nom de Bara, dont elle fit un tambour de 13 ans.
(Voir noire reproduction page 6).
LA MORT DE BARA
Reproduction par la photographie des couleurs d’un tableau de Weerts, MusSe du Luxembourg, Paris
CHANTECLAIR
Le Professeur Georges BOGDAN
Doyen de I’Universite de Jassy (Roumanie).
Georges Bogdan est n6 a Jassy (Rou¬
manie), le 18 mai 1859. II a fait ses
^udes m^dicales a Paris.
Externe des Hopitaux, Medaille de
Bronze de 1’Assistance publique, succes-
sivement eleve de Fournier, de Besnier
et de Brouardel, il se faisait recevoir
docteur en 1885.
II retournait alors dans
pays, et faisait sa carriere a
la Faculty de Medecine de
Jassy, ou il occupe mainte-
nant la chaire de Medecine
Ifegale, et dont il est le Doyen.
On doit au professeur
Bogdan de nombreuses pu¬
blications concernant la m6de-
cine 16gale et la v6n6r6ologie,
donn^es dans les Archives de
Medecine legale et d’Aiithropologie crimi-
nelle, de Lacassagne, de Lyon, dans la
Revue de Medecine legale et dans les
Bulletins de la Societe de medecine et de
la Societe de dermatologic de Paris.
Le docteur Bogdan est d’ailleurs le
fondateur et a ete pendant de longues
ann^es le r^dacteur en chef du Bulletin
de la Societe de medecine de Jassy. Il
est actuellement le president de cette
Soci6te et le directeur du Laboratoire de
medecine I6gale de la Faculte de m6-
decine.
La Soci6t6 de medecine legale
de France, la Soci6t6 de m6de-
cine de Paris et la Society de
dermatologie et de ven6r6olo-
gie de Paris le comptent
parmi leurs membres corres¬
pondents.
Le professeur Bogdan,ancien
s6nateur dans le Parlement
roumain,estOfficierdela L6gion
d’Honneur et Commandeur de
la Couronne de Roumanie.
L’Universite de Jassy, qui compte ddja
un demi-siecle d’existence, se prepare
aux fetes du Jubil6 de son cinquantenaire,
qui auront lieu du 16 au 18 octobre
prochain.
PORTRAIT-CHARGE. - Entoure de tous les acccssoires dont a besoin le medecin legiste, et aussi de
quelques pieces a conviction macnlees de sang —, le professenr Bogdan expose le resnltat de ses expertises...
CO ^ ^ c. ^
? AUCUNE CUISINE
PAS D’ADDITIONS PAS DE MELANGES
La CARNINE LEFRANCQ
est preparee avec du Sue musculaire de BCEUF pur
CONCENTRE dans le VIDE et a FROID
Docteur PLOUZANE
Je n’ai jamais eu qu'a me loner de la
CARNINE LEFRANCQ et plus je I’emploie dans
les cas on elle est indiquee, plus j’en suis satisfait.
Docteur Vlahlidi,
Bucarest (Roumanie).
CHANTECLAIR
NAPOLEON et les AEROSTIERS
IL Y A CENT ANS
CARNINE LEFRANCQ
ET CEUFS FRAIS CRUS
Dans le 18“ volume cle la Correspondance
de Napoleon il se trouve une piece ori-
ginale qui merite de prendre place dans
I’histoire de la navigation aerienne.
An mois d’octobre 1808, on remettait
tres serieusement a I’Empereur la
note suivante :
« Le general Clarke, ministre
de la guerre, soumet a I’Em-
pereur le projet d’u
Lhomond, ex-chef de ba-
taillon des aerostiers
qui propose d’operer
une descente en An-
gleterre au moyen d
100 raontgolfieres de
100 metres de dia-
metre, dont la na¬
celle pourrait i
nil- 100 hommi
des vivres pour 15
jours, 2 pieces de
canon avec caissons,
25 chevaux et le bois
necessaire pour alimenter
la montgolfiere.
Sur cette note, Napoleon
« Renvoye a M. Monge pour
savoir si cela vaut la peine de
faire une experience en grand.
Je tiens avous communiquer les hen
rapides resultats que j’ai obtenus
Gamine Lefrancq chez les tube
[leux de notre pays. Rien ne vaui
matiere de tuberculose, la surali
tation obtenue par ce produit
;, associe aux oeufs frais
ite mes confreres a
arir a ces deux precieux
aliments, qui n’ont
contre-indication e
quels I’estomac s’habitue
bien vite. Ce sera, du
■este, le sujet d’une
communication de-
taillee que je pre-
senterai au pro¬
chain Congres de
Medecine de la Fa-
culte de Beyrouth,
que je soutien-
Docteur Negib Batlouni,
Medecin de I’Hopital Saint-Georges,
Beyrouth (Syrie).
CARNINE LEFRANCQ
EST ASEPTIQUE
ACCROIT LA RESISTANCE
AU FROID
CONTIENT LES FERMENTS
VIVANTS
DU sue MUSCULAIRE
Depot General : ETABLI88EMENT8 FUMOUZE, 78, Faubourg 8aint-Denis « PARK
AUTOUR DE HOCHE
Au chateau de Gaillefontaine, dans le pitto-
resque pays de Bray, en Normandie, h quelques
kilometres de Forges-les-Eaux, feu le marquis
des Roys, petit-fils du general Hoche, s’etait
attache de son vivant a reunir autant qu’il I’avait
pu les papiers et les reliques de son illustre
aieul. Dans l’h4ritage de ses parents, il en avait
trouve un certain nombre. Par des achats succes¬
ses et des demarches multipliees, il enrichit ce
tresor, et ce n’est point un spectacle banal que
celui de ce gentilhomme de vieille race et d’opi-
nion royaliste se depensant et se prodiguant,
avec le zele filial le plus touchant, pour honorer
la memoire du grand republicain que fut le ge¬
neral Hoche.
Le respect et I’amour qu’il professa toujours
pour son grand-pere lui avaient Ste inculques
par la veuve de celui-ci. Hoche survecut
soixante-deux ans a son mari. C’est au mois de
septembre 1797 qu’elle lui fermait les yeux au
quartier general de I’armee de Sambre-et-Meuse,
et elle-meme n’est morte qu’en 1858. Le marquis
des Roys I’avait done connue; il avait grandi pres
d’elie, I’entendant parler a toute heure de I’epoux
regrette qu’elle pleurait encore k quatre-vingts
ans comme au jour ou elle I’avait perdu.
De son mariage avec lui etait nee une fille, qui
epousa sous la Restauration le descendant de
I’antique maison des Roys, originaire d’Auvergne,
deja connue dans cette province aux temps de
la feodalite, de telle sorte que les archives de
Gaillefontaine s’ouvrent par des parchemins en
date du xif siecle et, se continuant a travers
notre histoire, viennent aboutir a la correspon-
dance et aux glorieux etats de services d’un
jeune general sorti des rangs du peuple les plus
obscurs et les plus humbles et defenseur de la
Republique.
Cette terre de Gaillefontaine ou tant de nobles
souvenirs sont pieusement conserves appartenait,
lorsqu’eclata la Revolution, a M. de Monlmorin,
le ministre des affaires etrangeres de Louis XVI.
Convert de dettes et contraint, pour les payer, de
se defaire de ce domaine, il le vendit a Joseph
Duruey, administrateur de la Tresorerie nationale.
Mais, avant d’en avoir re(;u le prix, il perissait,
'massacre a la prison des Carmes, pendant les
journees de Septembre. Bientot apres, tons les
NE CHERCHEZ PAS
qui puisse etre compare a la CARNINE LEFRANCQ,
IL N’EXISTE PAS ENCORE
CHANTECLAIR
membres de sa famille etaient envoyes k la mort,
k I’exception d’une fille qui fut cette poetique
Pauline de Beaumont qu’a immortalisee Chateau¬
briand. Puis, Duruey montait a son tour sur
I’echafaud, au mois de ventose de Pan II. La
difficulte d’etablir k qui appartenait la terre de
Gaillefontaine, vendue mais non payee, la sauva
de la confiscation. Le calme revenu, les heritiers
de Duruey la mirent en vente, en 1800, afin de
s’acquitter envers M™' de Beaumont, heritiere de
Montmorin. Mms Hoche I’acheta a la condition
de ne la payer qu’en trois ans, ce que lui permi-
rent de faire des coupes
annuelles. En 1803, M">e
de Beaumont mourait
k Rome, et c’est a ses
ayants droit que Mme
Hoclie eut k faire les
derniers payements.
Son petit-fils I’entendit
mainfes fois raconter
qu’4 valoir sur la somme
dont elle etait debitrice,
elle fut invitee par
notaire i verser trente
mille francs a Chateau¬
briand, qui etait alors
secretaire de la legation
de France J Rome. II vint
les chercher lui-meme k
Gaillefontaine. A P
croire, ils etaient destines
k payer le monument
funeraire que, d’accord
avec les heritiers de M"'*-'
de Beaumont, il allait ele-
ver k celle-ci dans Peglise
Saint-Louis-des-Franfais.
Cette circonstance ne paralt pas avoir ete
connue du regrette Edmond Bire, le savant anno-
tateur des Memoires d’outre-tombe. Dans Pedi-
tion de cet ouvrage, qu’il a publiee si peu de
temps avant sa mort, il raconte (tome II) que le
tombeau couta neuf mille francs et que, pour en
payer le prix, Chateaubriand dut vendre tout ce
qu’il avait. La contradiction qui existe entre ce
dire et celui de M'"® Hoche ouvre un point d’his-
toire qu’il serait bien interessant d’eclaircir, car,
si, pour acquitter une dette de neuf mille francs,
Chateaubriand en avait refu trente mille, on ne
s’expliquerait pas qu'il eut recouru k un expedient
pour se liberer, k moins toutefois qu’ils ne lui
aient ete comptes qu’aprfes coup et a titre de
remboursement, ce qui, d’ailleurs, ne justifierait
pas le benefice que, dans cette hypothfese, il
aurait realise sur le tombeau de son amie.
Le domaine de Gaillefontaine ne ressemble
plus aujourd’hui k ce qu’il etait alors. Le chateau
etait situe au bas d’une colline dont son pare
couvre les pentes. Le marquis des Roys Pa laisse
debout. Mais il en a construit un autre au som-
met de cette colline d’oh le regard embrasse un
des plus imposants horizons qui se puissent voir.
C’est un admirable edifice, style Renaissance, on
le gout le plus edaire, une erudition tres sure,
une passion des belles choses ont reuni tout ce
qui peut donner k une demeure un caractere
somptueusement artiste.
Je n’en dirai d’ailleurs rien autre, si ce n’est
que les livres y ont une place d’honneur, les
beaux livres, — editions rares ou introuvables,
— aussi bien que les
livres de travail. L’histoire
des cent vingt demises
annees notamment y est
representee par une collec-
temporains qui est, je
crois, la plus complete
qui existe, aprfes celle de
notre Bibliothfeque Na-
tionale. Naturellement,
qui a ete ecrit sur
Hoche y figure sur des
rayons k part, a cotS de ce
que lui-meme a ecrit a titre
prive ■ ou a titre public.
Oh 1 ces papiers, ces
papiers precieux, ces pa¬
piers venerables, tout a la
fois temoins et revela-
teurs, formant k cette
Peure vingt-cinq enorraes
in-folio, quelie joie on
goute k les parcourir! Le
heros legendaire, de ces
temps tragiques, apparait
id d^pouillS des apprets et de la pompe dont le
revet I’histoire; nous le voyons dans son inti¬
mity. II nous livre son ame, ame simple, candide
et charmante, rayonnante de foi, de jeunesse et
d’ardeur. Ecoutez-le, k la veille de son manage,
oubliant une minute les soucis de son comman-
dement et parlant k M»<i Dechaux, sa fiancee ;
« Ma chere Adelayde, pret k devenir votre
dpoux, permettez que je vous presente encore
quelques ryflexions. Mon amitie pour vous, mon
estime, mon amour meme m’en font un devoir.
Adelayde, le noeud qui va vous unir k moi est
saint et sacre. Ce n’est pas pour un moment tjffe
nous serons attaches I’un a I’autre; c’est pour
toujours, pour toujours, songez-y bien. Peut-etre,
n’avez-vous point assez reflechi k cet engage¬
ment. Ne voyez en moi qu’un simple citoyen.
Qu’un nom trop prone dans les gazettes ne
vous fasse point ddsirer de devenir I’epoux d’un
homme dont I’unique ambition est de vous ren-
dre heureuse; il est encore temps, si quelque
r
Lc Profcsseur RIBEMONT-DESSAIGNES
CHANTECLAIR
objet avait pu vous frapper. Un mot, je retire ma
parole et me borne a devenir votre ami, ne desi-
rant plus que votre estime. Faites librement cette
confidence 4 un homme assez genereux et juste
pour ne se plaindre que du sort qui I’aurait rendu
malheureux. Si, au contraire, belle et chere Ade-
layde, votre cceur innocent et pur n’a pas encore
dte touche, accordez-Ie 4 mon amour. En deve-
nant mon epouse, devenez mon amie. Je ne vous
adorerai jamais; je vous aimeraitoujours, toujours.»
Ecrite 4 Metz, oil le jeune commandant de
I’armee de la Moselle avait etabli son quartier
general, cette lettre en date du 2 ventose de
I’an 11 (10 fevrier 1794) ne precede que de quel-
ques semaines un mariage souhaite non moins
vivement par la fiancee que par le fiance. Son
cceur « innocent et pur > elle I’avait donne spon-
tanement et librement 4 I’homme de son choix.
Mais les jeunes epoux ne purent s’attarder aux
douceurs de la lune de miel. Le general Hoche 4
peine marie, un ordre du Comite de Salut public
I’arrachait aux bras de sa femme, en le nommant
au commandement de I’armee d’ltalie. 11 part,
arrive 4 Nice, ou il est re?u en triomphateur et
s’y prepare 4 descendre avec son armee dans les
plaines lombardes oil il rencontrera les Autri-
chiens. C’est 4 ce moment qu’il est arrete en vertu
d’un ordre venu de Paris.
Le void cet ordre. Date du 30 ventose (20 mars),
entierement dcrit de la main de Carnot, il porte
sa signature et celle de Collot-d’Herbois :
« Le Comite de Salut public arrete que I’expe-
dition d’Oncille, qui devait etre faite par le general
Hoche, sera confiee au citoyen Petit-Guillaume,
general 4 I’armee des Alpes, auquel il est donne
des ordres 4 cet effet.
< Les representants du peuple 4 I’armee d’ltalie
feront mettre sans delai le general Hoche en etat
d’arrestation et I’enverront 4 Paris sous bonne et
Ce mandat est accompagne d’une lettre dont
Carnot a ecrit la date et I’en-tete : « 30 ventose,
2“ annee de la Republique une et indivisible. Les
membres du Co.mite de Salut public 4 leurs
collegues au Fort de la Montagne > et que
Robespierre a continuee :
« Citoyens collfegues, nous avons la preuve que
le general Hoche est un trattre. Nous le rempla-
50ns par le citoyen Petit-Guillaume pour I’expe-
dition d’Oncille. 11 est necessaire de faire arreter
Hoche sur le champ. Remplissez cette commission
et prenez les precautions les plus sures pour le
faire transferer au Comite de Salut public. » Ont
signe : « Carnot, Robespierre, Collot d’Herbois,
Barrere et Billaud-Varenne. »
Quel temps que celui oh un patriote tel que Hoche
pouvait etre accuse de trahir sa patrie! En realite,
I’accusation n’avait aucun fondement et rien ne
la justifiait. Elle etait le fruit de la haine de Saint-
Just, d’intrigues miserables et de sourdes rivalit^s.
Voici, maintenant, I’admirable lettre par laquelle,
pendant une halte 4 Orange, le 4 avril, Hoche
annonce 4 Dechaux, son beau-pere, la mesure
dont il vient d’etre I’objet :
« Tu as appris, par ma lettre d’hier, 4 Adelayde,
mon cher ami, que j’allais 4 Paris, mande par le
Comite de Salut public. J’ignore absolument les
motifs de cette espfece d’arrestation. Quels qu’ils
soient, n’ayant absolument rien 4 me reprocher,
ma conscience est parfaitement tranquille.
« Bonvarlet t’aura certainement detaille la ma-
niere dont je fus refu 4 Nice, mon cher ami.
Je suis bien dedommage des desagrements
que j’eprouve par les marques d’estime que me
donne fsicj tons les jours les personnes qui ont
entendu parler de moi. Bonvarlet t’aura remis une
lettre que j’avais ecrite 4 ma femme dans le
premier moment. Tu la lui remettrais en cas d’eve-
nement. Mes intentions y sont consignees. Ce
sont des conseils que je donne 4 Tamitie.
« Je pleure sur toi, homme vertueux, qui jus-
qu’4 ce jour, au sein d’une famille honnete, n’a
connu que la tranquillite et le bonheur. Fallait-il
que je te connaisse pour t’affliger! Ah! pardonne,
pardonne 4 un homme qui t’aime et te revere et
qui n’est malheureux que par un exces de sensi-
bilite. Je demande ton estime ;'je la meritte fsicj
et sa perte ne ferait qu’ajouter 4 mes peines
Cache bien 4 ma femme, 4 ma chfere Adelayde
que I’homme qui voudrait son bonheur aux de¬
pens de sa vie est prive de la liberte.
« Mon cher ami, si j’en crois des pressenti-
ments flatteurs, je te reverrai bientot. Ah! mon
Dieu, que fait Adelayde?... Dans les republiques,
le general trop aime des soldats qu’il commande
n’est jamais vu de bon ceil, tu le sais. 11 est
certain que la liberte pourrait souffrir d’un tel
homme s’il etait ambitieux. Mais, moi, 4 qui
puis-je nuire? J’ai toujours fait le bien et qui
pourrait me soupfonner? Je ne vois cependant
que ce seul grief contre moi. A mon depart,
quelques personnes m’ont temoigne de I’attache-
ment. Eh bien, que Ton me fasse rentrer dans la
classe des autres citoyens; je serai fort heureux.
Mon exemple ne pourra que servir la chose
publique. Aprfes avoir sauve Rome, Cincinnatus
alia labourer son champ. Je suis loin de pretendre
egaler ce grand homme. Mais, comme lui, j’aime
ma patrie et, si ma soumission pent etre utile, je
ne demande qu’4 rentrer dans les rangs d’oh le
hasard et mon travail m’ont fait sortir trop tot
pour ma tranquillite! Quel que soit le sort qui
m’attend, je me resignerai; je suis content 4
Tavance. Que je vive en paix au sein de ma nou-
velle famille et je serai heureux en defendant les
murs qui ont vu nattre ma femme. »
{A suivre) Ernest Daudet.
(Recits des Temps Revolationnaires).
CHANTECLAIR
UNE USINE DE UN MILLION
Avec la nouveUe machine de 100 chevaux que nous avons recemment install^ et
les importantes constructions que nous venons d’edifier, I’Usine de Romainville, construite
uniquement et specialement pour la Carnine Lefrancq, represente aujourd’hui une
depense de UN MILLION DE FRANCS.
La fabrication de la Carnine Lefrancq est placee sous la surveillance constante de
M. Victor Fumouze, Docteur en Medecine, Pharmacien, Ex-Interne en Medecine des
H6pitaux, Laureat de I’Academie des Sciences, Officier de la Legion d’Honneur.
Un medecin-veterinaire, Membre de I’Academie de Medecine, est notre veterinaire-conseil.
O
N’INFLIGEZ PAS
a VOS chers petits malades le supplice du
Sirop antiscorbuhque, des emulsions, de
I’huile de morue et autres drogues.
Donnez-leur la CARNINE LEFRANCQ
dout le gout est deUcieux et I’activite
dix fois plus grande,
V Ils vous seront Reconnaissants
[>
A MADEMOISELLE ***
Oui, femmes, quo! qu’on puisse dire,
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans I’ivresse ou le desespoir.
Oui deux mots, le silence meme,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner a qui vous aime
Un coup de poignard dans le coeur.
Oui, votre orgueil doit etre immense;
Car, grace a notre lacliete,
Rien n’egale votre puissance,
Sinon votre fragilite.
Mais toute puissance sur terre
Meurt quand Tabus en est trop grand;
Et qui sait souffrir et se taire
S’eloigne de vous en 2deurant.
Quel que soit le mal qu’il endure.
Son triste role est le jilus beau.
J’aime encore mieux notre torture
Que votre metier de bourreau.
Alfred de Musset.
11 Jaiwier 1839
© © ©
Les fleurs, comme nos plus vraies
amies, s’associent a toutes les emotions
de notre ame : elles pavoisent nos fetes,
temoignent nos sympathies, suivent nos
deuils. COMTBSSE DIANE
CHANTECLAIR
Les femmes tjui
d’etre jeunes parlent des
autres comme si la vieillesse
etait un tort. II n’est pas donne
a tout le monde de mourir a propos.
Oil dit cpi’mi voiidrait mourir; oui, on le
voudrait... mais on ne le veut pas.
Carninc Lcfrancq
_ ■ INALTJERABLE
« .... I'elevage du cheval n’ayant point ete
fait jusqu’a ce jour pour en faire de la viande
de boucherie, on risquerait fort de ne trouver
que de la viande de cheval abattu pour raison
de sante ou de vieillesse et mieux vaut n’en
point manger. »
Dr Rene Savatier,
(Comment j’al gueri ma Tuberculose).
Prepare dans le VIDE a basse temperature
Procdd^ d^posd
a I’Academie de M^decine de Paris.
Carnine Lefrancq decheances physiques
Depot General ; ETABLISSEMENTS FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, PARIS
CHANTECLAIR
Le Professeur RIBEMONT-DESSAIGNES
Alban - Alphonse - Ambroise Ribemont-
Dessaignes est ne a Vendome (Loir-et-
Cher), le 27 novembre 1847. Interne des
Hopitaux de Paris, puis chef de clinique
d’accoucheraent eh 1878, il etait nomme
medecin des Hopitaux en 1882
professeur agrege de la Faculte
de Medecine de Paris en 1883.
En 1908, il devenait titu-
laire de la chaire de Clinique
obstetricale de la Faculte de
Medecine de Lyon.
Le docteur Ribemont-Des-
saignes s’est, des le debut de
sa carriere, specialise dans la
pratique des accouchements.
Dans sa these d’agregation, il
etudiait les hemorragies chez les
nouveau-nes. Lors de la controverse
qui s'eleva sur la question de savoir si
la delivrance devait etre operee par ex¬
pression de I’uterus ou par traction du
I cordon, il donnait la preference a ce
f dernier precede dans les cas normaux.
f II a imagine un tube insufllateur laryngien
I destine a faire penetrer de I’air dans la
i poitrine des enfants nes en etat de mort
apparente. Outre de nombreux me-
publies dans les journaux
speciaux, on lui doit un Precis
d’Obstetriqiie qui a eu plusieurs
editions, en collaboration avec
Lepage (1893), et une Icoiio-
graphie obstHricale, recueil
de faits rares interessant
I’obstetrique observes dans le
cours d’une pratique hospita-
liere de 25 ans.
Le professeur Ribemont - Des-
saignes a ete directeur de I’enseigne-
f ment aux sages-femmes de la Faculte de
Medecine de Paris de 1898 a 1907. Il est
% meinbre de I’Academie de medecine et
I Chevalier de la Legion d’Honneur.
PORTRAIT-CHARGE. — Le professeur Ribemont-Dessaignes en train de faire fonctionner le tube insuffla-
teur laryngien dont il est tinventeur.^ Sur une table, un second enfant, ne en etat de mort apparente, sera
La distraction est a la douleur morale ce
que le chloroforme est a la souffrance phy¬
sique, qu’il ne guerit pas, mais qu’il sus¬
pend : e’est I’instinct de conservation qui
conduit les malheureux a puiser dans un
repos momentane la force de souffrir encore.
CoMTESSE Diane
TOUTE CONSIDERATION passant apres
I'interet de vos malades, vous reviendrez a la
CARNINE LEFRANCQ si vous lui avez
momentanement prefere une autre prepara¬
tion, parce que vous reconnaitrez
QUE RIEN NE LUI EST SUPERIEUR
Nl MEME EGAL
S’aimer donne envie de vivre ensemble, mais
s’aimer ne suffit pas pour etre heureux.
Il faut encore que les gouts se ressemblent, que les
caracteres se eompletent, et que les ames se vaillent.
CoMTESSB Diane
LA FEMME A L’EVENTAIL
Reproduction par la photographic des couleurs d’un tableau d’Abel Faivre, Musde du Luxembourg, Paris.
AUTOUR DE HOCHE
(Saile et Fin).
Quelques jours apr6s, le 10 avril, Hoche arrive
d Paris; il est incarcere h la prison des Carmes.
Son premier soin est d’ecrire, de nouveau, k son
beau-p6re :
« J’ai vu, mon cher ami, une leftre de toi, qui
marquait que je ne t’avais pas ecrit depuis mon
arrestation. Pardonne-moi, mon cher ami, je t’ai
ecrit d’Orange et de Macon. Conserve-moi ton
amitie. Je suis ce que je fus toujours. Je ne.te dis
pas, cependant : Bientdt, je serai libre. Pourtant,
j’espere que Ton sera juste i mon egard. Un
homme de mon caractere, s'il a des ennemis,
doit necessairement etre perdu. Je n’en ai qu’un,
on le dit, en ce moment meme, arretd... Que fait
ma bonne, ma chere Adelayde? Qu'elle m’aime
bien et toujours. Thoiras m’a dit beaucoup de
choses. Ecris-moi, fais-moi ecrire par ma femme.
Console ton epouse, ma soeur, mon frere et
Adelayde. Le juste ciel m’a protege jusqu’ici, je
compte beaucoup sur lui. L’idee du crime n’entra
jamais dans mon coeur... Done... Le certificat de
la socidte me sera peut-etre utile. Je desirerais
que celle de Metz m’en envoyat un pareil ou,
plutot, I’envoyat au Comite de Salut public. Quel
que soil mon sort, mon cher ami, je me regarde
comme membre de ta vertueuse famille. Que de
secrets j’ai k verser dans ton sein... Mon cher
Dechaux, ecris k Debelle et dis lui que je lui
ordonne d’etre circonspect et de se menager. Son
caractere vif pourrait lui fa'ire renouveler la scene de
Metz, ce qui est fort inutile. Adieu, mon ami,
conserve k jamais mon souvenir. Peut-etre, t’em-
brasserai-je bientot, peut-etre... Adieu, mon ami,
embrasse ta famille pour moi et ma bonne Ade¬
layde en particulier. >
L’espoir si vague d’une delivrance prochaine
que Hoche exprime dans cette lettre ne devait
pas se rdaiiser. 11 avait ete mis en etat d’arresta-
tion au commencement d’avril; au mois d’aout,
sa captivite durait encore. Elle ne cessa que le ,4
de ce mois, huit jours apres le 9 thermidor. 11
dut sa liberte k la chute de Robespierre.
Le marquis des Roys etait parvenu k mettre la
main sur la presque totalite de la correspondance
de Hoche pendant sa detention. Elle consiste
surtout en petits billets, ecrits k la hate sur des
bouts de papier, voire sur les notes du restaurant
qui lui sert ses repas. Tour k tour, il donne de
ses nouvelles, remercie des demarches qu’on fait
pour lui, se plaint d’etre oublie et laisse voir, en
un mot, le decouragement, Tamertume, la revolte
dont a rempli son coeur I’inique traitement qu’on
LA CARNINE LEFRANCQ NE CONSTIPE JAMAIS
CHANTECLAIR
lui inflige. II ne salt d’ailleurs de quoi il esi
accuse, car on ne I’interroge pas; on semble ne
vouloir pas s’occuper de lui. C’est sans doute a
cette indifference qu’il dut son salut.
Aux Carmes, il avail rencontre le capitaine
d’artillerie Jean-Frangois de Thoiras, arretd, lui
aussi, sans plus de motif. Le capitaine avail
vingt-deux ans; le general en avail vingt-cinq.
Ils se connaissaient deji. Mais, a la faveur de
leur malheur commun, leur amitie se fit plus
etroite. En messi-
dor, elle fut bri-
see par le bour-
Un matin, Thoi¬
ras est appele au
tribunal revolu-
une fournee. C’e-
taitlamort. Hoche
assistait au depart
moi, lui dit Thoi¬
ras, et gardez
ma montre en
echange. >
Et cet echange
accompagne leurs
derniers adieux.
Transf^re a la
Conciergerie, Ho¬
che y fait la
connaissance de -
Josephine de
Beauharnais. Que
se passe-t-il entre
ia future impera-
ratrice et le ge¬
neral Hoche? A
quels aveux les
conduisent I’un
et Tautre, les md-
lancoliques loisirs ‘■"“t. br»un a
de la prison ? Ce
qui suit permet
de le soupfonner. Le lendemain du mariage
de Josephine avec Bonaparte, Hoche, qui se bat-
tait alors contre les Vendeens, mande de Vannes
a un ami qu’il a « redemande ses lettres i
M"'® B... Je ne me soucie pas que son mari
connaisse mon style amoureux a I’dgard de cette
femme. Comme elle a
Des hdros de son temps obtenu les faveurs,
je la meprise ». Mot singulierement cruel de la
part d’un homme 4 qui elle n’avait rien refuse,
moins cruel cependant que ce qu’il disait plus
tard a Barras. « 11 faut avoir ete en prison avec
elle pour Tavoir pu connaitre aussi intimement;
cela ne serait plus pardonnable quand on est
rendu S la liberte. »
Enfin sonne Theure de la reparation. Reconnu
innocent, Hoche revoit ses amis dont les accla¬
mations saluent sa delivrance. 11 se derobe h
leurs embrassements pour ecrire a sa femme que,
dans sa prison, il a pu « negliger conjugalement»,
mais qu’il aime par dessus tout : « Je suis libre,
Adelayde; rendons graces au del! Je m’en vais
a Thionville, a pied, comme il convient a un
republicain. Adelayde, Adelayde, quel mari tu as,
le pauvre homme! »
J’en ai assez dit pour demontrer quel intdet
presentent ces papiers de Hoche, ecrits en marge
et si courte, et
recueillis ou con¬
serves par son
petit-fils avec tant
de sollicitude et
de respect.
A cote de ces
4 Gaillefontaine
d’autres reliques
de lui. C’est d’a-
bord, indepen-
damment d’un
delicieux portrait
en miniature, un
mplai
. nous devons —
et ils sont innom-
brables — 4 la
gravure ou a la
lithographie; c’est
ensuite son uni-
forme, son epee,
sa montre, celle
de Thoiras, une
tabatifere informe
en ecorce d’arbre,
les pauvres bi¬
joux, — une chai-
nette-collier et
une paire de bou-
cles d’oreilles,
anneaux i rae-
daillons, — qui
formaient la cor-
beille de noces, offerte h sa fiancee, et enfin
Tinventaire de sa fortune, tel qu’il fut dresse apr^s
sa mort, constatant qu’il laisse h ses h^ritiers
un avoir total de 63.000 francs, y compris ses
chevaux, sa sellerie et sa batterie de cuisine. On
ne s’enrichissait pas toujours, en ce temps-lJ,
au service de la Republique, et Hoche a ete
de ceux dont le desinteressement est au-dessus
du soupfon.
Tel qu’il apparart k travers les lettres que nous
venons de reproduire, on voudrait pouvoir effacer
de sa vie la part qu’il prit au 18 fructidor et ofi
se revfele en lui, de la manifere la plus imprevue,
une ame de politicien. Soil qu’il ait voulu flatter
les hommes au pouvoir, soit qu’il ait cru la
Republique en peril, il se fait leur complice, a
Texemple de Bonaparte et d’Augereau. Il detache
Lc Profcsseur Don Rafael pORNS y ROMANS, dc Madrid.
CHANTECLAIR
de son armde plusieurs regiments qui vont jus-
qu’d Soissons, prets a repondre an premier appel
du Directoire et que les reciamations du Conseil
des Cinq Cents I’obligent a rappeler. En outre,
les caisses du gouvernement etant vides, et pour
faciliter le coup que medite Barras, il lui prete
de ses deniers et de ceux de Dechaux son beau-
pere, une somme de 48.000 livres dont sa veuve
ne sera remboursee que I’annee suivante.
Le 21 fructidor, deji mortellement atteint, il
s'ecriait au re^u des nouvelles du 18 :
« Docteur, mon rhume est gueri. Voila le
remede. >
Le lendemain, il ecrit 4 Barras :
« Bravo, mon cher Directeur, mille fois bravo!
Nous sommes tous ici dans I'enchantement. J’at-
tendais votre courrier avec bien de I’jmpatience.
•Il faut une justice prompte. Songez 'aux maux
qu’a soufferts le peuple
franjais. Pas de faiblesse.
Si vous vous conduisez
ainsi qu’en vendemiaire,
attendez-vous aux memes
resultats. Dans deux ans
ce sera d recommencer. 11
faudra s’occuper de I’epu-
ration des armees. Songez
que Scherer (ministre de
la Guerre) ne vaut rien.
Je vous offre pour le rem-
placer Tilly et Champion-
Le 27, si proche de la
mort, il envoie ses felicita¬
tions auxautres Directeurs.
« Vous venez de porter
le plus grand coup aux
ennemis de la Republi- ^
que, citoyen Directeur,
mande-t-il a La ReveilRre-Lepeaux, et de donner
aux armees qui la defendent le grand exemple
du devouement et du courage; recevez les temoi-
gnages de mon admiration et de mon zele k
seconder vos genereux efforts. Je dois vous dire
que le royalisme que vous avez comprime, dont
vous avez etouffe les esperances, etendait ses
ramifications perfides jusque dans nos camps.
Jetez I’oeil le plus severe sur les administrations,
sur les armees; vous y trouverez la foule des
agents que les traitres y avaient repandus; les
demi-mesures sont intempestives et nous ramfe-
neraient k de nouveaux dangers; frappez, ne
souffrez pas que la corruption s’introduise dans
nos armees et la patrie verra son plus beau
triomphe dans vos derniers coups. »
Il tient k Rewbell un langage analogue :
« Votre courage a pleinement triomphe des
derniers efforts du royalisme, citoyen Directeur;
je vous en felicite et vous prie d’agreer, avec les
temoignages de la reconnaissance de Tarmee que
je commande, la nouvelle assurance du zele et
de Testime que je vous ai voues. Il faut ajouter
a la victoire que nous vous devons, la compres¬
sion et la destitution prompte de tous les agents
que les traitres avaient repandus dans les admi¬
nistrations civiles et militaires; par la vous
aneantirez le germe de la corruption et vous
aurez sauve la patrie. »
Non content de prodiguer ces flatteries aux
Directeurs personnellement, il les renouvelle 4 la
collectivite du Directoire.
« Citoyens Directeurs, le Peuple franjais, par
votre energie et grdce a votre perseverance, vient
de recouvrer sa liberte; vous connaissez, Citoyens
Directeurs, Thorreur dont j’etais anime pour les
conspirateurs; plus elle etait profonde, plus je
dois me rejouir de la grande victoire que vous
venez de remporter. >
Puis, sans etre frappe par ce qu’il y a eu
d’odieux dans la conduite des Directeurs qui ont
prepare et accompli le coup d’Etat, dans les trai-
tements barbares qu’ils onf
infliges aux vaincus et par
la tache qu’il va lui-meme
imprimer k son nom, il
denonce Kleber « comme
ami de Pichegru », fait
destituer le general deSalm
« comme un vil espion >
et, sous un prdtexte, il
expedie k Paris les gene-
raux Ferino, Souham et
autres qu’il tient pour
suspects.
Enfin, en recevant le
commandant intdrimaire de
Tarmee de Rhin-et-Moselle
pendant Tabsence de Mo¬
reau appele 4 Paris, il
revient 4 la charge :
« Vous m’avez donne le
commandement de deux
armees. Le conserverai-je longtemps? Faites-le
moi connaitre afin que cette armde ressemble aux
autres. Pichegru qui, depuis six mois, y a fait placer
beaucoup de ses partisans, pourrait compter sur
quelques-uns. Je ne veux point de sang; j’abhorre
les mesures violentes. Il est cependant 4 deplorer
que les circonstances forcent le gouvernement 4
faire grace 4 ceux qui voulaient livrer notre pays
4 leurs plus cruels ennemis. Reflechissez-y, Barras;
la faiblesse d’un gouvernement encourage les fac-
tieux et nous n’aurions pas 4 deplorer les temps
affreux qui viennent de s’ecouler si les chefs des
sections eussent suivi le mattre 4 Techafaud. »
Nous voil4 bien loin du Hoche de 1793, que
le Comite de Salut public faisait arreter comme
traftre, et de celui de 1795, si chevaleresque
envers Sombreuil, aprds le desastre de Quiberon.
Ses actes et ses paroles, au moment de fmctidor,
ne peuvent que faire regretter qu’il ne soit pas
mort quelques semaines plus tot. Sa gloire serait
restee pure et sur cette physionomie glorieuse,
nous ne verrions passer aucune ombre.
Ernest Daudet,
(Re'cits des Temps Revolutionnaires).
CHANTECLAIR
Resultats des attaques auxquelles la
CARNINE LEFRANCQ
est en butte depuis sa creation
Nous avons commence
avec un capital de... 800.000 Francs
Des agrandissements
imporiants necessites
par I’augmentation
constante de nos af¬
faires, nous ont mis
dans I’obligation de le
porter a. 1.600.000 Francs
Toujours pour les me-
mes raisons, il est ac-
tuellement de.
2.000.000 Francs
SUZANNE. - Musfie de Luxembourg.
Andre Vermare, sculp, N. D., phot.
L’HEURE DU BERGER
La lune est rouge au brumeu.x horizon;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse et la grenouille crie
Par les joncs verts ou eircule un frisson ;
Les fleurs des eaux referment 1 urs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains.
Droits et serres, leurs spectres incertains;
Vers les buissons errent les lucioles;
Les chats-buants s’eveillent, et sans bruit
Rament Pair noir avec leurs ailes lourdes
Et le zenith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Venus emerge, et c’est la nuit.
Paul Verlaine.
Notre Usine de Romainville (Seine), a ete construite
spe'cialement et uniquement pour la fabrication de la
CARNINE LEFRANCQ,
et toutes les prescriptions de la science moderne y ont
ete scrapuleusement observees.
Etablie d'abord sur 5.000 metres carres, puis sur
10.000, et actuellement sur 12.000. elle a coOte
UN MILLION DE FRANCS
L’orgueil c’est etre, la vanite c’est paraitre.
COMTESSE DIANE.
AU SENEGAL
La Carnine Lefrancq a produit dans la colonie, son
merveilleux effet, et je la recommande tontes les fois
que I’occasion s’en prdsente, dans I’lntdret des malades.
Docteur Etienne Tardif,
Mddecin-Major, Dakar (Sdndgal).
CHANTECLAIR
sue MUSCULAIRE DE BCEUF
_ PUR ET CONCENTRE
Nl MELANGES, Nl ADDITIONS
dans le VIDE et
INALTERABLE ”
LA CARNINE LEFRANCa
est preparee avec du BCEUF, rien que du BCEUF.
La CARNINE
possede un abattoir.
Tons ses boeufs sont sa-
crifies sous le controle d’un
veterinaire de la
VILLE DE PARIS
TUBERCULOSE
CHLOROSE :: ANOREXIE
ANfiMIE
CONVALESCENCE
ALIMENTATION
:: LIQUIDE
NEURASTHENIE
CHANTECLAIR
Le Professeur don Rafael FORNS y ROMANS, de Madrid
Rafael Foriis y Romans est ne a Cuevas de Vinroma, province de Castellon (Espagne),
le 12 decembre 1868. . ,
C’est a rUniversite de Barcelone qu’il fit ses etudes classiques, pharmaceutiques et medi-
cales. Nomme interne an concours a la Faculte de Medecine de cette yille, il y etait recu
docteur en 1889. Bientot apres, il etait nomme professeur-adjoint de Clinique a Madrid, et le
concours de 1892 lui donnait la fonction de medecin du College National des Sourds-Muets
Des cette epoque, le docteur don Rafael Forns y Romans mena de front deux specialisa¬
tions : les etudes bacteriologiques et I’oto-rhino-laryngologie.
C’est ainsi qu’il fonde a Madrid, en 1896, I’Ecole pra¬
tique des Specialites medicales, et que, de 1895 a 1905,
nous le trouvons enseignant, par interim, Toto-rhino-
laryngologie a la Faculte de Medecine de Madrid. En
1908, il obtient, au concours, la chaire d’Hygiene et
de Bacteriologie sanitaire ala meme Faculte, fonction
qui ne I’empeche pas, cependant, de consacrer ses
soins et des lecons speciales aux methodes d’education
des sourds-muets et d’enseigner I’oto-rliino-laryngo-
logie a I’Hopital-Clinique de San-Carlos, a la Faculte
Centrale de Medecine et au College National des
Sourds-Muets et Aveugles.
11 dirige, en outre, le seul Institut orthophonique
qui existe en Espagne.
Comme savant de laboratoire, le docteur don
Rafael Foriis y Romans s’est cantonne dans les travaux
micrographiques d’anatomie normale et pathologique,
d’embryologie et de bacteriologie generale.
Mais ees diverses etudes ne suffisent pas a absorber
son admirable activite ; car, a ses specialisations d’ordre
medical, il trouve encore le temps d’ajouter deux autres specia-
lisations; cede du journalisme medical et cede de la peinture, dans lesquedes d reussit d ail-
leurs remarquablement. , i - - i
Directeur de la Revue des Specialites medicales, publiee depuis 1898, il a collabore a la
Semaine medicale et a nombre de journaux de medecine espagnols et etrangers.
En 1896, il etait President d’honneur du Congres d’Otologie de Madrid, et en IbJJ, il
presidait le Congres d’Otologie de Barcelone ; puis il etait dflegue par le Gouvernement espa-
gnol au Congres International d’Otologie de Bordeaux. Il est membre correspondant de la
plupart des Societes oto-rhino-laryngologiques etrangeres.
Parmi ses ouvrages, il faut citer un Traite d’Otologie, en 2 volumes, un Album d Histo¬
logic normale de Laryngologie humaine et une Collection de 20 Tableaux a 1 huile de 1 m. 7o
sur 0 m. 90, representant I’anatomie et I’histologie normales de I’oreille.
On voit que le savant professeur s’est ainsi applique a faire profiter la science et 1 eiisei-
gnement du talent du peintre, d’ailleurs plusieurs fois recompense aux expositions nationals
des Beaux-Arts.
PORTRATTS-CHARGE. — Le professeur don Rafael Forns y Romans, oto-laryn«ologiste ^
faisant ses demonstrations sur un de ses tableaux consacres a I’anatomie de rorcille, cependant q
clients du College des Sourds-Muets et Aveugles taquine le limafond’une oreille ultra-schematiq
le marteau, I'enclume et I’ctrier sont representes par les objets memes dont ccs diverses partie
; peintre, apparait
le dont le tympan,
Je prescris la CARNINE LEFRANCQ depuis longtemps et je n'ai eu qu a m en louer.
Docteur Valassopoulo,
Mededn-Chef de I’Hopital grec, Alexandrie (Egypte).
CHANTECLAIR
Nous sommes tellement domines par I’im-
pression du moment, qu’un service rendu
par un ennemi pent chasser la haine de
notre cceur, comme un seul tort de la part
d’un ami pent nous faire oublier le devoue-
ment de toute sa vie.
COMTESSE DIANE.
Je suis tres heureux de vous annoncer
que je viens d’obtenir un resultat merveil-
leux, absolument inespere, par I’emploi de
la Gamine Lefrancq, dans un cas de tu-
berculose au seeond degre.
Docteur L. Borianne,
La Jonolifere (Haute-Vienne).
UNE AMENDE HONORABLE
la photographie des couleurs d’un tableau d’Alphonse Leoros, Mus^
du Luxembourg, Paris
□ =
Je connais bien la Gamine Lefrancq, c’est une excellente
preparation et je la trouve tres utile pour les malades qui
ont un degout pour le lait, aprte les operations abdominales.
Docteur J. Bland-Sutton,
Professeur au College Royal des Chirurgiens de Londres,
Chirurgien du Chelsea Hospital for Women.
Londres. i
La curiosite seule m’avait fait quitter
Londres ; aucun souvenir d’affection natu-
relle ne s’eveillait en moi pour M. Thiers.
En qualite de negociant anglais, je me rap-
pelais meme qu’a une epoque, cet homme
d’Etat, alors premier ministre, avait failli
declarer la guerre a mon pays a cause des
affaires d’Egypte, et je n’avais pas oublie
que M. Thiers s’etait montre proteetion-
niste. Mais, depuis la fin de I’Empire, il
s’etait revele sous un autre jour, et il avait
conquis les suffrages de la Cite et de toute
I’Aiigleterre.
Quaiid je declarai la resolution de venir
a Paris, la partie feminine de ma maison
me soumit de graves objections : « J’allais
me mettre dans quelque bagarre, dans
quelque « riot )), etc. )) Je passai outre, et
je me felicite de n’avoir pas cede a des
peurs que I’histoire du passe rendait fort
legitimes. Nous n’avions pas, d’ailleurs,
grande confiance, a Londres, dans la sa-
gesse fraucaise.
Je suis arrive a Paris le vendredi dans la
soiree. La pluie a commence a tomber a
torrents, et je me demandais ce que, sous
f un tel deluge, allait devenir la manifesta-
* tion. Le samedi matin, I’etat du ciel n’etait
I pas meilleur, I’eau coulait a flots dans les
I rues. Apres avoir ete prendre mes lettres et
w lire mes journaux chez Galignani, je me
I mis en route; le temps s’elevant un peu,
I je me dirigeai vers la place Saint-Georges,
ou est situe I’hotel du defunt. Les boutiques
n’etaient en gen&al qua demi-ouvertes,
quelques-unes fermees ; et des groupes
» d’hommes et de femmes, decores d’immor-
I telles, marchaient dans la meme direction
* que moi. Je trouvai, en approchant de
I I’eglise Notre-Dame-de-Lorette, les rues
I interdites par des troupes a pied, a cheval,
S et par de nombreux sergents de ville. Je
% vois passer des brancards charges de cou-
I ronnes de fleurs, veritables oeuvres d’art,
% d’une grandeur etonnante.
I Je reviens sur les boulevards, a onze
f heures; les trottoirs, les fenetres, les toits,
I les sommets des larges cheminees sont cou-
^ verts de monde; partout de I’ordre, du
Ijj silence, des visages emus; pas une seule
L’action de la CARNINE LEFRANCQ peut etre utilisee pour provoquer, dans les tissus,
•' INFECTIONS et INTOXICATIONS
CHANTECLAIR
scene discordante. C’est tres digne. La pluie
A deux heures, le cortege debouche sur
le boulevard, tous les fronts se decouvrent,
et le silence devient tel dans cette im¬
mense foule, que I’on n’entend que
le bruit des pas des chevaux de
la cavalerie, la marche caden-
cee de I’infanterie et les sons
d’une musique lugubre qui
precedent le char funebre.
Enfin, il parait; a sa vue
I’emotion redouble. II est
mauifeste qu’il y a la pres
de moi bien des hommes
qui retiennent leurs lar-
mes. Le cercueil disparalt
sous un amoncellement de
bouquets, de couronnes dis¬
poses avec le gout francais.
II est splendide. A gauche, a
droite, derriere, des citoyens
deputes par les villes et les cor¬
porations s’avancent charges en¬
core d’autres couronnes suspendues
ou portees sur des drapeaux tricolores.
Puis vient I’imposant cortege; le Senat, w
les deputes, les deputations des corpora- S’
tions, de la jeuuesse des ecoles « le prin- x
temps de la France », puis la foule, la foule S
qui ne finit plus. Si un cri de : « Vive la «
Republique I )) s’eleve, un seuateur, un de- |
pute, fait un signe; aussitot I’acclamation »
tombe et les assistants murmurent : « Si-
Cependant, il y a eu un moment d’indi-
cible saisissement. Quand la foule a vu une
grande hanniere noire couverte de
longs crepes, sur laquelle on lisait
es mots: ((BelfortaM. Thiers)),
un fremissement a couru
dans ces masses profondes,
et le sourd gemissement
de tout un peuple qui se
souvient de ses malheurs
s’est echappe des levres
crispees. L’emotion m’a-
vait gagne, et j’ai trouve
tres indecente (impro¬
per) une musique mili-
taire qui, placee a la fin
du convoi, faisait enten¬
dre un air leger.
Depuis le couronue-
ment de la reine Victoria,
je n’ai rien vu d’aussi splen¬
dide que les funerailles de
M. Thiers, et rien ne m’a donne
plus d’estime pour le caractere fran¬
cais. Je suis heureux d’avoir assiste a cet
imposant spectacle, a cette manifestation a
laquelle ont pris part plus d’un million
d’hommes : « Hurrah for France! England
for ever ! ))
Smith Robertson.
(Musee Universel).
LES MAINS LIBRES
La CARNINE LEFRANCQ tient a declarer
qu’elle n’a aucune attache, qu’elle est toujours
restee en dehors des nombreuses combinaisons
medico-pharmaceutiques qui ont surgi durant
ces dernieres annees.
Mais nous nous batons d’ajouter que cette
declaration ne cache aucune critique : nous
sommes partisans de la liberte complete.
La CARNINE LEFRANCQ ne doit son succes
qu’a sa valeur therapeutique reconnue et appre-
ciee par le corps medical et son ambition est de
justifier la confiance dont M.M. les medecins
I'ont sans cesse honoree, en faisant toujours mieux
tout en restant completement independante.
O
O O
r
I
Lc Profcsscur GARRIGOP, dc Toulouse
CHANTECLAIR
CONVERSATION DE LOUIS-PHILIPPE AVEC VICTOR-HUGO
Le roi Louis-Philippe me disait
I’autre jour ;
- Je n 'ai jamais ete amoureux
qu’une fois dans ma vie. — Et de qui,
sire? — De Madame de Genlis. —
Bah ! mais elle etait votre precepteur.
Le roi se mit a rire et reprit:
— Comme vous dites. Et un rude
precepteur, je vous jure. Elle nous
avait eleves avec ferocite, ma soeur et
moi. Leves a six heures du matin,
hiver comme ete, nourris de lait, de
viandes roties et de pain; jamais une
friandise, jamais une sucrerie; force
travail, pas de plaisir. C’est elle qui
m’a habitue a coucher sur des
planches. Elle m’a fait apprendre une
foule de choses manuelles; je sais
grace a elle, un peu faire tous les
metiers, y compris le maier de
frater. Je saigne mon homme comme
Figaro. Je suis menuisier, palefrenier,
macon, forgeron. Elle etait systema-
tique et severe. Tout petit j’en avals
peur; j’etais un garcon faible, pares-
seux et poltron; j’avais peur des
souris! elle fit de moi un homme
assez hardi et qui a du coeur. En
grandissant, je m’apercus qu’elle etait
fort jolie. Je ne savais pas ce que
j’avais pres d’elle. J’etais amoureux,
mais je ne m’en doutais pas. Elle qui s’y
connaissait, comprit et devina tout de suite.
Elle me traita fort mal. C’etait le temps
ou elle couchait avec Mirabeau. Elle me
disait a chaque instant : — Mais, monsieur
de Chartres, grand dadais que vous etes,
qu’avez-vous done a vous fourrer toujours
dans mes jupons? — Elle avait trente-six
ans, j’en avals dix-sept.
Le roi, qui vit que cela m’interessait,
continua :
— On a beaucoup parle de Mme de Gen¬
lis, on I’a peu connue. On lui a attrihue des
enfants qu’elle n'avait point faits, Pamela,
Gasimir. Voici : elle aimait ce qui etait beau
et joli, elle avait le gout des gracieux visages
autour d’elle. Pamela etait une orpheline
qu’elle recueillit a cause de sa beaute; Ca-
simir etait le fils de son portier. Elle trou-
vait cet enfant eharmant; le pere hattait le
fils; — Donnez-le-moi, dit-elle un jour. —
Le portier eonsentit, et cela lui fit Gasimir.
En peu de temps, Gasimir devint maltre de
la maison. Elle etait vieille, alors. Pamela
est de sa jeunesse, de notre temps it nous.
LOUIS-PHILIPPE et Mme DE GENLIS
Mme de Genlis adorait Pamela. Quand il
fallut emigrer, M™'^ de Genlis partit pour
Londres avec ma soeur, et une somme de
cent louis. Elle emmena Pamela a Londres.
Ges dames etaient misO’ables et vivaient chi-
chement en hotel garni. G’etait I’hiver.
Vraiment, monsieur Hugo, on ne dinait pas
tous les jours. Les hons morceaux rtaient
pour Pamela. Ma pauvre soeur soupirait, et
etait le souffre-douleurs, la Gendrillon. G’est
comme je vous le dis. Ma soeur et Pamfla,
pour &onomiser les malheureux cent louis,
couchaient dans la meme chambre. 11 y
avait deux lits, mais rien qu’une couverture
de laine. Ma soeur I’eut d’abord; mais un soir
M™e de Genlis lui dit : « Vous etes rohuste
et de bonne sante; Pamela a bien froid, j’ai
mis la couverture a son lit. )) Ma soeur fut
outree, mais n’osa s’insurger; elle se contenta
de grelotter toutes les nuits. Du reste ma
soeur et moi nous aimions M^e de Genlis.
Mn'o de Genlis mourut trois mois apres
la revolution de Juillet. Elle eut juste le
temps de voir son eleve roi. Louis-Philippe
etait vraiment bien un peu son ouvrage; elle
CHANTECLAIR
avail fait cette education comme un homme w
et non comme une femme. Elle n’avait |
absolument pas voulu completer son teuvre |
par la supreme education de I’amour. Chose |
bizarre dans cette femme si peu scrupuleuse, |
qu’elle ait ebauche le coeur et qu’elle ait |
dedaigne de I’achever ! |
Quand elle vit le due d’Orleans roi, elle |
se borna a dire : — J’en suis bien aise. — |
Ses dernieres annees furent pauvres et |
presque miserables.il est vrai qu elle n avail
aucun ordre et semait I’argent surles paves. |
Le roi la venait voir souvent; il la visita f
□ - a-
jusqu’aux derniers jours de sa vie. Sa soeur,
Mme Adelaide, et lui ne cesserent de temoi-
gner a Mme de Genlis toute sorte de respect
et de deference.
Mme de Genlis se plaignait seulement un
peu de ce qu’elle appelait la ladrerie du roi.
Elle disait: — Iletait prince, j’en ai fait un
homme; il etait lourd, j’en ai fait un homme
habile; il etait ennuyeux, j’en ai fait un
homme amusant; il etait poltron, j en ai fait
un homme brave; il etait ladre, je n’ai pu en
faireun hommegenereux. Liberal,tant qu’on
voudra; genereux, non. Victor Hugo.
.□ — □
CARNINE LEFRANCQ sue ™u,cu,a,r.
BCEUF, PUR, CONCENTRE, INALTERABLE
Prepare dans le VIDE et a FROID
Precede depose a I'Academie de Medecine
De 1 a 5 cuillerees
a bouche par jour a
n'importe quel moment,
PURE
ou additionnee d’un
liquide quelconque, eau
minerale ou naturelle,
the, lait, etc.
FROID ou TIEDE
ANEMIE
CHLOROSE
NEURASTHENIE
DEBILITE
FAIBLESSE
ANOREXIE
TUBERCULOSE
FEMME DU SENEGAL
JUGEMENT DE NAPOLEON h-- SUR DE SEVIGNE ET Mme de MAINTENON
« Le style, la grace, la purcte du langage de
M,'"' de Maintenon me ravissent; je me raccommode
avec elle. Si je suis violemment heurte par ce qui est
mauvais, j’ai une sensibilite exquise pour ce qui
est bon.
« Je crois que je pr^ere les Letires de M'"" de
Maintenon a celles de M’"* de Sevigne : elles disent
plus de choses. M'"" de Sevigne, certainement, restera
toujours le vrai type, elle a tant de charmes et de
CHANTECLAIR
La CARNINE LEFRANCQ renssii
merveilleusemeni chez les enfanis
qui la prennent avec gourmandise
* ELLE NE CONSTIPE PAS ^
Je prescris I’excellente Carnine Lefrancq
avec le plus grand succes d’ailleurs, dans
ma clientele.
Docteur Fabre,
59, Faubourg Poissonnifere, Paris.
LA
Carnine Lefrancq
Preparee avec du Q ^
Sac Muscalaire de I3v J U I
CONCENTRE
N’EST JAMAIS
TOXIQUE
Depot General : ETABLISSEMENTS FDMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, PARIS
CHANTECLAIR
Le Professeur GARRIGOU, de Toulouse
Garrigou (Joseph-Louis-Felix), fils du
savant historien de I’Ariege, Adolphe Gar-
rigou, est ne a Tarascon le 17 septem-
bre 1835.
Api-es avoir fait ses etudes classiques au
Lycee de Toulouse, il commencait ses
etudes medicales a I’Ecole de Medecine
de la meme ville (1854-1856), et les
finissait a Paris (1856-1860). II fut d’abord
I’eleve de Bouillaud, dont il a publie de
nombreuses lecons dans la Ga¬
zette des Hopitaux.
Le docteur Garrigou est ae-
tuellement professeur a I’Uni-
versite de Toulouse, ou il oc-
cupe la chaire d’hydrologie,
alaFacultede Medecine. C’est
le seul cours complet de ce
genre qu’on puisse trouver
en Europe. Il comprend la geo-
logie hydrologique, la chimie
hydrologique, la physique hydro¬
logique et la therapeutique thermale.
Les recherches du professeur Garrigou
ont porte : sur I’antiquite de Thomme sur
la terre (1860-1875); sur la geologie hydro¬
logique des Pyi-enees (1860-1910); sur la
chimie des eaux minerales (1861-1897),
en qualite de medecin aux Eaux d’Ax-
sur-Ariege (1866-1869) et de medecin a
Luchon (1869-1897), etc., etc. Le savant pro¬
fesseur continue, d’ailleurs, ses recherches
dans son laboratoire prive, la Faculte de
Medecine de Toulouse n’ayant pas de
laboratoire annexe au cours d’hydrologie.
Les resultats de ces recherches ont fait
I’objet de nombreu.x memoires presentes
soit a rinstitut, soit a I’Academie de Mede¬
cine, soit a diverses Societes speciales,
et de nombreux articles publics dans les
journaux scientifiques et medicaux. Le pro¬
fesseur Garrigou a encore publie une Mono-
graphie des Eaux d'Ax (1862), un volume
sur Luchon (1891), La Sijnthese hgdrolo-
gique (1898), Le Vin concentre (1901), etc.
Avec son eleve et ami le docteur Duhour-
cau, il a cree La Revue d’Hgdrologie pgre-
neenne et, avec M. Julien Sacaze, La Revue
des Pyrenees, devenue publication
iversitaire. Le docteur Garrigou
s’est, en somme, specialise
comme geologue, chimiste et
medecin hydrologue. Son oeuvre
ne compcrte pas moins de
7 volumes et 360 memoires,
dont 180 manuscrits et inedits.
La caracteristique de son
enseignement est d’etre d’une
clarte remarquable, d’un ordre
•fait dans I’expose, d’une ties
haute portee philosophique, et de rendre
interessante une science un peu aride.
Son cours d’hydrologie est d’ailleurs com¬
plete par des excursions.
C’est au professeur Garrigou qu’est due
la creation du premier Congres interna¬
tional d’hydrologie, qui eut lieu en 1886,
et dont il fut le secretaire general, ayant
voulu en laisser la presidence a Durand-
Fardel, par deference pour le plus
eminent des medecins hydrologistes de
I’epoque.
Depuis, il a cree le Syndicat des
medecins hydrologues des Pyrenees,
dont il est aujourd’hui le president
d’honneur.
PORTRAIT-CHARGE.
in laboratoire
outeilles d’
Ou fabrique-t-on les produits qu’on r\
oppose a la, CAnNINE EEFEJANCQ. t ...
Notre usine de Romainville (Seine), a ete construite specialement et uniquement pour la fabrication de la
Carnine Lefrancq, et toutes les prescriptions de la science moderne y sont scrupuleusement observees.
fitablie d’abord sur 5.000 metres carres, puis sur 10.000, et actuellement sur 12.000, elk coute actuel-
lement un million de francs.
Extraii du Rapport du Professeur,
Vinspection de noire Usine par le Cons
mbre de I'Academie
i'Hygiene Publique du
de Medecine, charge de
Departement de la Seine :
« L’eau et la lumitre sont distribuees a profusion dans tous les compartiments de I’usine, qui ne laisse vrai-
ment rien a d^sirer, tant au point de vue de I’hygiene que de la s^curit^ du personnel.
« C’est pour ainsi dire une Usine Modile. En rSsumd, cette usine rdunissant dans son installation et dans son
fonctionnement toutes les conditions ddsirables, nous ne voyons pas qu'il y en ait de nouvelles a lui imposer. »
LE CHRIST
Reproduction par la photographie des couleurs du tableau de J. Bonnat, Petit Palais des Champs-ElysSes Paris.
PREMIER JEUDI
Armande, sautanl au coa de Delniat.
— Maman! Maman! Bonjour, ma petite
mere! Bonjour, ma petite maman!
Delmat. — Bonjour, Mandette! Bon¬
jour, ma jolie I Bonjour, mon petit enfant
clieri! (Elle la couvre de baisers). Mon petit
Frise-Poulet! Tu es en retard! II n est rien
arrive? Pas d’accident?
Armande. — Bien, mere, rien du tout.
Mmo Delmat. — Tu n’as pas eu peur toute
seule en wagon?
Armande. — J’etais dans le eompartiment
des dames.
Mra“ Delmat, examinant Armande. — Tu
as bonne mine. Comment! tu as mis ta robe
bleue et ton chapeau neuf, par ce vilain
temps?
Armande. — II ne fallait pas? J’aurais du
mettre mon costume gris et ma vieille toque
noire, peut-etre?
M'"'-' Delmat. — Evidemment, ma cherie.
Armande. — Je men doutais! Mais je ne
sais pas, moi, tu comprends, mere; je ne
sais pas, je n’ai pas encore rhabitude...
(Elle hii montre ses. chaussiires). C’est
comme pour mes bottines... J ai mis mes
grosses, a double semellc, est-ce bien?
La CARNINE LEFRANCQ exerce sar la composition du sang une influence mo i-
ficatrice intense; invariablement. elle augmente sa teneur en hemoglobine et en hemahes.
Peut-etre, convient-il de rappeler, d ce propos, que les muscles renferment eux a
Vhemoglobine. mais une hemoglobine speciale, distincie de celle du sang.
CHANTECLAIR
Delmat. — Tres bien!... (Elle sou-
live legerement le bord de la robe d'Ar-
mande). Quel jupoii as-tu? Un jupon ouate?
Oui! A la bonne heurel (Elle embrasse sa
fille). Tu es un sage petit Frise-Poulet cheri
a sa maman!
Elle appelle Toinette.
Toinette, entrant. — Madame!
Mine Delmat, lui donnant le chapeau et
le manteau d’Armande. — Tenez, emportez
ca sur mon lit, dans ina chambre, et servez-
nous aussitot que ce sera pret.
Toinette. — Oui, madame.
Elle sort.
Mme Delmat, s'assegant d table. — Tu
dois mourir de faim, mon tresor?
Armande. — Nonl Je suis trop contente!
Ca me coupe I’appetit! (Elle s'assied en
face de sa mere et regarde autour de la
piece). Oh! Comme c’est petit ici, maman!
En comparaison de...
Elle s’arrete et rougit.
Mme Delmat, ton gene. — Pour le prix
que je pouvais y mettre, je n’ai rien trouve
de mieux. Mais il y a une jolie vue... Et
puis, au printemps, le jardin est, parait-il,
rempli de violettes. Je te montrerai le jar-
din apres dejeuner.
Armande, d’une ooix basse, et songeuse.
— Au printemps, c’est encore bien loin le
printemps.
Elle jette un triste regard sur le del livide qui
s’deve au-dessus des champs blafards et
desoles.
Mme Delmat. — Mais non, c’est dans trois
Armande. ~ Trois mois. (Reflechissant).
Douze jeudis!... Je n’aurai que douze jeudis
pour te voir avant le printemps, alors?
Elle souplre profondement et detourne la tele.
Elle ressemble a sa mere, tres grande, tres
developpee pour son age, elle a, comme
M"" Delmat, de lourds cheveux nolrs, un telnt
pale et des yeux penslfs sous des paupleres
Mme Delmat. — Ah ! Voila le dejeuner.
(Elle prend le plat que Toinette vient de
poser sur la table et elle sert sa fille). Ce
sont des oeufs brouilles aux cepes. J’ai fait
mettre une toute petite pointe d’ail. Oh!
presque rien, pour toi. Tiens !
Armande. — Merci ! (Elies mangent en
silence pendant une minute).
Armande. — Ils sont tres bons, ces mufs;
Maria ne les fait pas aussi bien.
Mme Delmat. — Maria est done toujours
a la maison?
Armande. — Oui, mere.
Mme Delmat. — Je eroyais que ton pere
devait la renvoyer.
Armande. — II a change d’avis, ou plu-
tot... (Elle hesite). C’est moi qui ai de-
mande a pere de la garder.
Mme Delmat. — Pourquoi ?
Armande. — Parce que... Oh! mere!
parce qu’elle t’aime bien; et que, avec elle,
je peux parler de toi, tout le temps... C’est...
c’est la seule personne, a present, avec qui
je puisse parler de toi!
Mme Delmat, pale. — Ton pere ne pro¬
nonce done jamais mon nom?
Armande. — Jamais I
Elle balsse les yeux. Long silence. Toinette
apporte un autre plat, puls elle sort.
Mme Delmat. — Veux-tu un peu de
rosbeaf ?
Armande. — Non, merci.
Mme Delmat, doucement. — Un peu! ma
chd’ie, je t’en prie! manges-en un peu. Je
I’ai fait faire pour toi, tu I’adores!
Armande. — Alors, tres, tres peu s’il te
plait!
Mme Delmat lul decoupe une tranche au milieu
du rosbeaf, recouvre la tranche de jus sal-
gnani et hn domic son assiette. Pour elle,
les deux essalent de manger.
Mme Delmat. — II est tendre, n’est-ce
pas?
Armande. — Tres tendre! On a de la
bonne viande dans ce pays-ci.
Mme Delmat. — Et meilleur marehe qu’a
Paris.
Armande — Vraiment?
Mme Delmat. — Oui!
Silence.
Mme Delmat, timidement, sans regarder
Armande. — Ainsi, Maria te parle de moi?
Qu’est-ce qu’elle te dit?
Armande. — Elle me dit la seule chose
qui puisse me consoler; elle me dit que tu
reviendras a la maison.
Mme Delmat, le visage ponrpre. — Elle
Armande. — Oui 1 C’est triste, a la maison,
va! II semblequ’ilyait quelqu’un demortl...
Je ne peux pas entrer dans ta chambre
sans pleurer... et, a table, dans cette grande
salle a manger, quand je vois ton petit
tabouret en soie verte et blanche, sous ta
Lc Profcsscur D’ARSONVAL
CHANTECLAIR
place, la place ou pere veut que je me mette
a present, je laisse tomber ma serviette par
terre, expres, pour me pencher sur ton
petit tabouret et I’embrasser. (La voix
pleine de larmes.) C’est vrai, ca me fait
plaisir de I’embrasser, ton petit tabouret!
M"" Delniat, les traits convulses, veut repon-
dre, rnais Toinette entre, portant des le¬
gumes et le saladier. Cependant qu’elle fait
le service, Ics deux lemmes se laisent. Aus-
M'"" Delmat eclate en sanglots.
Armande, elle se leve precipitamment et
se jette aux genoux de sa mere. — Pardon !
pardon, maman! Ne pleure pas! Je t’en
supplie! Je n’ai pas voulu te faire de la
peine!... Maman! maman! Reponds-moi!
(Elle essaie de liii ecarter les mains de la
figure.) Reponds-moi! dis-moi que tu ne
crois pas que je veuille te faire de la peine !...
mere cherie! petite mere! mere aimee!
Delmat. — Non !... Non, mon petit...
Non, ce n’est pas pour cela... C’est... C’est
autre chose! C’est... tu ne peux pas com-
prendre... Vois-tu! Plus tard; plus tard,
quand tu seras femme... tu me compren-
dras... Tii me pardonneras... tu verras!...
tu me pardonneras. La vie... la vie avec ses
mensonges, ses hypocrisies, ses lachetes, te
fera horreur!... Et, alors, tu te souviendras
et... et tu pen seras : Pauvre maman! Elle
n’a pas su, elle n’a pas pu tromper, trahir,
elle! Elle a prefere tout quitter... Tout
briser!... Elle... Elle a... (Elle sanglote si
desesperement quelle ne pent pas continuer.)
Armande. — Oui... oui! Je sais va! je
comprends, je comprends... deja!... oui, je
comprends !... Mais... mais... un jour...
dans bien longtemps... lorsque tu... Lors-
qu II... Enfin, si tu es malheureuse et si
pere te demande de revenir a la maison, tu
reviendras, dis ? Tu reviendras pour ta petite
Mandette! pour ton petit Frise-Poulet ch&i?
M™e Delmat, etreignant sa fille dans ses
bras. — Ma petite fille!
Armande. — Oui, ta petite fille, a toi!
qui s’ennuie tant de sa maman! Songe,
mere! Une fois par semaine! Te voir une
fois par semaine, le jeudi, seulement! Je
t’assure, cherie, que ce n’est pas assez!
Quand pere m’a dit : (( Tu iras chez ta
mere tous les jeudis », j’ai repondu :
« Pere, ce n’est pas assez ! »
Toinette, entrant brusquement. — Voila
la tarte pour mademoiselle.
Armande se releve tres vite et se rassied a sa
place. M"' Delmat aussi, tache de se faire une
M™^ Delmat, a Toinette. — Malheureu-
sement, mademoiselle n’a plus faim.
Armande. — C’est toi qui as fait cette
tarte, maman?
Mine Delmat. — Oui, j’espO’ais que tu
en mangerais volontiers... et...
Armande. — Donne-m’en un petit mor-
ceau. (Elle tend sou assiette.) J’emporterai le
reste, si tu veux, ce soir, quandje m’en irai...
Mmo Delmat. — Mais, ce soir, tu dines
avec moi, mon mignon, n’est-ce pas?
Armande. — Non! (Elle attend que Toi¬
nette soit sortie.) Pere a dit que, pour ce
premier jeudi, je dejeunerais seulement. II
viendra me chercher a la gare de I’Est, a
six heures.
Mrai^ Delmat, courbant la tete. — Ah!...
J. Marni.
00
CHANTECLAIR
PERFIDE ALBION
Au xve siede, Alain Chartier ^crivit « la
Ballade de Fougiferes que les Anglois, anciens
ennemis de France, prindrent (1448) pendant
et durant les treves comme parjures ». Aprfes
avoir d6bute par ces vers :
Angloys, Angloys, chastiez-vous
De I’ung promettre et I'autre faire !
le poete poursuit en stigmatisant la mauvaise
foi des Anglais :
Mais ceux qui coutuniiers vous voient
D'essaier a chacun trahir
Sont provoquSs a vous hair,
En priant Dieu qu’il vous punisse.
Toujours vous voulez fourvoier
Faisant ce qu’oncques preux ne fist.
Jamais homme saige ne simpie
S’il ne veut estre d’une guimple
Affubld par vostre barat.
De Carthage ayez en mdmoire
Et de Troye la punicion.
Done, on suspectait dej4, 11 y a prfes de
500 ans, la bonne foi de nos voisins.
(Intermediaire des Chercheurs et Curieux)
MOUCHARABIEH
Le Caire.
I CARMINE LEFRANCQ, doni
uand on considere les moyens d’w
ns, ses dix annees d'experience; qaand on salt ga’eue a un aoattoir. une usine qui u .
s laguelle toutes les prescriptions de la science moderne sont scrapaleasement obi
PEUT-ON RAISONNABLEMENT LUI PREFERER UN PRODUIT SIMILAIRE
O
o
« GOD SAVE THE KING »
Sait-on que ce chant national de nos
amis d’Outre-Manche fut tout simplemen't
emprunte i la France.
En effet, chaque fois que Louis XIV en-
trait dans la Chapelle de Saint-Cyr, tout le
choeur des nobles pensionnaires chantait ce
motet, dont les paroles etaient de la Supe-
rieure, et la musique, de Lulli :
Grand Dieu, sauvez le Roi;
Grand Dieu, vengez le Roi;
Vive le Roi!
Que, toujours glorieux,
Louis victorieux,
Voie a ses pieds ses ennemis
Toujours soumis !
. Hffindel, visitant Saint-Cyr, entendit cet
air et fut enthousiasme par I’effet majes-
tueux et puissant de sa tres simple orches¬
tration. II demanda la permission de le
copier et I’offrit a Georges pr de Hanovre,
qui lui servit une genereuse pension.
CHANTECLAIR
LA CONVERSATION
Le ton de la bonne conversation est coulant
et naturel; il n’est ni pesant, ni frivole; il est
savant sans pedanterie, gai sans tumnlte, poll
sans affectation, galant sans fadeur, badin sans
equivoque. Ce ne sont ni des dissertations, ni
des epigrammes; on y raisonne sans argumenter;
on y plaisante sans jeux de mots; on y associe
avec art I’esprit et la raison, les maximes et
les saillies, I’ingeniense raillerie et la morale
austere. On y parle de tout, pour que chacun
ait quelque chose a dire; on n’approfondit
pas les questions, de peur d’ennuyer; on les
propose comme en passant, on les traite avec
rapidite; la precision mene a I’elegance; chacun
dit son avis et I’appuie en peu de mots; nul
n’attaque avec chaleur cclui d’autrui, nul ne
defend opiniatrement le sien. On dispute pour
s’eclairer; on s’arrete avec la dispute, chacun
s’instruit, chacun s’amuse, tons s’en vont contents;
et le sage meme pent rapporter de ces instructions
des sujets dignes d’etre medites en silence.
J.-J. Rousseau.
J’ordonne journellement la Carnine Lefrancq et j’obtiens
parfois de beaux resultats, tel par example un nourrisson
de 4 mois, qui ne supportait plus rien et qui a pris quatre
livres depuis deux mois, ou plutot est ressuscite.
Docteur Archambault, Langeais (Indre-et-Loire).
J’ai toujours d’excellents resultats de I’emploi de
la Carnine Lefrancq, que je prescris tres frdquemment
4 la suite de i’ablation des vegetations addnoides et
des amygdales. Les enfants la prennent avec plaisir
et s’en trouvent fort bien.
Docteur Le Couteur,
Brest (Finisttre).
J’ai obtenu, avec la Carnine Lefrancq, des services
importants, surtout dans le traitement de la gastro-entdrite
des nourrissons.
Docteur Gaudin, Roche-la-Molitre (Loire).
CARNINE LEFRANCQ: Depot General: ETABLI88EMENT8 FUMODZE, 78,Faubourg8aint-Denls, PARIS
CHANTECLAIR
Le Professeur D’ARSONVAL
Arsene d’Arsonval est ne le 8 juin 1851 4 La
Borie (Haute-Vienne). Ses etudes classiques, com-
mencees au college de Limoges, out ete termi-
nees au college Sainte-Barbe, 4 Paris.
En 1872, 11 commeufait 4 Limoges ses etudes
de mddecine, qu’il venait finir 4 Paris, ou 11 pas-
sait sa these, en 1877. Ce travail, oil le jeune
docteur exposait des Recherches theoriqaes et
expMmentales sur le rdle de I'ilasticiti pul-
monaire, tut couronne par la Faculte.
Chef du Laboratoire de Physique bio-
logique 4 I’ficole pratique des Hautes
Etudes (creation de Paul Bert), en
1882; puis, en 1887, professeur
suppleant 4 la Chaire de medecine
du College de France, le docteur
d’Arsonval devenait, en 1894, 4 la
mort de Brown-Sequart, titulaire
de cette Chaire. La meme annde, il
heritait egalement du si4ge de I’il-
lustre physiologiste 4 I’Academie des
Sciences. Entre temps, en 1883, il avait dte
membre de I’Academie de Medecine en rempla-
cement de Giraud-Teulon.
L’oeuvre du professeur d’Arsonval, tres consi¬
derable, se trouve un peu eparse, sous forme de
memoires, dans les comptes rendus de I’Academie
des Sciences, de la Societe de Biologie, de la
Societe de Physique et dans divers organes spe-
ciaux. Cette oeuvre est caractdrisee par I’applica-
tion des methodes de physique aux etudes biolo-
giques et physiologiques.
Pour resoudre les probRmes dont il cherchait
la solution, M. d’Arsonval a du inventer de trds
nombreux instruments et appareils, qui se font
tons remarquer par une ingeniosite tr4s elegante,
et une rare perfection au point de vue theorique.
Malheureusement, leur manipulation un peu deli¬
cate ne leur a pas toujours permis de se repandre
dans le domaine de la pratique.
Rappelons que, sous la denomination de Ca-
racteristique d’excitation de d’Arsonval.
designe la courbe graphique engen-
dree par les contractions muscu-
laires que determinent les diverses
varietes de courants electriques
appliquds au niveau des muscles
des nerfs. La machine dynamo
de d’Arsonval est une modification
de la machine magneto en usage
actuellement pour la production des
courants sinusoidaux.
Le savant biologiste est surtout connu,
dans le public medical, par I’application des courants
de haute frequence au traitement de quelques
maladies. Cette application, connue sous le nom
de Darsonvalisation, se fait surtout en vue d’ob-
tenir la diminution de la pression sanguine chez
les hypertendus. C’est 14, en effet, un rdsultat
tout 4 fait surprenant de Faction des courants en
question sur I’organisme humain.
Le professeur d’Arsonval a obtenu, en 1882, le
prix Monthyon pour la physique experimentale.
11 est Commandeur de la Ldgion d’Honneur.
PORTRAIT-CHARGE. — Les foudres que manie le Jupiter moderne (de I’Acaddmie des Sciences) sont des
foudres bienfaisantes ; et I’eiectricitd qu’il dispense aux malheureux patients, dont les muscles se contractent sous le
passage du courant, est une dlectricitd thSrapeutique. Le serpent d’Esculape en garantit la nature.
CHANTECLAIR
On conteste souvent — et avec raison —
la reconnaissance du malade envers son medecin,
mais elle ne manque jamais de se produire
lorsque celui-ci lui ordonne ia
CARNINE LEFRANCQ
parce que ses effets sont immediats et durables,
Lesresultatsque j'obtiens avec la Carnine Lefrancg
sont incomparables ; je la prescris souvent comme
dont les malades sont toujours
reconnaissants aux mMecins,
Dr J.-J. JosS Domingo, Barcelone (Espagne).
Jugement de Napoleon h'' sur Diderot
« Diderot est le coryphee des philosophes et de
I’encyclopedie. Sa pi^ce, le Pere de Famllle, mi-
rite les plus grandes critiques. Tout y est faux et
□ ridicule. A quoi bon parler a un insense dans le
fort de ia fifevre ebaude? Ce sont des remedes
qu’il lui faut, de grandes mesures, et non des
arguments. Qui ne sait que la seule victoire contre
Tamour, e’est la fuite?
« Mentor, quand 11 veut garantir Telemaque, le
precipite dans la mer. Ulysse, quand il veut se
preserver des sirenes, se fait tier, apres avoir
bouche avec de la cire les oreilles de ses com-
'' pagnons. >
SALVETTE ET BERNADOU
CINQUIEME ANNEE
N" 72
d£CEMBRE 1910 ( 2)
C’est la veille de Nofl, dans une grosse
ville de Baviere. Par les rues blanches de
neige, dans la confusion du brouillard, le
bruit des voitiires et des cloches, la foule
se presse, joyeuse, aux rotisseries en plein
vent, aux baraques, aux etalages. Frolant
avec un bruissement leger les boutiques
enrubannees et fleuries, des branches de
houx vert, des sapins entiers charges de
pendeloques passent portes a bras, domi¬
nant toutes les tetes, comme une ombre
des forets de Thuringe, un souvenir de na¬
ture dans la vie factice de I’hiver. Le jour
tombe. La-bas, derriere les jardins de la
Residence, on voit encore une lueur de so-
leil couchant, toute rouge a travers la brume,
et il y a par la ville une telle gaiete, tant de
preparatifs de fete que chaque lumiere qui
s’allume aux vitres semble pendre a un
arbre de Noel. C’est qn’aujourd’hui n’est
pas un Noel ordinaire I Nous sommes en
fan de grace mil huit cent soixante-dix, et
la naissance du Christ n’est qu’un pretexte
de plus pour boire a I’illustre Von der Than
et celebrer le triomphe des guerriers bava-
rois. Noel! Noel! les juifs de la ville basse
eux-memes sont en liesse. Voila le vieil
Argustus Cahn qui tourne en courant le
coin d la Grappe bleue. Jamais ses yeux
de furet n’ont relui comme ce soir. Jamais
sa petite quouette en broussaille n’a fretille
si allegrement. Dans sa manche usee aux
cordes des besaces est passe un honnete
petit panier, plein jusqu’aux bords, convert
d’une serviette bise, avec le goulot d une
bouteille et une branche de boux qui de-
passent.
Que diable le vieil usurier compte-t-il
faire de tout cela? Est-ce qu il'feterait Noel,
lui aussi? Aurait-il reuni ses amis, sa fa-
mille, pour boire a la patrie allemande ?...
Mais non. Tout le monde sait bien que le
vieux Cahn n’a pas de patrie. Son Vater-
land a lui, c’est son coffre-fort. II n a pas
de famille non plus, pas d’amis; rien que
Aseptique et non Toxique, la Carnine Lefrancg n'altere pas les dements anatomiques, ai
contact desquels elle est placee; en mobilisant les lymphocytes et les macrophages,
elle active les defenses cellulaires de I'organisme e
CMANTECLAIR
des creanciers. Ses fils, ses associes plutot,
sont partis depuis trois mois avec I’annee.
Ils trafiquent la-bas derriere les fourgons
de la landwehr, vendant de I’eau-de-vie,
achetant des peudules, et, les soirs de ba-
taille, s’en allant retourner les poches des
morts, eventrer les sacs tombes aux fosses
des routes. Trop vieux pour suivre ses
enfants, le pere Cahn est reste en Baviere,
et il y fait des affaires magnifiques avec les
prisonniers francais. Toujours a roder au-
tour des baraquements, c’est lui qui rachete
les montres, les aiguillettes, les medailles,
les bons sur la poste. On le voit se glisser
dans les hopitaux, dans les ambulances. II
s’approche du lit des blesses, et leur de-
mande tout bas en son hideux baragouin :
« Afez-vus giidgue josse a feiitre ? »
Et tenez ! en ce moment meme, si vous
le voyez trotter si vite avec son panier sous
le bras, c’est que I’hopital militaire ferme a
cinq heures, et qu’il y a deux Francais qui
I’attendent la-haut, dans cette grande mai-
son noire aux feuetres grillees et rtroites,
oil Noel n’a, pour eclairer sa veillee, que
les pales lumieres qui gardent le chevet des
mourants...
II
Ces deux Francais s’appellent Salvette et
Bernadou. Ce sont deux chasseurs a pied,
deux Provencaux du meme village, enroles
au meme bataillon et blesses par le meme
obus. Seulement Salvette avait la vie plus
dure, et deja il commence a se lever, a faire
quelques pas de son lit a la fenetre.
Bernadou, lui, ne veut pas guerir. Dans
les rideaux blafards de son lit d’hospice, sa
figure parait plus maigre, plus languissante
de jour en jour; et quand il parle du pays,
du retour, c’est avec ce sourire triste des
malades, ou il y a bien plus de resignation
que d’esperance. Aujourd’hui, cependant,
il s’est anime un peu, en pensant a cette
belle fete de Noel qui, dans nos campagnes
de Pi'ovence, ressemble a un grand feu de
joie allume au milieu de I’hiver, en se rap-
pelant les sorties des messes de minuit,
I’eglise paree et lumineuse, les rues du
village toutes noires, pleines de monde,
puis la longue veillee autour de la table,
les trois flambeaux traditionnels, I’a'ioli, les
escargots et la jolie ceremonie du cacho fio,
(buche de Noel) que le grand-pere promene
autour de la maison et arrose avec du vin
« Ah! mon pauvre Salvette, quel triste
Noel nous allons faire cette anneel... Si
seulement on avait eu de quoi se payer un
petit pain blanc et une Hole de vin clairet!...
m’aurait fait plaisir avant de passer
I’arme a gauche, d’arroser encore une fois
le cacho fio avec toi... »
Et en parlant de pain blanc et de vin
clairet, le malade a ses yeux qui brillciit.
Mais comment faire? Ils n’ont plus rien,
les malheureux, ni argent, ni montre.
Salvette garde bien encore dans la doublure
de sa veste un bon de poste de quarante
francs. Seulement c’est pour le jour ou ils
seront fibres, et la premiere halte qu’on
fera dans une auberge de France. Get ar¬
gent-la est sacre. Pas moyen d’y toucher...
Pourtant ce pauvre Bernadou est si malade 1
Qui salt s’il pourra jamais se reraettre en
i-oute pour retourner la-bas? Et puisque
voila un beau Noel qu’on pent encore feter
ensemble, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux
en profiler?
Alors, sans rien dire a son pays, Salvette
a decousu sa tunique pour prendre le hon
de poste, et quand le vieux Cahn est venu
comme tons les matins faire sa tournfe dans
les salles, apres de longs debats, des dis¬
cussions a voix basse, il lui a glisse dans la
main ce carre de papier, raide et jauni,
sentant la poudre et tache de sang. Depuis
ce moment, Salvette a pris un air de mys-
tere. Il se frotte les mains et rit tout seul
en regar-dant Bei'nadou. Et maintenant que
le jour tombe, il est la a guetter, le front
colle aux vitres, jusqu’a ce qu’il ait vu,
dans le brouillard de la place deserte, le
vieil Argustus Cahn tout essouffle, qui
arrive, un petit panier au bras.
Ill
Ce minuit solennel, qui sonne a tons les
clochers de la ville, tombe lugubremeut
dans la nuit blanche des malades. La salle
d’hospice est silencieuse, eclairee seulement
par les veilleuses suspendues au plafond.
De grandes ombres errantes flottent sur
les fits, les murs nus, avec un balancement
perprtuel qui semble la I'espiration oppres-
see de tons les gens rtendus la. Par mo¬
ment, il y a des reves qui parlent haut, des
cauchemars qui gemissent, pendant que de
la rue montent un murmure vague, des
pas, des voix, confondus dans la nuit so-
nore et froide comme sous un porche de
cathedrale. On sent la hate recueillie, le
mystere d’une fete religieuse traversant
I’heure du sommeil et mettant dans la ville
eteinte la lueur sourde des lanternes et
I’embrasement des vitraux d’egllse.
Lc Profcsseur Martinez, VARGAZ
de rUniversite de Barcelone
CHANTECLAIR
— « Est-ce que tu dors, Bernadou?... ))
Tout doucement, sur la petite table, pres
du lit de son ami, Salvette a pose une bou-
teille de vin de Lunel, un pain rond, un
joli pain de Noel ou la branche de houx est
plantee toute droite. Le blesse ouvre ses
yeux cernes de fievre. A la lumiere indecise
des veilleuses et sous le reflet blanc des
grands toits ou la lune s’eblouit dans la
neige, ce Noel improvise lui semble fantas-
tique. — « Aliens, reveille-toi, pays... II ne
sera pas dit que deux Provencaux auront
laisse passer le reveillon, sans I’arroser d’nn
coup de clairette... » Et Salvette le redresse
avec des soins de mere. II emplit les gobe-
lets, coupe le pain; et Ton trinque, et Ton
parle de la Provence. Peu a peu Bernadou
s’anime, s’attendrit. Le vin blanc, les sou¬
venirs... Avec cette enfance que les malades
retrouvent au fond de leur faiblesse, il de-
mande a Salvette de lui chanter un Noel
provencal. Le camarade ne demande pas
mieux : « Voyons, lequel veux-tu ? Celui
de I'Hote ? ou les Trois Rois ? ou Saint
Joseph in’a dit ?
— « Non j’aime mieux les Bergers. C'est
celui que nous chantions toujours a la mai-
— Va pour les Bergers ! A demi-voix, la
tete dans les rideaux, Salvette commence a
fredonner. Tout a coup, au dernier couplet,
quand les patres, venant voir Jesus dans
son etable, ont depose sur la creche leur
ofFrande d’oeufs frais et de fromageons et
que, les congediant d’un air affable,
Joseph leur dit : Allons ! soyez bien sages,
Tournez-vous-en et faites bon voyage.
voila le pauvre Bernadou qui glisse et re-
tombe lourdement sur I’oreiller. Son caraa-
rade, pensant qu’il s’endort, I’appelle, le
secoue. Mais le blesse reste immobile, et la
petite branche de houx, en travel’s sur le
drap rigide, semble deja la palme verte que
Ton met au chevet des morts.
Salvette a compris. Alors, tout pleurant,
un peu ivre de la fete et d’une si grande
douleur, il reprend a pleine voix, dans le
silence du dortoir, le joj'eux refrain de
Provence :
Bergers,
Prenez votre conge.
Alphonse Daudet.
Malgre les agrandissements successifs
de notre Usine de ROMAINVILLE,
celle-ci n’arrive que peniblement a
repondre aux ordres qui nous par-
viennent, et c’est pour cela que nous
venons d’installer une fabrication
a BARCELONE
Calle de Bailen, 127
pour satisfaire aux demandes chaque
jour plus considerables de I’Espagne.
CARNINE LEFRANCQ : capital de 2.000.000 de francs. — Usine sur 12.000 metres cartes
5e vend couramment dans les cinq parties du monde.
CHANTECLAIR
PE©TESTAT1]@N
Dans le compte-rendu de la derniere reunion du Syndicat Mddical de I’flrrondisse-
ment d’Orldans, le Rapporteur a dit :
, Parmi les specialites pharmaceutiques, ou meme
„ cosmetiques, le Sue de Viande qui fait concurrence
, a la Carnine Lefrancq, cette derniere patronnee
„ aussi par une Societe de mime nature que la
, Societe exploitant ce Sue. .
dicat Mddical de I’flrron-
dissement d’Orl6ans nous
a adress6 la lettre sui¬
te g^rant de la Carnine Lefrancq, M. le Docteur Fumouze ayant, par lettre,
energiquement proteste et donnd le dementi le plus formel a cette assertion,
. le President du Syn-
« J’ai communique voire lettre au Rapporteur.
« Celui-ci m’a dit tenir ces renseignements du
Syndicat des Pharmaciens d’Orleans.
« Je me suis adresse a celui d’entre eux qui les
avail fournis, it n’avait lui-meme ces indications
que de seconde main et a ecrit au collegue qui les
lui avail procures.
« II resulte de cette enquMe, que e’est par deduc¬
tion et sans preuves que Von a affirme au Rappor¬
teur votre entente avec une Societe Medicale.
« Votre reclamation est done justifiee et j’en ferai
part a mes collegues lors de notre prochaine
Reunion.
« Une rectification sera fade au proces-verbal
de la Seance. »
Notre succes considerable, et sans un seul precedent dans le commerce de la
Pharmacie, paralt anormal a beaucoup de gens qui tentent de I’expliquer en alteguant
que nous sommes affilies a certaines sociStes rnddicales.
C’est vouloir nous retirer le merite de tous nos efforts et ignorer la valeur th6rapeu-
tique vraiment remarquable de la Carnine Lefrancq.
C’est oublier que, sur notre capital de deux millions, nous avons consacre un million
& notre Usine de Romainville; que, depuis plus de 10 ans, nous n’avons recute devant
aucun sacrifice pour amdiiorer sans cesse notre fabrication qui a attaint aujourd’hui a
la perfection.
Mais MM. les MSdecins savent tout cela ; ils savent que la Carnine Lefrancq est une
preparation foncierement honngte et nous savons, nous, que beaucoup d’entre eux la
prescrivent quoique faisant partie d’un groupement quelconque.
On nous reproche notre prix dlevd mais nous sommes certains que la Carnine,
sue concentre, est beaucoup moins chere que la plupart des produits qu’on lui r'
oppose, et puis. oil, comment et avec qiioi fabrique-t-on ces produits *
INNOCUITE
GOUT
TRES AGREABLE
DIX FOIS PLUS
ACTIVE QUE
Je suis heureux de vous signaler le □
beau succes que je viens d’avoir, en
obtenant par la Carnine Lefrancq, la
Resurrection dans toute Tacception du
mot, d’un pauvre bebS de 26 mois, ter-
rasse par une crise suraigue de diarrhee
choleriforme. L’enfant a tres bien accepte
votre delicieuse preparation, ce qui nous
a fait le plus vit plaisir, car il refusait
systematiquement toute chose.
Docteur Georges Coupry,
Bernay (Eure).
Un bebe de ma famille, ige de 5 mois,
deperissait a vue d’oeil et ne pouvait suppor¬
ter le lait pur; j’ai eu Tidde d’essayer de me-
ler a son lait coupe la valeur d’une cuilleree
a cafe de Carnine Lefrancq par 24 heures.
Depuis lors, il augmente regulierement de
12 a 13 gr. par jour. J’avais fait cet essai
comme derniere ressource. Devant les bons
effets produits par cette excellente prepara¬
tion, je vous prierais de m’en envoyer un
Docteur Decourtieux,
Punchy (Somme).
D6p6t G6n6ral : ETABLISSEMENTS FUMOUZE, 78, Faubourg Saint-Denis, Paris
CHANTECLAIR
Le Professeur Martinez VARGAZ
de rUniversite de Barcelone
Don Andres Martinez Vargaz est ne a Barbasto, province de Huesca, en 1861.
Apres de brillantes etudes medicales fades a I’Universite de Saragosse, etudes qu’il
couronnait par la soutenance d’une these tres remarquee, le docteur Martinez Vargaz aait
nomme medecin des Hopitaux a Madrid, en 1884, puis en 1888 professeur a I’Universite de
Grenade, on il obtenait la chaire des Maladies de I’enfance. En 1892, il passait a I’Universite
de Barcelone.
Le professeur Martinez Vargaz s’est entierement consacre a la medecine des enfants.
En 1892, il combattait la theorie de Landouzy et sontenait que
les pleuresies purulentes ne sont pas tuberculeuses et qne leur
guerison, par le traitement chirurgical, est d’autant mieux
assure qu’elles sont plus franchement purulentes. En
1895, il montrait la neeessite de supprimer, apres la
resection des cotes, les irrigations pleurales comme etant
capables de compromettre la guerison. Plus tard, il
attirait I’attention sur I’bj’pothermie dans la grippe,
comme signe diagnostique.
A son autorite de clinicien et a son habilete
d’operateur tres expert en chirurgie infantile, le
docteur Martinez Vargaz joint la renommee d’etre
un ecrivain specialiste tres recherche. Il a redige le
chapitre (( Myosites aigues » dans le Traite des
maladies de Venfance, de Grancher et Comby; il a
ecrit deux articles anglais et un article espagnol dans
I’ouvrage : Festschrift in Honor of A, Jacobi (New-
York, 1900), et aussi un chapitre du livre : In Honor of
Nicholas Senn (Chicago, 1907). Citons encore plusieurs
articles parus dans Monatschrift fur Kinderheilkunde, dans
les Annales de medecine et de chirurgie infanliles, etc. Le
professeur Martinez Vargaz park, en effet, presque toutes les
langues vivantes. Son role dans les Congres a ete tres actif, et il fut president d’bonneur de
presque tons les Congres internationaux de pediatric, de gouttes de lait, d’hygiene scolaire, etc.
Directeur de la Medicina de los Nihos, I’unique journal consacre en Espagne aux
maladies de I’enfance, il est en outre collaborateur de revues scientifiques anglaises, alle-
mandes et francaises.
On doit a son initiative la fondation de deux dispensaires pour les maladies de I’enfance,
I’un a Grenade, en 1888, et I’autre a Barcelone, en 1892; on lui doit encore I’organisation de
I’enseignement de I’hygiene dans les lycees de garcons et de lilies et dans les principales
ecoles (1900).
Le professeur Martinez Vargaz est membre de I’Academie royale de medecine depuis
1893, membre d’honneur de la Soeiete de pediatrie de Moscou et membre correspondant de
la Soeiete de pediatrie de Paris.
PORTRAIT-CHARGE. — Grand pontife dc la medecine infantUe, entoure de ses oeuvres et la plume a la
de Grenade et de Barcelone.
0 - -^ =o.=i _ . — O
JE M’EN MOQUE COMME DE L’AN QUARANTE
Au xie sifecle, une opinion universellement repan-
due etait que la fin du monde devait arriver en I’an
1040. La peur avait gagne tons les esprits, on faisait
penitence, se detachant des biens de la terre pour
obtenir la remission des peches. Mais I’epoque
redoutable arriva sans amener aucune perturbation,
aussi une evolution se fit aussitot. Ne craignant plus
la disparition de la soeiete, la date tatidique etant
passee, on prit I’habitude de se servir de I’expres-
sion «]e m’en moque comme de fan quarante I »
chaque fois qu’on ^prouvait de I’indifldrence pour
une menace quelconque qui devait rester sans effet.